jeudi 21 novembre 2019

Primeur: Mozart et Platel au Carrefour en 2020

Quatorze musiciens de plusieurs continents se rencontrent autour du Requiem de Mozart. Ils reconstruisent ce Requiem en fusionnant leurs influences musicales personnelles avec du jazz, de l'opéra et de la musique africaine populaire dans un spectacle ayant pour titre Requiem pour L.

Un billet de Robert Boisclair largement inspiré du communiqué de presse et du dossier de présentation du spectacle
Twitter: @Rob_Boisclair et @Enfantsparadis

Crédit photo: Chris Van der Burght
Le Carrefour international de théâtre accueillera dans la programmation de son prochain festival, le metteur en scène Alain Platel et son spectacle Requiem pour L. Hommage à l’œuvre inachevée de Mozart, amalgame d’influences musicales bigarrées, cet opus tout en mouvement célèbre la vie en magnifiant la mort.

La direction musicale est prise en charge par le compositeur Fabrizio Cassol, qui continue ainsi l’écriture d’une histoire artistique personnelle dans laquelle il réunit différentes cultures musicales autour d’un thème spécifique. Il cherche à chaque fois comment une œuvre existante, des traditions orales et écrites lui permettent d’écrire une nouvelle histoire. Pour le Requiem, il réunit des musiciens avec lesquels il a déjà travaillé (e.a. dans Macbeth et Coup Fatal) et des artistes pour lesquels cette coopération est une première.

Crédit photo: Chris Van der Burght
Sur le plan théâtral, le metteur en scène Alain Platel cherchera avec le groupe une traduction visuelle et physique des images et associations évoquées par un Requiem: de la messe des morts à la fosse commune dans laquelle Mozart fut lui-même abandonné.

Cassol et Platel se rencontrent dans la manière dont ils créent un nouvel univers au moyen de métissages. Ils ont déjà travaillé ensemble sur les Vêpres de la Vierge Marie de Monteverdi (vsprs, 2006), la Passion de Matthieu de Bach (pitié!, 2008) et le répertoire baroque occidental (Coup Fatal, 2014)

Les ballets C de la B d’Alain Platel marquent ainsi leur 5e passage au Carrefour ayant déjà présenté Iets op Bach en 1999, Allemand Indian en 2001, Gardenia en 2011 et Tauberbach en 2015.

Crédit photo: Chris Van der Burght
Requiem pour L.
À l’instar de Mozart, pendant la création de son Requiem, L. est à quelques heures de sa mort. Projetée simplement en vidéo, l’agonie tranquille de cette inconnue surplombe une célébration joyeuse et emportée de la vie.

Le compositeur Fabrizio Cassol profite du caractère inachevé du chef-d’œuvre de Mozart pour le bouleverser complètement en l’offrant en pâture à la mixité débordante de quatorze musiciens/chanteurs de plusieurs continents, réunis sur scène par Platel. De ce joyeux bordel naît un spectacle réjouissant et émouvant sur le sens de la vie, le deuil et l’espoir.

J’ai été à la fois bouleversée et galvanisée par cette œuvre,
vraie et magnifique, brute et mature, pleine d’amour, pleine de sens.
Je pensais à la chanson de Félix Leclerc qui dit :
c’est grand, la mort, c’est plein de vie dedans...
Marie Gignac, directrice artistique du Carrefour international de théâtre

Cette danse chorale devient sacrément joyeuse :
une messagère exaltée de la vie… gagnée sur la mort.
Emmanuelle Bouchez, Télérama, 2018

Requiem pour L.
Carrefour international de théâtre de Québec
Le mardi 2 juin 2020



Le mardi 2 juin 2020 à la salle Louis-Frechette du Grand Théâtre de Québec. Une mise en scène d'Alain Platel. Une musique de Fabrizio Cassol d'après le Requiem de Mozart. Une production des Ballets C de la B. Les billets seront en vente en avril 2020.

Bon théâtre et bonne danse!
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lundi 18 novembre 2019

Théâtre et danse

La danse côtoiera le théâtre ce soir dans une émission aux thématiques éclatées et audacieuses.

Par Robert Boisclair
Twitter: @Rob_Boisclair et @Enfantsparadis

Premier bloc - 17h 30
Crédit photo: Alistair Maitland
David Raymond, co-interprète et cochorégraphe, sera en conversation téléphonique pour nous faire découvrir Bygones.

Bygones
La Rotonde
Du 21 au 23 novembre

Deuxième bloc - vers 17h 50 

Camille Proust et David Lefebvre seront en studio pour nous parler de La duchesse de Langeais.

