16 avril 2014

Critique: Faire l'amour

Faire l'amour n'est pas une pièce sulfureuse mais un spectacle d'où se dégage une grande dose d'amour. Un spectacle doucereux qui célèbre l'acte d'amour d'une belle manière.

Par Robert Boisclair

Faire l'amour est un docu-théâtre autour du thème de la sexualité. Les histoires, toutes véridiques, sont racontées par quatre comédiens et, disons, un invité surprise. Elles tournent toutes autour de la sexualité mais vues d'un point de vue différent à chaque fois. Elles ont toutes un point en commun, le bonheur de vivre ou d'expérimenter cette sexualité présente, ou pas, chez chacun de nous. Chaque histoire est livrée à la manière d'un conte par un ou deux comédiens.

Des histoires racontées sans pudeur mais sans véritables gros mots. Sans nudité également. Et c'est heureux. On découvre ainsi l'amour de l'acte sexuel sans fioritures. Avec ses bons moments, ceux plus drôles ou encore ceux plus dramatiques. L'amour et la sincérité enveloppent chacune des histoires. Le spectateur se retrouve bien loin de la sexualité brute même si, parfois, elle est évoquée. Pas de nudité que des beaux moments. De tendresse. De beauté. D'amour. Anne-Marie Olivier y parle derrière ces histoires, d'amour, de beaucoup d'amour. Et c'est ce qui fait la beauté de cette pièce. De la tendresse, de l'amour, du pur bonheur caressent le visage des spectateurs du début à la fin.

La mise en scène épurée de Véronique Côté sert très bien le propos et cède toute la place aux mots et aux comédiens. Et à l'invité surprise, ne l'oublions pas. Quatre chaises, une montagne de ce qui semble être des papiers-mouchoirs froissés et quelques accessoires qui apparaissent par-ci par-là meublent l'espace scénique complètement dénudé. Un musicien à l'extrême gauche de la scène se joint à l'équipe. C'est tout simple mais tellement efficace. Et puis, l'imagination aidant, les accessoires servent à offrir de petits moments de grâce, comme celui où deux chaises et une montagne de papiers-mouchoirs froissés simulent un orgasme. Rien de disgracieux. Que de la douceur, de la beauté.

Les comédiens, malgré quelques accrocs lors de la première, sont excellents. Des récits palpitants sortent de la bouche de ces comédiens qui les offrent avec une belle émotion à chaque fois.

Une pièce qui redonne à la sexualité ses lettres de noblesse à une époque où la sexualité débridée n'est plus un geste d'amour mais de sexualité point. Un beau spectacle qu'il faut voir pour redécouvrir le plaisir de faire l'amour. On dit qu'il n'y a qu'une première fois. Anne-Marie Olivier et Véronique Côté prouvent que l'on peut revivre le bonheur de sa première fois à nouveau.

Au Périscope jusqu'au 3 mai. Avec Maryse Lapierre, Eliot Laprise, Anne-Marie Olivier et Nicola Frank Vachon. Un texte d'Anne-Marie Olivier à partir d'une cueillette d'histoires vraies. Une mise en scène de Véronique Côté.

Apprenez en plus sur ce spectacle en écoutant notre interview avec Anne-Marie Olivier (émission du 31 mars vers la trentième minute).

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