7 mars 2015

Norge: touchant voyage

Kevin McCoy, l'auteur, le comédien et le metteur en scène, est extrêmement touchant dans cette quête qui semble être celle de ses racines norvégiennes mais qui est, d'abord et avant tout, un voyage intérieur, un voyage au coeur de l'humain.

Une critique de Robert Boisclair

Crédit photo: Stéphane Bourgeois

Norge est une autofiction dans laquelle Kevin McCoy raconte sa quête pour découvrir ses racines norvégiennes, d'où le titre de la pièce qui signifie Norvège en norvégien, et sa place dans le monde.

Tout en douceur
Le spectacle débute en douceur avec la très belle interprétation du poème Soir d'hiver d'Émile Nelligan déclamé en norvégien. Le ton est donnée. L'intimité, la douceur, la quête personnelle seront les éléments dominants du spectacle.

La douceur se glisse dans le spectacle par le ton de confidence, par la mise en scène épurée qui laisse une large place à l'homme qu'est Kevin McCoy et à la relation parfois intime avec la musique et la pianiste sur scène, comme le démontre cette photo.

Crédit photo: Stéphane Bourgeois

Spectacle fortement intime que ce Norge. Les confidences se succèdent agrémentées d'airs piaonotés par Esther Charron. L'émotion est vive à plusieurs reprises, de par la musique ambiante mais également par les confidences, parfois bien intimes et émotives, de Kevin McCoy. Si la quête de départ est celle de sa grand-mère, elle devient progressivement celle de Kevin McCoy, l'américain tombé en amour avec un québécois et la ville de Québec. D'un homme qui est d'ici mais de partout en même temps.

Anne-Marie Olivier parlait de la note tendre de la saison du Trident dans le programme, elle a bien raison! Ce spectacle est d'une très grande douceur, un véritable baume dans un hiver qui n'en finit plus.

Une scénographie épurée
La scénographie est épurée et laisse une grande place à la confidence. Judicieux choix de la part de Kevin McCoy. Alors que la première mouture du spectacle était produite dans de petites salles propices à l'intimité de ce récit, la présentation dans une aussi grande salle risquait d'en briser le charme. Avec un éclairage tamisé, une scénographie simple avec quelques accessoires et objets qui occupent une bonne partie de la scène, la présence discrète de la pianiste et le ton de confident de Kevin McCoy, le passage est réussi. On a l'impression de partir, d'abord en voyage en Norvège puis dans une quête personnelle qui touche et interpelle.

Il y a bien quelques longueurs dans ce spectacle, certains moments qui s'éternisent mais c'est bien peu en regard du voyage intime et touchant que propose Kevin McCoy.

Un merveilleux voyage au coeur de l'humain
Kevin McCoy propose un merveilleux voyage au coeur de l'humain. Une note tendre un soir d'hiver, que demander de plus pour se préparer à l'arrivée d'un printemps qui se fait désirer.

Au Trident jusqu'au 28 mars. Avec Kevin McCoy et Esther Charron. Un texte et une mise en scène de Kevin McCoy.

Bon théâtre et bonne danse !

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