20 janvier 2017

Le songe d'une nuit d'été: foldingue nuit d'amour

Olivier Normand signe une mise en scène complètement foldingue et originale de la féérie amoureuse de William Shakespeare. Retour sur une drôlissime première.

Une critique de Robert Boisclair

Crédit photo: Stéphane Bourgeois et Hélène Bouffard

Par une nuit d'été, dans une forêt enchantée, Puck, sous les ordres d'Obéron roi des fées, va verser un filtre d'amour à Lysandre, amoureux d'Hermia, deux amants en fuite endormis l'un près de l'autre. Ces derniers, poursuivis par Dimitrius amoureux d'Hermia, mais également par Héléna amoureuse de Dimitrius. La situation devient rocambolesque quand à son réveil, Lysandre, aidé de la potion magique, tombe amoureux d'Héléna.  Entre-temps, Puck verse le même filtre à Titiana, reine des fées, puisqu'Obéron est jaloux d'un jeune page que sa femme éduque et souhaite ainsi créer la discorde dans leur couple. En parallèle se déroule au coeur de cette même forêt, la répétition d'une pièce de théâtre dirigée par Bottom, un tisserand, pour la célébration du mariage de Thésée, duc d'Athènes et Hippolyte, reine des Amazones...

Sous l'effet du filtre d'amour va régner alors une confusion de quiproquos, de poursuites, d'espiègleries, de drôleries dans un rythme léger et une ambiance festive. Une jolie balade féerique au fond d'une forêt étrange et spectatrice où se déchaînent des passions amoureuses. Un conte lumineux entre réel et rêve, où la réflexion majeure se porte sur la sincérité et la fidélité de l'amour.

Songe éveillé
Plateau restreint en entrée de salle. Un simple chambre à coucher à l'avant-scène où se jouera la première scène. Un homme s'y trouve. Il se change pour dormir. Des bruits étranges hantent sa nuit. Tout à coup d'autres personnages viennent hanter sa nuit. L'homme endormi, pris au dépourvu, se fait entraîner dans une folle aventure et se transforme pour devenir Lysandre, l'amoureux d'Hermia. La chambre s'ouvre alors sur un univers féérique, une forêt enchantée peuplée de fées, de roi et de comédiens qui répètent un spectacle. Une folle cavalcade amoureuse débute alors.

Olivier Normand propose ainsi une merveilleuse entrée dans l'univers féérique de Shakespeare. Une approche originale d'un classique maintes fois joué. Sa mise en scène enjouée transporte le spectateur dans un monde fou où l'humour côtoie allègrement l'amour sous toutes ses formes. L'apport de Flip Fabrique au spectacle, donne une saveur elfique à ce songe. Un apport fort judicieux. N'oublions pas également la belle symbiose entre le comédiens et les artistes de cirque tout au long du spectacle, même si parfois, cela semble un peu placé.

Le jeu des comédiens est à couper le souffle. Le trio de comédiens amateurs interprétés par Marc Auger, Emmanuel Bédard et Hugues Frenette est absolument délirant. Patrick Ouellet offre un magnifique et fantasque Puck alors qu'André Robillard excelle en Lysandre. Ma surprise du spectacle est sans contredit Mélissa Merlo. Elle impressionne à sa première présence au Trident. Son Hermia est sublime, à la fois craquante et mutine.

Pur bonheur!
Il serait trop long ici d'énumérer toutes les qualité de ce Songe que propose Olivier Normand et son équipe. Une manière simple de le résumé? Un spectacle pur bonheur que vous devez courir voir avant que le rêve ne s'évanouisse dans les limbes de la forêt.

À l'affiche du Trident jusqu'au 11 février. Avec Marc Auger, Josué Beaucage, Emmanuel Bédard, Pauline Bonnani, Hugues Frenette, Jean-Michel Girouard, Valérie Laroche, Mélissa Merlo, André Robillard, Patrick Ouellet, Jean-Sébastien Ouellette, Mary-Lee Picknell, Émile Pinault et Mathias Raymond. Une texte de William Shakespeare dans une traduction de Michelle Allen. Une mise en scène d'Olivier Normand.

Bon théâtre et bonne danse !

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