25 avril 2014

Critique: Le Bourgeois gentilhomme

Le Trident présente Le Bourgeois gentilhomme un classique du théâtre. Un classique? Que nenni! Plutôt une folle aventure dans l'univers kitsch et éclaté de Liberace Jourdain.

Par Robert Boisclair

Le metteur en scène Martin Genest offre au public du Trident une véritable aventure dans l'univers complètement démesuré d'un M. Jourdain aux allures kitsch de Liberace (pianiste américain dont les costumes extravagants ont fait la renommée). Pour faire étalage du ridicule qui habite M. Jourdain, magnifique Bertrand Alain, Martin Genest se colle au style original de la pièce soit la comédie-ballet tout en lui offrant un remodelage complet. Un délirant mariage qui sied bien au Bourgeois gentilhomme.

Martin Genest fait dans la démesure la plus totale en transformant M. Jourdain du bourgeois grotesque et niais habituel à l'enfant gâté devenu adulte qui prend ses désirs pour des réalités. Enfant gâté qui se permet tout, même le plus ridicule, pour réaliser son rêve le plus fou, être reconnu comme bourgeois. Ici le ridicule ne tue pas bien au contraire. Jourdain fait tellement dans la démesure qu'il fait rire. La mise en scène est une folle aventure dans un univers complètement éclaté qui tient à la fois du cirque, Martin Genest a travaillé pour le Cirque du soleil, de la comédie-ballet, du théâtre, de la danse et de la musique.

Les costumes ne sont d'aucune époque mais d'hier et d'aujourd'hui à la fois. Les danseurs et musiciens tout de blanc vêtus, les comédiens dans des costumes où le mot kitsch n'est pas suffisamment fort pour décrire ce qu'il en est, amène le spectateur dans un univers complètement déjanté. Et que dire de M. Jourdain, dont le ridicule va croissant au fur et à mesure que progresse la pièce, qui s'affuble de vêtements que même Liberace aurait refusé de porter.

La mise en scène enjouée fait de ce Bourgeois gentilhomme un véritable régal pour les yeux qu'il fait plaisir à découvrir pendant 2h 30 de représentation. Le spectateur ne sais jamais à quoi s'attendre.  Alors qu'il croit que le sommet du ridicule a été atteint, Martin Genest et son équipe de fins comédiens amènent le spectateur dans les sommets inimaginables de la démesure de ce M. Jourdain qui voudrait bien être ce qu'il n'est pas. Pour lui, la paraître fait foi de tout et il ne se gêne pas pour accepter toutes les propositions, même les plus ridicules, afin d'atteindre son Olympe.

Toute la distribution, y compris les danseurs et musiciens, est excellente. Des performances du plus haut comique dans des caricatures tellement grossis qu'elles en sont drôles à souhait. Le kitsch et la caricature dans un mode exagéré comme ici, auraient pu faire de ce Bourgeois gentilhomme un four mais il n'en est rien.  Bien au contraire.  Un succès sur toute la ligne.

Oubliez les études savantes sur Le Bourgeois gentilhomme et payez-vous une pinte de ce véritable délire complètement fou. N'hésitez surtout pas car vous manquerez un véritable bonheur de plaisir théâtral!

Au Trident jusqu'au 17 mai. Avec Bertrand Alain, Frédérique Bradet, Carol Cassistat, Jonathan Gagnon, Linda Laplante, Valérie Laroche, Jean-Sébastien Ouellette, Patrick Ouellet, Mary-Lee Picknell-Tremblay, Simon Gélinas Beauregard, Charles-Alexis Desgagnés, Tania Jean, Ariane Voineau, Olivier Forest, Pierre Langevin, Gary Nagels et Liette Remon. Un texte de Molière. Une mise en scène de Martin Genest.

Apprenez en plus sur ce spectacle en écoutant notre interview avec Bertrand Alain (vers la vingtième minute de l'émission du 14 avril).

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