14 octobre 2016

Stockholm, le syndrome: bienvenue en Absurdistan

Avec son premier texte, Gabriel Fournier se lance dans une aventure où l'absurde déploie ses ailes au coeur d'une mer de stéréotypes. Caricatures et archétypes meublent donc cette comédie de part en part.

Une critique de Robert Boisclair

Crédit photo: Cath Langlois

Six employés d'une compagnie d'assurances se retrouvent projetés, au premier comme au deuxième sens, au coeur d'un kidnapping. Alors qu'ils se retrouvent dans une vaste salle où le kidnappeur les a confinés, ils s'interrogent, discutent et tentent de trouver une façon de mettre fin à cette prise d'otages. Une séquestration qui ne tournera pas comme l'on pourrait s'y attendre alors que les situations absurdes succèdent à d'autres situations encore plus absurdes.

Bienvenue en Absurdistan
Dans une mise en scène épurée, un long mur fenestré et une porte constituent l'essentiel de la scénographie, les personnages offrent des réflexions et des discussions toutes plus absurdes les unes que les autres. Les personnages, oscillant entre la secrétaire zélée et le relationniste hyper enthousiaste, s'engagent alors dans des discussions absurdes agrémentées d'émotions poussées à leur paroxysme. Effet grossissant garanti!

S'ajoute à tout cela un texte offert dans un français international nouveau genre. Un français où les mots prennent des allures surréalistes et surprenantes. À la sortie du spectacle certains mots n'auront plus la même sonorité et deviendront des vers d'oreille difficiles à oublier.

Si le grain de folie y a fait son nid, il y manque un petit quelque chose pour en faire une comédie franchement drôle. Le spectateur sourit et s'offre quelques éclats de rire parsemés ici et là tout au long du spectacle, mais la caricature manque de punch. Il n'y manque qu'un petit zeste de ce je-ne-sais-quoi qui en ferait un moment de franche rigolade.

Le texte est touffu et bien écrit. L'auteur a du talent. Les comédiens également. Mais la caricature manque de ce tic marquant qui en fait un moment inoubliable. Le tic qui marque l'esprit et fait dire: c'est tellement ça!

Prendre son pied
Les adeptes de l'absurde pur risquent d'y prendre un plaisir fou. Les situations rocambolesques s'y succèdent. Les caricatures également. Le spectateur attentif y découvrira une foule de petits moments savoureux et j'en ai vécu plusieurs. Certains spectateurs y ont carrément pris leur pied.

C'est joué gros, c'est assumé et c'est divertissant. Les adeptes de l'absurde s'en réjouiront, les autres passeront un agréable moment.

À l'affiche jusqu'au 29 octobre à Premier acte. Avec Marc Auger Gosselin, Denis Marchand, Jean-Michel Déry, Paul Fruteau de Laclos, Laurence Moisan Bédard et Vincent Nolin Bouchard. Une texte et une mise en scène de Gabriel Fournier.

Vous voulez en savoir plus? Écoutez notre interview avec Gabriel Fournier et Paul Fruteau de Laclos au début de l'émission du 3 octobre.

Bon théâtre et bonne danse !

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