30 janvier 2015

Bye-bye abonné, bonjour spectateur à la pièce!

Le Périscope est-il en train de donner un signal que l'abonnement au théâtre n'est plus une formule qui fonctionne? Retour sur un changement profond de mentalité au Périscope.

Par Robert Boisclair


Avec son tarif unique pour la saison 2015-2016, 22$ en prévente et 35$ en cours de représentation, le Périscope fait une croix sur l'abonnement. Fini l'abonnement aux multiples formules. Tous sur un même pied d'égalité. Jeunes, aînés, étudiants ou amateurs des matinées du samedi profiteront d'un seul et même tarif. Le Périscope ose même en réduisant son plein tarif à 35$ alors que celui de la saison 2014-2015 est à 36$.

Le théâtre de la rue Crémazie tire donc un trait sur l'abonnement qui est le fond de commerce des théâtres depuis des lunes. Il est vrai que les abonnements sont en chute libre depuis quelques années à Québec et au Québec. Mais est-ce une raison pour jeter l'éponge et prendre le risque d'avoir un public plus volatile qui ne viendra que si, et seulement si, le synopsis l'attire ou, encore que la rumeur en cours de représentations est suffisamment positive et forte pour justifier l'achat d'un billet à 35$ plutôt qu'à 22$ en prévente?

Le Périscope fait sans doute le pari que le spectateur sera suffisamment curieux pour se lancer à un tarif réduit. Après tout, c'est une forme d'abonnement aussi. Profiter d'un rabais de 13$ pour s'offrir un lot de spectacles à la carte. J'aime bien le premier, le deuxième et le sixième spectacle de la saison. J'achète donc mes billets à 22$. Pour les autres, je verrai bien si la rumeur est bonne pour que je m'y rende. C'est un fort risque. Mais comme l'abonnement est en chute libre et que les achats se font à la dernière minute, mieux vaut suivre la tendance et espérer que la programmation sera de grande qualité pour attirer la meute. Un pari audacieux. Qui pourrait payer. Sur le long terme. Tout dépendra de la qualité de la programmation. Une mauvaise programmation et l'achalandage diminuera créant une pression sur les finances du théâtre.

Est-ce le début de la fin pour l'abonnement et le début d'une nouvelle ère pour l'amateur de théâtre?Une chose est sûre si cette formule à la carte fait des petits, le spectateur sera roi et il aura l'immense privilège de choisir la pièce qu'il veut voir à un prix unique sans s'obliger à voir une série de pièces qui ne lui disent rien ou qui ne lui plaisent pas. Il sera le roi de la salle et aura droit de vie et mort sur les théâtres de Québec. Les directeurs artistiques devront être vigilants et, surtout, à l'écoute du public de Québec. Surveillons les autres théâtres pour voir si la formule fera de nouveaux adeptes.

Bon théâtre et bonne danse !

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