8 mai 2015

Ravages: onirique

Complexes et oniriques, les solos, duos, trios et quatuors de Ravages offrent aux spectateurs un magnifique parfum de catastrophe qui ne laisse pas indifférent.

Une critique de Robert Boisclair

Crédit photo: François Gamache

Le site de La Rotonde décrit Ravages comme suit: « Dans un jardin irréel d’une étrange beauté, tapis quelque part aux confins de la psyché humaine, des êtres se transforment au fil des saisons qui passent. Le temps s’imprègne dans leur chair. » Et c'est bien de cela qu'il s'agit. Des corps qui se métamorphosent, se transforment. Alan Lake, en collaboration avec les danseurs, offre un bel ode au corps et au mouvement.

Splendeur des corps
Ici, le corps est mis en évidence plus que jamais. La gestuelle est multiple. Des mouvements quasi-contemplatif aux plus énergiques en passant par les rencontres fusionnelles, l'éventail est complet. Une sorte de zone de turbulence où le corps se débat et s'affirme. Sans doute, une évocation du combat avec la nature dont s'inspire le spectacle. Lors d'un tournage dans la région de Portneuf pour un film d'art, la nature n'a pas été très collaborative avec l'équipe d'Alan Lake, le chorégraphe du spectacle et le réalisateur du film d'art. Il a décidé de s'inspirer de cette aventure pour Ravages.

Ici, les corps sont magnifiés. Mis en évidence. On grimpe, on affronte, on déménage, on fusionne, on se libère, on vibre. Tension et abandon. La gestuelle est éclatée. Les danseurs sont généreux dans leur interprétation. On sent toute la force et la fragilité qui les animent. Les portés, nombreux, finissent souvent dans les bras d'un tiers. Beaux moments que ces portés à trois.

Vidéos et danse ne font qu'un
Dans ce spectacle, la vidéo et la danse en font qu'un. Sur des rideaux de tulles, parfois devant les danseurs, parfois derrière, des projections sont offertes. Le danseur et son double sur écran se côtoient magnifiquement. Les projections ajoutent à cette ambiance de fin du monde, de catastrophe qui traverse le spectacle de bout en bout. Il y a bien des moments plus sereins, dont le dénouement contemplatif aux accents sacrés, mais l'ambiance générale est plutôt du style fin du monde.

Un spectacle sur la résilience et la capacité à se relever dans les moments difficiles? Peut-être. Certainement, un spectacle sur la fureur de vivre. Ce désir ardent qui nous anime, qui nous pousse à aller plus loin. Et de la fureur de vivre, il y en a dans ce spectacle. Un spectacle éclaté et magnifique qu'il ne faut pas manquer. Dépêchez-vous, il ne reste qu'un soir de représentation.

Une présentation de La Rotonde à la Salle Multi de Méduse pour une dernière fois ce soir. Avec Dominic Caron, David Rancourt, Esther Rousseau-Morin et Arielle Warnke St-Pierre. Une chorégraphie d'Alan Lake.

Bon théâtre et bonne danse !

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