La duchesse de Langeais
Trident
Jusqu'au 7 décembre

Troisième bloc - vers 18h 10
Crédit photo: Cath Langlois
Camille Proust et Olivier Oudart nous parlerons de Nikki ne mourra pas.

Nikki ne mourra pas
Premier acte
Jusqu'au 30 novembre

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lundi 11 novembre 2019

Fraternité artistique, théâtre horrifique et bonheur jeunesse!

Ce soir, une émission qui s'offre un large éventail de thématiques pour le plus grand bonheur de tous les amateurs de théâtre.

Par Robert Boisclair
Twitter: @Rob_Boisclair et @Enfantsparadis

Premier bloc - 17h 30
Image tirée du laboratoire de 2018
Claude Amar, instigatrice et coconceptrice sonore, occupera le siège de l'invité pour nous entretenir d'un spectacle drôle et touchant qui s'intéresse aux aidants naturels.

Nikki ne mourra pas
Premier acte
Du 12 au 30 novembre

Deuxième bloc - vers 17h 50 
Crédit photo: Maxim Paré Fortin
Olivier Oudart nous offrira son commentaire critique du spectacle horrifique Dévoré(s).

Dévoré(s)
Périscope
Jusqu'au 16 novembre

Troisième bloc - vers 18h 10
Les idées lumière
David Lefebvre nous offrira sa première chronique jeune public. Une belle occasion de faire un retour sur le dernier mois de production.

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lundi 4 novembre 2019

Un naïf sympathique et une table ronde

Une émission bilan qui s'offre en prime un spectacle avec un naïf sympathique.

Par Robert Boisclair
Twitter: @Rob_Boisclair et @Enfantsparadis

Premier bloc - 17h 30

Le comédien Rémi-Pierre Paquin (au centre de la photo de la pièce ci-haut) sera en conversation téléphonique pour nous parler d'un spectacle qui squattera les planches de la Salle Albert-Rousseau.

Le Schpountz
Salle Albert-Rousseau
17 novembre

Deuxième bloc et troisième bloc - vers 17h 50 et 18h 10

L'équipe sera en studio pour nous entretenir des spectacles marquants d'octobre et des spectacles à voir en novembre.


Bon théâtre et bonne danse!
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vendredi 1 novembre 2019

De la glorieuse fragilité: glorieux bonheur

Karine Ledoyen et sa joyeuse bande de danseurs proposent un doux moment de bonheur dansé. Un spectacle tout en finesse qui quittera les planches dès ce soir. Courez voir De la glorieuse fragilité vous en ressortirez heureux.

Une critique de Robert Boisclair
Twitter: @Rob_Boisclair et @Enfantsparadis
Crédit photo: David Cannon
Synopsis (tiré du site web de La Rotonde)
La fête a eu lieu, les danseurs portent leurs corps et la scène à blanc pour reprendre l’exercice. Portés par les témoignages et les confidences d’interprètes ayant quitté la pratique, quatre danseurs et une vidéaste s’affairent à honorer ce que les premiers ne font plus. De la glorieuse fragilité est une brillante réflexion et célébration de son médium, un deuil d’une tendresse inouïe.

Les interprètes, poussés dans leurs retranchements physiques et émotifs, font preuve d’une hyper vigilance à l’autre dans leur occupation de l’espace. Dans un plaisir palpable, ils s’acquittent avec brio de la grandeur de ce projet. Karine Ledoyen fait montre, une fois de plus, de l’intelligence et de la sensibilité de sa recherche chorégraphique.
Crédit photo: David Cannon
Glorieux bonheur
Si le spectacle s'affiche comme De la glorieuse fragilité, le spectateur quitte la salle le bonheur au coeur. Il y a de l'amour, beaucoup d'amour dans ce spectacle. L'amour de la danse. Le plaisir d'en parler avec beaucoup de plaisir, sans amertume au travers de témoignages qui viennent sublimer les pas dansés. Le plaisir de danser qui se sent, qui se vit sous nos yeux. Un spectacle qui transpire le bonheur d'un bout à l'autre.

Quelle sublime idée d'offrir des témoignages, des pas dansés et de la musique qui se superposent. Il y a quelque chose de magique. La danse prend un tout autre sens. Le spectateur a l'impression de passer de l'autre côté du miroir. De comprendre un peu mieux ce qui émeut ces danseurs d'autrefois. De comprendre ce qui nous touche dans un spectacle de danse. Karine Ledoyen et ses magnifiques comparses nous font aimer encore plus la danse. 

Il y a du plaisir dans ce spectacle. Dans le tableau jeu où les danseurs jouent à la tag dansée. Ils poussent le plaisir avec la salle en faisant des spectateurs des complices au jeu.

