26 novembre 2014

Midsummer - Une pièce et neuf chansons: variations sur le même t'aime!

La Bordée propose, pour cette avant-dernière production de la saison d'automne, un petit bijou de pièce dont on ressort le coeur léger et le sourire aux lèvres.

Une critique de Robert Boisclair

Crédit photo: Suzane O'Neill

Variations sur le même t'aime résument assez bien cette comédie romantique qui ne se prend pas au sérieux. Car c'est bien de cela qu'il s'agit. Deux êtres atypiques se rencontrent dans un bar et passent une nuit torride qui ne laissent pas des souvenirs impérissables. Ils se quittent puis se croisent à nouveau le lendemain après deux rendez-vous ratés avec leur destin respectif. Ils s'engagent alors dans une virée folle où l'argent coule à flots et les aventures se succèdent à l'occasion de la nuit du solstice d'été. Les remises en question de la mi-trentaine et le romantisme se côtoient.

Si la nuit est sombre, les aventures de nos deux tourtereaux en devenir n'est pas sombre du tout. Les moments et les rencontres les plus surprenants les attendent au plus grand plaisir des spectateurs. Bondage japonais et gothiques, entre autres, meublent l'univers de ces deux personnages l'espace d'une nuit. Ces deux êtres qui croient avoir raté leur vie jusqu'à ce moment charnière s'offrent des instants inoubliables qu'ils pourront raconter à leurs enfants dans dix ou quinze ans.

Midsummer - Une pièce et neuf chansons est un véritable petit bijou de texte. Si la tirade du nez de Cyrano de Bergerac est célèbre, le dialogue du pénis de Midsummer risque fort de marquer les annales des tirades également. Ce dialogue entre Bob, le personnage interprété par Pierre-Luc Brillant, et son pénis propose une intéressante réflexion, sous le signe de l'humour, des relations sexuelles en chaîne que s'offre Bob. Drôle à souhait et fort bien écrit et traduit.

Un des succès de la pièce réside dans le ton éclaté, à la fois dans le texte et dans la mise en scène. On passe rapidement de la réalité à la reconstitution de moments passés, d'un accès VIP aux cerveaux des protagonistes aux dialogues conventionnels, du conte au théâtre et du théâtre à la chanson. Tout ça merveilleusement mis en scène par Philippe Lambert. Une mise en scène qui se moule au ton de la pièce, ajoutant son grain de folie à un texte qui en suggère déjà passablement.

L'auteur et le metteur en scène se moque allègrement de la comédie romantique et, curieusement, cela en fait une comédie romantique. Différente, hilarante par moment, sympathique, agréable. Une façon de renouveler le genre. De le sortir de ses ornières. D'y jeter un regard neuf.

Dans une scénographie épurée et avec quelques guitares, Isabelle Blais et Pierre-Luc Brillant offrent de belles performances. Isabelle Blais, qui personnifie moult personnages, est merveilleuse. Il faut la voir se métamorphoser en un tournemain et prendre des voix masculines comme féminines. Elle surprend le spectateur à chaque fois.

S'il y a des films pur bonheur (feel-good movie), Midsummer - Une pièce et neuf chansons est du théâtre pur bonheur.  Du théâtre dont on sort le coeur léger, le sourire aux lèvres et qui donne le goût de sourire à la vie.

En représentation à la Bordée jusqu'au 6 décembre. Avec Pierre-Luc Brillant et Isabelle Blais. Une mise en scène de Philippe Lambert. Un texte de David Greig dans une traduction d'Olivier Choinière.

Apprenez en plus sur ce spectacle en écoutant notre interview avec Isabelle Blais (vers la vingtième minute de l'émission du 17 novembre).

Bon théâtre et bonne danse !

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