11 avril 2017

Glory: entre ombres et pénombres

Véritable dialogue entre les corps des danseurs, la musique et la danse, Glory est une oeuvre à la fois surprenante et magnifique. Une ode à la grande beauté de la danse.

Une critique de Robert Boisclair

Crédit photo: David Cooper

S’inspirant de l’esthétique des films d’action, Glory ausculte, non sans humour, le versant abrupt de la violence quotidienne telle qu’on la retrouve, pernicieuse et banalisée, dans les médias. Une bande sonore énergique, des vidéos originales ainsi que des mouvements aussi athlétiques que précis composent cette chorégraphie explosive.


Entre ombres et pénombres
Le spectacle débute avec la naissance d'une bataille de rue en projection sur un grand écran en fond de scène. Doucement, les danseurs s'amènent et se mêlent à ce début de combat projeté. L'écran s'éteint et les danseurs, dans la pénombre, s'agitent dans un combat sans merci. C'est le début d'une belle aventure au coeur de l'oeuvre proposée par Shay Kuebler.

Cette oeuvre souvent aérienne, entre répulsions et attractions, se compose de plusieurs vignettes mises bout à bout. Chaque vignette a son propre rythme, sa musique, son tempo. Elles forment un tout cohérent où la violence occupe une large place. Rien de déplacé. Certainement pas un encouragement à être violent. C'est une mise en contexte de la banalisation de la violence omniprésente qui occupe notre quotidien, de son impact sur chacun de nous et, plus particulièrement, la victime.

Crédit photo: David Cooper

Un spectacle hautement athlétique qui ne laisse pas indifférent. Les danseurs, qui sont de véritables athlètes, offrent des performances époustouflantes. Peu de mouvements au sol, quoique le spectacle n'en est pas dépourvu, des acrobaties, des mouvements qui s'apparentent aux arts martiaux, qu'affectionnent Shay Kuebler d'ailleurs, ou aux combats de rue pullulent.

La bande sonore qui accompagne le spectacle constitue en elle-même un danseur. Les danseurs s'y collent, dansent à son rythme, mimant même chaque note, chaque intonation musicale. L'éclairage oscille entre ombres et pénombres offrant un écrin magnifique aux ébats violents proposés dans les nombreuses vignettes.

Crédit photo: David Cooper

Une oeuvre magistrale qui ne se compare à rien de ce que vous aurez vu en danse contemporaine. Glory est une expérience qu'il faut vivre au moins une fois dans sa vie... et il ne vous reste qu'un soir pour en profiter! Alors qu'attendez-vous? Courez acheter votre billet dès maintenant, vous ne le regretterez pas.

Vous voulez en savoir plus? Écoutez notre interview avec Shay Kuebler vers la vingtième minute de l'émission du 3 avril.

Un spectacle de La Rotonde présenté au Musée national des beaux-arts du Québec pour un deuxième et dernier soir. Avec Maxine Chadburn, Hayden Fong, Shay Keubler, Nic Lydiate, Tyler Layton Olson et Lexi Vajda. Une chorégraphie de Shay Kuebler.

Bon théâtre et bonne danse !

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