30 mars 2016

Molly Bloom: espiègle Molly!

Coquine cette Molly qui se glisse dans la peau d'Anne-Marie Cadieux? Certainement! L'actrice offre au public de Québec, une Molly Bloom taquine, frivole et, parfois, corrosive. Retour sur un moment passé en compagnie d'une grande actrice.

Une critique de Robert Boisclair

Crédit photo: Caroline Laberge

Il est deux heures du matin. Molly Bloom, auprès de laquelle le mari, Léopold Bloom, vient de s'écrouler dans le lit conjugal complètement ivre, est incapable de s'endormir. La belle Molly s'abandonne au flot débordant de ses pensées. Tout y passe: son corps, sa beauté, ses aventures, son enfance mais, surtout, ses confidences érotiques.

Mise en scène impressionniste
La mise en scène est à la fois simple et impressionniste. Étendue sur une structure de bois rappelant les courbes féminines, Anne-Marie Cadieux livre un texte auquel on donne toute la place. Derrière la structure de bois, de longs filins servent d'écran où se projettent des images en évolution constante. S'ajoute à cela, une gestuelle particulière transformant la scène en toile impressionniste. Une scénographie somme toute épurée mais efficace.

Le rythme des mots a été savamment travaillé. Anne-Marie Cadieux s'amuse avec ceux-ci dans ce qui aurait pu être un soliloque plutôt ennuyeux et qui devient une vivante partition musicale. Le fil décousu des pensées de cette Molly Bloom oblige le spectateur à une attention de tous les instants.

Anne-Marie Cadieux donne vie à ce personnage féminin hors-norme. Fantasque, ingénue cochonne, subversive à sa manière, un personnage complexe que la comédienne interprète à merveille.  Molly Bloom est un corps avant tout, ce n'est pas moi qui le dit mais la comédienne elle-même. Un corps qu'elle commente sans pudeur. Avec amour même. Un corps qu'elle fait sien sans complexe. Et c'est ce qui est beau dans ce spectacle. L'amour de soi, de son corps. S'accepter sans fard, sans peur et sans reproche.

Une confidence qui débute par un Oui et se termine par un autre Oui. De la pièce, il ressort un amour du vivre. Molly Bloom est une femme vivante et vibrante. Mais on est dans sa tête et, peut-être, pas assez dans son émotion. Sa fureur de vivre, d'être femme est très cérébrale.

Confidences sur l'oreiller
Brigitte Haentjens et Anne-Marie Cadieux offrent une belle confidence sur l'oreiller. Une femme hors-norme, bien dans sa peau et qui se livre sans pudeur. Une pièce au charme indéniable.

À la Bordée jusqu'au 31 mars. Avec Anne-Marie Cadieux. Un texte de James Joyce dans une traduction de Jean Marc Dalpé. Une mise en scène de Brigitte Haentjens.

Bon théâtre et bonne danse !

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