11 décembre 2016

Les contes à passer le temps: quel bonheur!

Cette année la vierge est plus folle que jamais, la troupe La vierge folle bien sûr, avec cette sixième édition des Contes à passer le temps. Une édition pur bonheur et la meilleure que j'ai vu et ce, même si les autres étaient excellentes. 

Une critique de Robert Boisclair

Crédit photo: Cath Langlois

Six auteurs et acteurs ont dévoré leur quartier pour mieux nous raconter Québec. Selon la tradition du conte urbain, ils composent une fresque diversifiée et chaleureuse pour célébrer Noël et notre belle ville dans un lieu rempli d'histoire, la magnifique Maison Chevalier sise au coeur même du quartier Petit Champlain. Des petites histoires, un Québec vu de l'intérieur, dans son quotidien le plus fou comme le plus sentimental, un Québec festif et heureux comme on l'aime à Noël.

Des contes à savourer
Dès l'entrée en salle la table est mise, au propre comme au figuré. Le bar à desserts, concocté par les comédiens, est là qui vous attend. Ils sont au commande et vous servent votre choix de pâtisseries et votre breuvage préféré que ce soit un café, noir ou bien arrosé, un chocolat chaud ou une tasse d'un bon vin chaud aromatisé. Une belle occasion de piquer une jasette avec l'équipe et de tenter d'en savoir un peu plus sur les six contes (Casse-tête, Les histoires inventées, L'assemblée des monstres, J'ai un amour qui ne veut pas mourir, L'histoire de l'horloge/La reine des neiges et Les diamants) qui sont au programme de cette édition. Le spectacle n'est pas encore commencé que la fête est déjà en place.

Le lieu magnifique et empreint d'histoire, avec ses chaises disposées de part et d'autre de la scène improvisée au centre, est propice à la discussion. Il est un lieu de rencontre et de fête idéal pour un spectacle de contes. La convivialité est au rendez-vous. Le plaisir n'en sera que plus grand.

Ce qui est l’fun, c’est qu’on ne sait jamais si ça va fonctionner.
C’est bien stressant, mais on retrouve toujours, peu importe les contes,
cette espèce d’envie d’être ensemble et de se raconter des histoires.
Comme si on avait besoin de ça avant Noël.
Maxime Robin dans une interview au Journal de Québec

Bon Dieu, qu'il peut laisser tomber le stress! Parce que cette édition fonctionne à 110%. Tout y est. On sent que Maxime Robin a trouvé la recette idéale. Celle qui roule à cent à l'heure et où tout tombe en place magnifiquement. Tout s'enchaîne, s'imbrique à merveille. Les comédiens glissent d'un conte à l'autre brillamment, prennent à partie le public et font vivre, dans le même conte, le rire et la douleur de la perte.

Robin et son équipe ont réussi à offrir des contes où le rire croise les larmes. Les moments de grande folie côtoient ceux des émotions fortes, celles des souvenirs douloureux qui donnent envie de verser une larme ou deux. Celles qui rappellent des êtres importants qui sont partis mais qui laissent des marques indélébiles et de beaux et merveilleux souvenirs.

Ce qui surprend dans cette édition, c'est la mort qui se pointe dans plusieurs contes. Une mort qui devient résilience, espoir et réconciliation, voire festive. L'équipe réussi le tour de force de transformer ce passage obligé, mais non désiré, en moment magique, unique et précieux. Et l'humour n'est pas en reste. Il est là. Parfois complètement fou, parfois plus subtil. Mais toujours présent. Un parfait mélange.

Une méchante fée ou une reine des glaces?
Crédit photo: Cath Langlois

La folie! Elle est là à chaque moment mais surtout dans le conte rassembleur qui clôt le spectacle. C'est la tradition des contes. Un thème, La reine des neiges cette année, ouvre et ferme le spectacle. En ouverture, Maxime Robin mélange allègrement le conte de La reine des neiges à celui de l'histoire réelle de l'horloge qui rythme la cadence des contes. En conclusion, une réinvention, une mise à jour ou une modernisation complètement déjantée, vous pourrez lui donner la définition de votre choix, de La reine des neiges s'offre aux spectateurs. Un pur délice qui termine dans la joie et le bonheur un magnifique deux heures.

Pur bonheur!
Les contes à passer le temps sont brillamment dialogués et joués. Un deux heures qui passe trop vite. Une expérience théâtrale, ou conté au choix, fantastique. Du pur bonheur! Courez vite voir le spectacle avant que la méchante fée le fasse disparaître.

À l'affiche de Premier acte jusqu'au 18 décembre. Avec Bertrand Alain, Maxime Beauregard-Martin, Frédérique Bradet, Raymonde Gagnier, Pascale Renaud-Hébert et Maxime Robin. Des textes de Maxime Beauregard-Martin, Jean-Michel Girouard, Sophie Grenier-Héroux, Noémie O'Farrell, Pascale Renaud-Hébert et Maxime Robin. Une mise en scène de Maxime Robin.

Bon théâtre et bonne danse !

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