15 octobre 2014

Les mots des concepteurs: Mathilde Monnier, chorégraphe

Les mots des concepteurs est une série qui laisse toute la place aux concepteurs, héros de l'ombre des spectacles de théâtre et de danse de Québec. Sans eux, ils n'y auraient pas de si beaux moments théâtraux et dansés. Avec leurs mots, ils nous disent le bonheur et le plaisir de travailler à tel ou tel spectacle.

Mathilde Monnier est une chorégraphe et une danseuse de renom. Elle nous dit dans ses propres mots d'où est venu son inspiration pour la production Gustavia qui tiendra l'affiche de la rotonde les 24 et 25 octobre. Place aux mots de Mathilde Monnier.

Par Mathilde Monnier

Gustavia
Crédit photo: Marc Coudrais

Gustavia est née de la rencontre avec La Ribot, artiste chorégraphique espagnole protéïforme, qui a un parcours différent du mien.  Elle se situe davantage dans le champ des arts visuels et de la performance, en plus de son parcours de danseuse et chorégraphe.

En discutant, nous nous sommes retrouvées sur des réflexions communes autour de l’art et de la question de la représentation, mais également de la question de la femme artiste. Deux femmes artistes donc et l’envie de parler librement de ce métier, des dérives, des inquiétudes, des catastrophes et aussi des bonheurs de ce rapport à l’art contemporain et à la vie.

Nous avons eu envie d’utiliser les ressorts du burlesque classique dont les codes et les techniques lui sont à la fois propres, mais également transversaux. Il traverse le cinéma (Peter Sellers, Tati, Keaton, Chaplin, Nanni Moretti…), la scène et la performance (avec Léo Bassi ou Anna et Bernard Blume), mais aussi les arts plastiques (Bruce Nauman). Le burlesque, c’est tout un art de la transformation, du renversement de situations. Il se niche dans la répétition, dans l’accident. Ce qui est nécessairement lisible dans le burlesque est caché dans le danse, puisque cette dernière, par essence est peu ou pas comique.

Nous avons également inventé une figure de femme, Gustavia. Un nom de femme, mais surtout un faux nom de scène, qui  est devenu notre médium, notre personnalité commune, pour parler de grands sujets classiques et intemporels: la femme, la mort, la sexualité, le théâtre, la représentation, se représenter, l’artiste.

Forte de ces points de départ, nous nous sommes senties très libre de construire ce spectacle comme un duo de jumelles infernales, un dialogue, une confrontation, un jeu de ping-pong. C’est une pièce entre le cabaret burlesque et la pièce tragique qui a été écrite à 4 mains.

Pour ce spectacle, nous avons également travaillé avec mes collaborateurs de longue date : Olivier Renouf qui signe la bande son, l’univers orageux et électrique, Eric Wurtz aux lumières, qui a travaillé dans l’écrin de velours noir pensé par la scénographe Annie Tolleter.

Apprenez en plus sur ce spectacle en consultant le site web de la rotonde.

Bon théâtre et bonne danse !

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