28 octobre 2015

Crépuscule: au royaume des esprits enneigés

Apprivoisement de la vieillesse et rencontre avec des égarés souffrant d'alzheimer, c'est ce que propose Crépuscule. Un sujet difficile abordé avec sincérité et sensibilité.

Une critique de Robert Boisclair

Crédit photo: Cathy Lessard

Sarah visite des « Alzheimer » afin d'apprivoiser la vieillesse. La salle est pleine de marchettes, de râles et de cheveux blancs. Elle y rencontre Edmond, atteint de la maladie, et Irène, encore lucide, qui rêve de faire flamber des arbres pour ouvrir son espace et faire un peu plus de clarté.

Des esprits enneigés
Les esprits enneigés ne sont pas uniquement ceux des personnages atteints d'Alzheimer mais ceux de l'auteur et de la metteur en scène. Si le texte et la mise en scène sont empreints d'une certaine poésie, tout ne va pas à merveille dans ce spectacle. Les choix artistiques, ombres chinoises, marionnettes et jeux masqués alourdissent le spectacle par la trop grande utilisation de ces techniques qui n'ajoutent pas toujours à l'action.

Le spectacle est découpée en petites scènes qui mises bout à bout ne semblent pas toujours avoir de liens clairs entre elles. Le spectateur décroche, se demande ce qu'il se passe et où l'auteur et la metteur en scène veulent bien l'emmener.

Reconstitution fort bien réussie
La transposition de la vie des personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer est cependant fort bien réussie. On partage le quotidien de ces êtres qui errent dans les corridors et se perdent dans leurs pensées. L'éclairage et l'environnement sonore ajoutent à l'ambiance et font vibrer la fibre mélancolique.

S'il est un sujet difficile, c'est bien celui-là. L'auteur et la metteur en scène ont su aborder le sujet avec une très grande sensibilité et une fort jolie poésie. La représentation de la vie sans fard est très bien réussie. Une touche d'amour enveloppe le spectacle auquel le spectateur n'est pas insensible loin de là. Chapeau bas à l'équipe pour cette fresque de la vie de ces êtres que l'on oublie trop souvent.

Un bon spectacle
Malgré ses défauts, il faut voir ce spectacle sensible et fort respectueux de la vie de nos aînés atteints de la maladie d'Alzheimer. Nous tentons trop souvent de les évacuer de nos pensées. Il est temps qu'on se préoccupe d'eux et que l'on donne la place qui leur revient soit celle d'occuper, l'espace d'un moment, nos souvenirs, alors qu'eux n'en ont que quelques-uns qui vagabondent dans des esprits enneigés.

À Premier acte jusqu'au 31 octobre. Avec Nicolas Boulanger, Karine Chiasson, Amélie Laprise, Guillaume Pepin, Catherine Simard et Annie Veillette. Une mise en scène d'Odré Simard. Un texte de Marie Gilbert.

Bon théâtre et bonne danse !
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