12 mars 2014

Critique: Act of God

Le Périscope présente jusqu'au 5 avril, une pièce sur la catastrophe. L'intime, celle qui fait mal au coeur et aux tripes. Peut-être plus que la collective. Act of God, est un voyage au coeur des malheurs personnels, parfois bien cachés.

Par Robert Boisclair

Act of God est construit à la manière d'une catastrophe. Tout se catapulte, tout s'entrecroise, tout se mêle.  Les comédiens changent de personnage en l'espace d'un instant amenant le spectateur dans un nouvel univers, de nouvelles relations. Et comme tout événement catastrophique, il est bien difficile d'en faire le résumé précis, exact. Disons, qu'il s'agit de l'histoire de deux couples qu'un événement bouleversant, catastrophique à l'échelle de ces amoureux, réunira.

La mise en scène à quatre mains, Michel Nadeau et Marie-Josée Bastien sont les cometteurs en scène de ce spectacle, reflète parfaitement le concept de catastrophe. Les objets sont constamment déplacés, lancés, renversés. Le décor, qui se résume à un échafaudage qui fait penser à ceux qu'utilisent les employés de la construction pour travailler le long d'un mur, donne l'impression que tout est en transformation. Est-ce une destruction ou reconstruction? Libre au spectateur de l'imaginer en fonction de ce qu'il voit se dérouler devant lui. Les comédiens remplissent de multiples rôles qu'ils interprètent parfois dans la même scène où le même enchevêtrement de scènes. Encore une fois, l'idée de catastrophe et de chaos est bien véhiculé.

Cette mise en scène donne un rythme dynamique et vivant. Tout se déroule rapidement. On passe d'une scène à l'autre dans le temps de le dire et le spectateur doit s'investir totalement pour bien suivre l'action. Bien que le procédé soit fort à-propos, il sème la confusion. Bien difficile de s'y retrouver pour le spectateur qui doit replacer l'action dans son nouveau contexte. La mise en scène et la scénographie sont appuyées par un éclairage savamment utilisé et une musique parfois trop prévisible. Il n'était pas toujours nécessaire d'avoir cette musique de type catastrophique pour souligner à gros traits le drame du moment.

Le spectacle offre plusieurs beaux moments comme cette scène, que je ne peux nommer ici, reprise plus tard dans le spectacle, à un rythme différent et avec une émotion beaucoup plus intense puisqu'elle prend tout son sens à sa reprise.

Il faut souligner le travail de précision des comédiens dans les changements de rôles, parfois très subtils, mais que le spectateur saisit facilement. La distribution, composée de comédiens aguerris et de jeunes comédiens, fait preuve d'une belle cohésion et offre de très belles performances. Pas de faux-pas. Ou si peu.

Act of God est une pièce auquel il faut repenser après son passage au spectacle. Comme une catastrophe qu'il faut sans cesse repasser dans sa tête pour bien la comprendre. On doit y réfléchir à nouveau après le spectacle. La brasser. Pour en comprendre le sens, le message. Ou peut-être pas.

C'est ça la beauté d'Act of God, prendre le spectateur par la main à la sortie de la salle pour l'amener à se questionner sur le sens à donner aux catastrophes et, surtout, à ses propres tsunamis personnels.  De chaque catastrophe, individuelle ou collective, il finit toujours par ressortir quelque chose de bon, de positif.

Au Périscope jusqu'au 5 avril. Avec Caroline B. Boudreau, Charles-Étienne Beaulne, Danièle Belley, Maud de Palma-Duquet, Hugues Frenette, Véronika Makdissi-Warren et Christian Michaud. Un texte et une mise en scène de Marie-Josée Bastien et Michel Nadeau.

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