14 janvier 2015

Méphisto Méliès: magnifiques vues animées!

À la fois hommage et incursion dans l'univers fantastique de George Méliès, créateur, inventeur et artiste des débuts du septième art, Méphisto Méliès est une merveilleuse incursion dans l'univers des vues animées.

Une critique de Robert Boisclair

Crédit photo: Robert Etcheverry

Le spectateur qui pénètre dans la salle du Périscope découvre une scène sobrement peuplée de quelques coffres qui se métamorphoseront au gré de la représentation. Un des nombreux clins d'oeil à l'univers et à l'inventivité de Georges Méliès. La scène est encadrée par l'arche si caractéristique des cinémas d'autrefois. La plongée au coeur du cinéma du début du siècle précédent s'amorce déjà.

Une jeune femme, Elena Kobelkof, excellente Mathilde Addy-Laird, entre et découvre les coffres, vestiges d'un théâtre forain abandonné. Elle les ouvre et découvre un vieux kinétographe. Elle active la machine à vues d'où surgit Méphisto Méliès, le personnage fétiche de George Méliès. L'aventure au coeur de l'univers magique et fantastique de Méliès débute alors.

Car c'est bien de cela qu'il s'agit. Découvrir par la magie des marionnettes, du théâtre d'ombre, de transformations d'objets, de projections d'archives sur des draps et de moults autres artifices, l'inventivité de ce George Méliès, premier grand maître des effets spéciaux au cinéma.

L'émerveillement est au rendez-vous à chaque scène. On se plaît à découvrir la prochaine transformation, le prochain clin d'oeil au talent et à l'univers de Méliès. Et ils sont nombreux. Si Méliès était un génie d'inventivité, l'équipe de cette production n'est pas en reste. L'univers de Méliès que les artisans de Méphisto Méliès offre aux spectateurs est un pur délice visuel.

Si l'inventivité est au rendez-vous, l'aventure prend un certain temps à s'animer toutefois. L'énergie de la première partie n'est pas tout à fait celle de la dernière partie. Après un départ un peu lent, l'action prend véritablement son envol après le premier quart du spectacle. À cela, s'ajoute quelques enchaînement qui ralentissent l'action. Rien pour bouder son plaisir toutefois.

Les trois comédiens manipulateurs sont très bons. Soulignons le travail de  Mathilde Addy-Laird, particulièrement dans le rôle des soeurs siamoises, celui de Patrick Ouellet, parfait George Méliès et Louis Trembaly, savoureux Méphisto.

L'équipe technique de la production a fait un travail remarquable. Marionnettes, costumes, musique, éclairages, ombres et vidéo magnifient l'univers imaginé par l'auteur, l'idéateur et les metteurs en scène. Un beau travail de collaboration et un véritable festin pour les yeux.

Méphisto Méliès offre une merveilleuse incursion dans l'univers des vues animées du début du XXe siècle. Une agréable expérience à vivre... avant le 1e février.

En représentation au Périscope jusqu'au 31 janvier. Un texte d'Hélène Ducharme. Avec Mathilde Addy-Laird, Patrick Ouellet et Louis Tremblay. Une mise en scène d'Hélène Ducharme et Pierre Robitaille.

Apprenez en plus sur ce spectacle en écoutant notre interview avec Pierre Robitaille et Patrick Ouellet (vers la vingtième minute de l'émission du 5 janvier).

Bon théâtre et bonne danse !

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