11 mars 2017

Constellations: variations sur un seul (je) t'aime

Le Trident propose une fable existentielle avec un duo de comédiens qui fait des étincelles. Ce big bang théâtral autour de multiples variations sur un seul (je) t'aime est à découvrir avant qu'il ne s'évanouisse dans la nuit des temps.

Une critique de Robert Boisclair


Marianne est astrophysicienne. Philippe est apiculteur. Ils se rencontrent à l'occasion d'un barbecue. Une banale histoire d'amour? Peut-être ou pas... L'auteur Nick Payne a imaginé cette histoire d'amour à la manière de la physique quantique soit que notre univers existe en versions multiples, le multivers. Sept moments charnières de la relation entre Marianne et Philippe sont multipliés par deux, trois ou quatre. Des moments qui se livrent en différentes versions et qui existent dans différents univers.

Une attention de tous les instants
Une telle structure narrative demande une attention de tous les instants. Les répliques sont courtes et les revirements de situation rapides. Cela demande un travail tout en finesse de la part des deux comédiens. Les chemins de traverse sont nombreux et Valérie Laroche et Christian Michaud forment le couple parfait pour nous faire croire à ces histoires multiples. Avec son air de gamine amoureuse, elle sait passer d'une émotion à l'autre avec un naturel désarmant. Avec son allure gênée et quelque peu maladroite, il offre un Philippe tout en nuances.

Si le texte est bien ficelé et offre de beaux moments aux spectateurs, l'effet répétitif finit par être lassant. Heureusement, le spectacle ne dure qu'une heure dix environ. Sans oublier qu'il est bien difficile de faire passer de grandes émotions en de si courtes répliques. Pas qu'il en soit totalement exclus mais ces moments sont fugaces, éphémères. On aimerait les savourer plus longuement.

Scénographie épurée
Un homme et une femme seuls sur une scène. En son centre se trouve une structure légèrement surélevé en forme de constellation. Au-dessus d'eux, une autre structure en forme de constellation. Le multivers est là. Bien présent avant que le spectacle ne commence.

Aucun accessoire sur la scène. Le plateau est nu. La scénographie minimale, à l'image de la situation. Ils discutent et s'activent dans ce lieu de tous les possibles où de multiples variations autour du même (je) t'aime s'offriront aux spectateurs. Le tout baigné dans les magnifiques éclairages de Sonoyo Nishikawa. Il ne faut pas qu'elle quitte Québec, celle-là! Ils forment presque un troisième comédien. Ses éclairages plantent l'ambiance. Discrètement et de magnifique manière.

La mise en scène de Jean-Philippe Joubert est efficace et laisse toute la place au texte et aux extraordinaires performances des comédiens. Jean-Philippe Joubert a réussi son pari d'un spectacle intimiste malgré la vastitude de la salle du Trident, même si le spectacle gagnerait à être présenté dans une plus petite salle.

Physique et amour font-ils bon ménage?
Pas besoin d'être un génie de la physique quantique pour apprécier le spectacle. Le véritable thème de Constellations est l'amour. Et ça, ça séduit le plus bourru des spectateurs! Les constellations de l'amour et de la passion s'offrent en de multiples versions. Offrez-vous donc une petite heure amoureuse en charmante compagnie!


À l'affiche du Trident jusqu'au 2 avril. Avec Valérie Laroche et Christian Michaud. Une mise en scène de Jean-Philippe Joubert. Un texte de Nick Payne dans une traduction de David Laurin.

Bon théâtre et bonne danse !

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