30 janvier 2014

Théâtre: Trois questions à... Jeremy Peter Allen

Trois questions à... est une série qui permet de découvrir, en trois questions, des spectacles d'artistes et d'artisans du théâtre et de la danse qui aiment leur métier et le pratique au quotidien.

Par Robert Boisclair

Jeremy Peter Allen s'est surtout fait connaître dans la réalisation cinématographique (Manners of Dying au cinéma en 2005 ou la première saison de la série télé Chabotte et fille en 2009, entre autres).  Il est le traducteur et le metteur en scène de Frozen (Océan arctique) que présentera la Bordée du 4 au 29 mars.  Les Enfants du paradis lui posent trois questions au sujet de ce spectacle.

1) Les Enfants du paradis: Cette pièce a-t-elle d'abord touché le père/l'humain ou le metteur en scène/cinéaste ?

Jeremy Peter Allen: Peu importe le médium, les histoires que j'aborde doivent d'abord me toucher sur le plan humain. Frozen (océan arctique) a aussi séduit le metteur en scène/cinéaste avec ses points de vues multiples sur un même incident, la disparition et le meurtre d'une jeune fille de dix ans. À travers les regards croisés de la mère, de l'assassin et d'une psychiatre étudiant le cas, l'auteur a su tisser une toile fascinante d'interprétations possibles des incidents. C'est une pièce qui nous plonge dans l'obscurité pour mieux nous faire remonter vers la lumière.

2) Les Enfants du paradis: Une pièce sur la culpabilité, la vengeance ou la compréhension d'un acte aux conséquences désastreuses ?

Jeremy Peter Allen
: C'est tout ça à la fois!  Frozen est une pièce qui aborde des questions morales complexes. Au delà de la culpabilité qu'éprouvent les personnages, il y a tout une réflexion sur le pouvoir libérateur du pardon, même dans le cas de crimes impardonnables. Il n'est pas seulement question de vengeance, mais d'où se trouve la ligne de démarcation entre vengeance et justice. Il faudra chercher à comprendre l'incompréhensible. À l'image des personnages de la pièce, je crois que les spectateurs seront surpris de découvrir autant de compassion et d'humanité dissimulées dans les ténèbres.

3) Les Enfants du paradis:  Le metteur en scène pourra-t-il faire abstraction de son passé de cinéaste ?

Jeremy Peter Allen: Je ne cherche pas à en faire abstraction. Je puise plutôt dans mon passé de cinéaste pour élaborer la mise en scène de Frozen. Bien entendu, je passe dans un nouveau médium avec ses propres codes et conventions. Ça demande plusieurs adaptations (pas de gros plans, pas de montage, etc.), mais je crois néanmoins que ceux qui connaissent mes films retrouveront beaucoup de mes préoccupations artistiques et stylistiques dans la pièce.

Bon théâtre et bonne danse !

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