3 mai 2014

Critique: Noire

La rotonde offre aux amateurs de danse de Québec le très beau spectacle Noire, une production enveloppée de douceurs et de lumière.

Par Robert Boisclair

Le spectacle débute tout en douceur avec un violoncelliste installé parmi les spectateurs. Une musique qui se donne des airs de chaos. Chaos qui a inspiré la chorégraphie osée d'Annie Gagnon. Il quitte doucement pour laisser le spectateur s'imprégner de celle salle en sombre obscur où trône une scénographie simple mais efficace: un vieux divan tiré d'un sous-sol désaffecté, un bureau d'écolier, une rampe et une estrade. Puis les danseuses apparaissent.

Deux personnages qui se relancent et se complètent.  Un premier personnage danseur, interprété par Mélanie Therrien, pris dans une sorte de chaos duquel il est difficile de se sortir. Le spectacle étant baigné de lumière, elle y arrivera. L'autre personnage danseur, interprété par Isabelle Gagnon, est une sorte de reflet, de mémoire du premier. Un duo, pardon un trio puisque le musicien fait partie intégrante du spectacle, qui se complète à merveille.

Deux danseuses magnifiques et agiles qui utilisent les objets de toutes les façons possibles. Mélanie Therrien, véritable contorsionniste danseuse, se faufile de toutes les manières possibles autour de ce divan sauvé d'un sous-sol où il était tombé dans l'oubli. Isabelle Gagnon danse et utilise le bureau d'écolier comme s'il s'agissait d'un partenaire.  Elle l'ouvre, le contourne, s'y couche. La danseuse et l'objet ne font qu'un.

Annie Gagnon réussit le tour de force de faire d'événements tristes, dont elle s'est inspirée pour ce spectacle, quelque chose de très lumineux, de beau. Le spectacle est rempli de douceurs, de lumière, d'amour.  D'amour de la danse, sans doute, mais surtout d'amour de la vie. Car c'est ce qui se dégage de ce spectacle. De l'amour de la vie, il y en a partout. Dans les éclairages comme dans la chorégraphie, le choix de la musique, mélange de bande sonore et de musique en direct, ou encore dans l'interprétation tout en douceur des danseuses.

Je n'avait pas vu Cocoon, la précédente chorégraphie d'Annie Gagnon, mais j'ai aimé le moment que j'ai passé avec Annie et ses amis créateurs.  Une belle heure de danse pour un spectacle au titre sombre mais lumineux. À voir ce soir avant son départ dans l'ombre.

Une production de la rotonde à la salle Multi de Méduse. Dernière ce soir. Avec Isabelle Gagnon, Mélanie Therrien et Raphaël Dubé. Une chorégraphie d'Annie Gagnon.

Apprenez en plus sur ce spectacle en écoutant notre interview avec Annie Gagnon (vers la quarantième minute de l'émission du 28 avril).

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