19 novembre 2014

Un certain nombre: confrontations familiales

Le Théâtre Niveau Parking présente au Périscope, un huis-clos à deux comédiens dans sa formule de théâtre de «petite forme». Un certain nombre tient l'affiche pour encore 9 jours. Retour sur un soir de première!

Une critique de Robert Boisclair


Un fils confronte son père. Il est un parmi d'autres car un certain nombre de fils existent. Tous clonés sauf la copie originale. Est-il l'original? Une des nombreuses copies? La discussion s'enchaîne. Et les fils se succèdent. Trois au total. D'une discussion à l'autre, le père révèle ses secrets.

Un huis-clos serré. En cinq courtes scènes et une heure tout est réglé. Les trois fils ont confronté le père et celui-ci s'est révélé. Les révélations succèdent aux révélations rapidement... trop rapidement. Le texte de Caryl Churchill, traduit par Maxime Allen, bien qu'intéressant est trop condensé. Trop touffu pour sa durée. Les acteurs ont à peine le temps de faire vivre l'émotion et paf! on passe à la révélation suivante.

Pas que les performances des comédiens ne soient pas à la hauteur. Bien au contraire! Mais le texte court, dense et qui fait constamment un retour sur les situations passées ne permet pas aux comédiens de mettre en place l'émotion. Les performances sont toutefois très nuancés dans le temps imparti. Jean-Michel Déry réussit à camper trois frères aux caractères forts distincts en un tournemain. Au-delà du simple changement de costume, bien simple d'ailleurs, il définit trois personnages clairement identifiables dont le troisième est savoureux de naïveté. Le peu d'espace émotionnel dont dispose les comédiens est bien utilisé par les deux comparses (Jean-Michel Déry et Jack Robitaille) qui s'en tirent fort bien. Deux belles performances.

La scénographie, bien qu'intéressante, fait un peu démodé. Sans doute, voulait-on faire dans l'intemporel mais les costumes et les quelques accessoires étaient quelque peu vieillot. L'idée d'accrocher des vêtements tout autour de l'espace scénique, comme autant de clones potentiels du fils originel, était fort judicieuses.

La mise en scène sobre, sans artifice et sans grande originalité laisse toute la place à la performance des acteurs et au texte... malheureusement trop court et condensé. Soulignons toutefois, le choix judicieux de l'auteur de ne jamais utiliser les mots clones ou clonage. Cela permet de se pencher sur la relation du père avec ses fils ainsi que sur les choix et la responsabilité paternels.

Un spectacle à voir pour la performance des comédiens et les réflexions sur la responsabilité paternelle et l'impact des gestes posés sur le devenir de ses enfants.

En représentation au Périscope jusqu'au 29 novembre. Avec Jean-Michel Déry et Jack Robitaille. Une mise en scène de Michel Nadeau. Un texte de Caryl Churchill dans une traduction de Maxime Allen.

Apprenez en plus sur ce spectacle en écoutant notre interview avec Jean-Michel Déry et Jack Robitaille (au tout début de l'émission du 10 novembre).

Bon théâtre et bonne danse !

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