5 octobre 2015

Le monde sera meilleur: confort et indifférence

Le Périscope offre un spectacle personnel, très près d'Édith Patenaude qui se livre sans fard, presque nue, sur le monde qui l'entoure, qui nous entoure.

Une critique de Robert Boisclair


Le monde sera meilleur squatte les décors des autres spectacles du Périscope. Il s'y incruste pour créer son propre univers. Dans ce lieu ouvert, et après avoir tout perdu, un couple kidnappe un spectateur avec lequel le couple a un lien bien précis. Débute alors une aventure qui amène le spectateur dans des recoins qu'il a peu l'habitude de fréquenter au théâtre.

Mise à nu
Édith Patenaude transporte son OFF Hamlet dans la salle du Périscope, spectacle originalement présenté en marge du Hamlet de la Bordée en 2013. Un spectacle hors norme. En marge du théâtre traditionnel. Imparfait. Rugueux. Et c'est ce qui fait son charme. À la fois déconstruit et construit. Fiction et réalité. Cri du coeur et cri de passion. Le spectacle dresse un constat pas toujours rose de notre monde. S'y retrouve une forte dose d'amour. Plus présente vers la fin du spectacle.

Un spectacle à petit budget dans un lieu emprunté, le décor du spectacle L'Éveil. Du théâtre dans le théâtre. Le masque de la fiction s'efface devant la réalité. Où est-ce le contraire? Édith Patenaude se dévoile. Elle se met à nu dans un décor nu. Pour créer quelque chose. Une part de vérité.

Indifférence, pouvoir, manipulation et amour: avec Le monde sera meilleur, le spectateur est convié à découvrir un spectacle hors-norme qui présente ces thèmes à la sauce Patenaudienne.

Confort et indifférence
Un spectacle qui parle beaucoup du confort et de l'indifférence. De ce confort qui empêche de bouger de peur de le perdre. De l'indifférence qui limite notre capacité à s'indigner du malheur des autres. Édith Patenaude y a mis son âme et son coeur. Sa franchise. Son honnêteté. La forme et le message peuvent en choquer certains. Ce fut le cas hier lorsqu'un spectateur a quitté la salle avant la fin du spectacle.

Après ce spectacle le monde sera-t-il meilleur? Certainement pas. Le spectateur le sera-t-il? Un peu. Sans être transformé, il se questionnera un peu plus sur le monde qui l'entoure. Il aimera un peu plus. Comme ces couples, nombreux, qui se tenaient par la main en sortant du spectacle. Si le spectacle ne change pas le monde, il change le spectateur. Un peu. Un à la fois. Il donne une dose d'amour. Pour soi. Pour l'autre. Pour toi, Édith Patenaude.

À voir
Un spectacle brut, imparfait. Avec ses défauts. Ses qualités aussi. Un spectacle qui secoue. Qui brasse la cage. Qui déstabilise aussi. C'était le but recherché. Et c'est bien comme ça. Ça brasse le spectateur. L'amène à se questionner. À se positionner aussi. Ne serait-ce que pour cela, il faut le voir. Mais attendez-vous à être déstabilisé.

Au Périscope les 5 octobre (dans le décor de L'Éveil), 25 et 26 octobre (dans le décor de Tribus), 6, 7 et 8 février (dans le décor de Grace) et les 19, 20 et 21 mars (dans le décor de S'aimer). Avec Jean-Denis Beaudoin, Laurie-Ève Gagnon, Marie-Hélène Lalande, Eliot Laprise, Édith Patenaude, Maxime Perron, Nicola-Frank Vachon et Alexandrine Warren (en remplacement de Joanie Lehoux). Une mise en scène et un texte d'Édith Patenaude.

Bon théâtre et bonne danse !

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