3 octobre 2015

L'Éveil: les anciennes odeurs

Quand le plaisir fou de la danse se combine à l'amour des mots, le résultat ne peut être que merveilleux. C'est ce que nous offre le duo Marie-Josée Bastien et Harold Rhéaume avec L'Éveil.

Une critique de Robert Boisclair

Crédit photo: Daniel Richard

Librement inspiré de L'Éveil du printemps Frank Wedekind, L'Éveil célèbre les premières fois: les premiers émois amoureux, le premier appartement, les premières pertes amicales, les premiers questionnements, les premières ruptures. Premier véritable spectacle de symbiose complète de théâtre et de danse, L'Éveil est construit sous la forme de vignettes, de cartes postales. Chaque célébration de l'éveil des sens a sa propre carte postale.

Les anciennes odeurs
Sur une aire gazonnée, trois garçons et trois filles revivent pour nous les premières fois. Le décor est épuré. L'aire de jeu vaste et ouverte est propice à la découverte. L'imagination du spectateur peut donc voguer gaiement. Ses premiers moments lui reviennent alors à l'esprit. L'ambiance d'autrefois et,  surtout, les odeurs qui accompagnaient ses premières fois: le parfum de sa première blonde, l'arôme du repas que sa mère lui préparait avec amour et qu'il adorait, l'effluve saline du St-Laurent ou du premier océan dans lequel il a plongé ses orteils. Ces anciennes odeurs reviennent constamment. Elles accompagnent le spectacle, son propre spectacle. Le spectacle devient intime, unique, magique. Et tellement envoûtant!

Crédit photo: Daniel Richard

Symbiose totale
L'équipe de création a réussi une symbiose totale de plusieurs formes d'art. Danse, théâtre, vidéo et environnement sonore se marient à merveille. Le spectacle est une cocréation et cela se sent, se voit, se vit. Les acteurs dansent, les danseurs jouent, la musique parle et la vidéo vibre.  Les émotions passent par quatre canaux qui ajoutent une couche de sentimentalité, qu'une simple collaboration n'aurait pas permis.

Tout s'imbrique merveilleusement bien en une sorte d'art nouveau. Les premières fois ne sont pas uniquement sur le fond mais dans la forme également. Une première oeuvre d'une forme d'art qui reviendra? Espérons-le!

Malgré quelques légers faux pas, les interprètes en parité totale (trois hommes et trois femmes qui sont trois danseurs et trois comédiens) réussissent le pari de passer avec fluidité et naturel d'un art à l'autre. L'illusion est totale et l'émotion passe merveilleusement bien à la fois par le corps et l'interprétation.

Crédit photo: Daniel Richard

À découvrir!
Partez à la rencontre des anciennes odeurs qui habitent votre subconscient. Découvrez une forme d'art inédite. Éveillez vos sens à nouveau avec L'Éveil. Un spectacle à voir pour toutes ces raisons et bien d'autres.

Au Périscope jusqu'au 10 octobre. Avec Jean-François Duke (danseur), Gabriel Fournier (comédien) André Robillard (comédien), Odile-Amélie Peters (danseuse), Claudiane Ruelland (comédienne), Ariane Voineau (danseuse). Une mise en scène de Marie-Josée Bastien. Une chorégraphie d'Harold Rhéaume. Un texte de Marie-Josée Bastien et Steve Gagnon.

Bon théâtre et bonne danse !

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