12 octobre 2016

Les caveaux: onirique!

Alan Lake, ses danseurs et un musicien, proposent un spectacle onirique rempli de belles images et de moments poétiques. Un spectacle qu'il faut savourer en se laissant porter par le moment.

Une critique de Robert Boisclair

Crédit photo: Julie Lévesque

Il est bien difficile de résumé Les caveaux. C'est, très certainement, un spectacle hybride qui fouille les méandres de l'âme. Qui amène le spectateur dans un monde onirique, rempli d'êtres étranges qui se métamorphosent, se contorsionnent et s'exposent. Le site de La Rotonde décrit le spectacle comme suit:

Telle une véritable cartographie des paysages intérieurs humains, cette œuvre se veut une incursion dans les sinueux replis de l’existence en ce qu’elle a de plus apaisant comme de plus terrifiant. À travers la fable et l’allégorie évoquant l’incessante régénérescence du vivant, les interprètes s’engagent dans une gestuelle brute pour faire émerger une danse saisissante et puissante, totalement marquée par son environnement.

C'est bien d'une allégorie qu'il s'agit. Et elle oscille entre le rêve et le cauchemar.

Onirique
En entrevue lundi aux Enfants du paradis, Alan Lake parlait d'un spectacle onirique et c'est exactement ce qu'est Les caveaux. Le spectateur est transporté dans un lieu mystérieux (il est inconnu jusqu'à l'arrivée sur place), un entrepôt désaffecté qui prête à toutes les rêveries. Et c'est ce que le chorégraphe, les danseurs et le musicien offrent. Un univers intemporel baigné dans la pénombre que les danseurs défont en partie. Des êtres fantomatiques peuplent le lieu. Ils sont énigmatiques. Surprenants. Déstabilisants aussi.




Le spectacle débute avec le danseur David Rancourt qui émerge d'un amoncellement de sable pour, graduellement, tout doucement et dans une magnifique exploration de la lenteur, se transformer en statue. Si l'évolution est lente et prête à questionnements, le dénouement, lui, est vraiment magnifique. Le ton est donné, le spectacle sera onirique ou ne sera pas.

Si la nature est tout de même présente dans ce spectacle, il y en a peu. On se trouve véritablement dans un univers de fantasmes et d'allégories que le spectateur imaginera lui-même. Alan Lake fait fi de cette fureur de la nature que l'on retrouvait dans ses précédents spectacles. Ici, il s'invente une nouvelle approche. Se réinvente, même.

La signature d'Alan Lake est bien là tout de même. Ses chorégraphie physiques, voire acrobatiques, ou presque, par moments y sont bien présentes. Les danseurs se contorsionnent, prennent toutes les formes possibles pour créer des instants et des êtres oniriques. Les danseurs sont absolument magnifiques et au summum de leur art.

La troupe a su créer de magnifiques moments: David Rancourt en ouverture, les incroyables contorsions et déplacements d'Esther Rousseau-Morin, le dénouement sous la pluie. Des moments qui laissent des traces indélébiles.

Se laisser porter
Pour apprécier le spectacle, il faut se laisser porter par l'onirisme proposé par la troupe. Si vous prévoyez assister au spectacle, préparer votre esprit. Il sera envoûté si vous y allez dans cet esprit. Le spectacle en est un d'allégories et de mouvements intenses bien plus que de danse.

La magnifique musique enregistrée et en direct d'Antoine Berthiaume est envoûtante. Elle est enveloppante et contribue magnifiquement à la création d'un environnement onirique. La musique transporte le spectateur dans le monde du rêve et, un peu tout de même, du cauchemar.

Pour sortir des sentiers battus
Alan Lake et sa bande proposent un spectacle qui ne fait pas dans l'habituel. Un spectacle pour sortir des sentiers battus et s'immerger dans un monde fantasmagorique.

À l'affiche jusqu'au 15 octobre à La Rotonde. Avec David Rancourt, Esther Rousseau-Morin, Louis-Lyan Martin, Nicolas Labelle et le musicien Antoine Berthiaume. Une chorégraphie d'Alan Lake.

Vous voulez en savoir plus? Écoutez notre interview avec Alan Lake vers la quarantième minute de l'émission du 10 octobre.

Bon théâtre et bonne danse !

Aucun commentaire:

Publier un commentaire