Il y a de la sensualité, même entre les danseurs masculins, alors que les corps s'entrelacent. Tout ça, et plus encore, se fait dans le plus grand bonheur. Dans la découverte de mouvements surprenants ou encore des chuchotements, superbes et drôles Ariane Voineau et Elinor Fueter dans un numéro dansé loufoque.
Crédit photo: David Cannon
Quel plaisir de retrouver Ariane Voineau, que j'aime d'amour, dansé bien sûr. Mais également quelle belle découverte que ces trois danseurs que je ne connaissais pas. Elinor Fueter, Jason Martin et Simon Renaud sont sublimes.

Ce quatuor, et Karine Ledoyen, offrent des pas dansés de toutes sortes et, ma foi, osés par moments. Ils ont eu l'intelligence de faire des chorégraphies dans le silence le plus total. On entend le souffle court, les pieds qui glissent, les battements de coeur des danseurs. Ces silences sont des moments qui nous permettent de vivre la danse avec les danseurs. Ils sont magnifiques.

Il faut souligner le travail de l'équipe technique, et particulièrement celui de la manipulatrice de la vidéo sur scène, Andrée-Anne Giguère, qui devient par moments, un cinquième interprète. Tout s'imbrique superbement sans faux pas.

De la glorieuse fragilité est un grand moment de tendresse, d'amour, d'amitié et de partage qu'il faut voir. Faites vite car ce soir est la dernière représentation. Souhaitons-nous le bonheur d'un retour à Québec bientôt!

Allez-y surtout si vous aimez: les chorégraphies innovantes, la danse qui emballe, les spectacles multidisciplinaires.

Jusqu'au 1er novembre à La Rotonde. Avec Elinor Fueter, Jason Martin, Simon Renaud et Ariane Voineau. Un texte de Pascale Renaud-Hébert. Une chorégraphie de Karine Ledoyen (en collaboration avec les interprètes).

Vous voulez en apprendre plus? Écoutez notre interview avec Karine Ledoyen au tout début de l'émission du 28 octobre.

Bon théâtre et bonne danse!
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jeudi 31 octobre 2019

Hope Town: volcan tranquille

La famille, que bien souvent l'on aime et que parfois l'on déteste, n'est peut-être pas toujours celle que l'on croit. Derrière une belle unité peut se cacher une zizanie latente ou un mal-être qui ne se dévoile pas. C'est ce qui se passe ici. Une histoire d'amour forcé parce que la famille doit être unie.

Une critique de Robert Boisclair
Twitter: @Rob_Boisclair et @Enfantsparadis
En répétition
Crédit photo: Nicola Frank-Vachon
Synopsis (tiré du site web du théâtre)
Lors d’un voyage en Gaspésie, Isabelle s’arrête à un Subway et y découvre son frère, qui était disparu depuis cinq ans… Pourquoi était-il parti sans donner aucune nouvelle? Que lui était-il arrivé? Pourquoi garder ses parents dans la plus grande des inquiétudes? Pourquoi ce secret?

Après le très émouvant Sauver des vies, Pascale Renaud-Hébert, auteure en résidence, revient avec son second texte. Avec un sens aigu du dialogue, elle nous tient en haleine tout au long de la pièce en mélangeant finement drame et humour, pour parler de famille, d’amour et de secrets. Cette fois-ci, elle pose une terrible question : a-t-on le droit de ne pas aimer sa famille?

De quoi, t’as pas de lien ? J’suis ta sœur, oui, on a un lien.
Extrait de la pièce
En répétitiion
Crédit photo: Nicola Frank-Vachon
Mensonges, mensonges
La famille, centre de nos vies, n'est peut-être pas celle que l'on croit ou que l'on voudrait qu'elle soit. Celle dépeinte dans Hope Town vit dans le mensonge. Tout le monde connait les véritables raisons qui unissent la famille. Certains ferment les yeux et prient pour que la famille reste unie, d'autres voudraient dire la vérité mais ne peuvent le faire pour ne pas briser la famille ou faire de la peine. La pression sociale est sans doute trop forte, car briser la famille ou être apatride de famille, ce n'est pas acceptable. Le mensonge est donc ce qui traverse la pièce de part en part.

La mère qui connait la vérité mais qui fait comme si elle n'existait pas. Le père qui voudrait savoir mais qui préfère se taire. La soeur qui tient à réunir la famille et qui pour cela est prête à ne jamais dire la vérité. E le frère qui lui a fait le geste de quitter la famille mais qui au moment critique de tout avouer se tait et joue le jeu de la famille heureuse.

Les airs de famille normale ne sont qu'une belle image. Celle qu'il faut donner. Tout au fond, tous sont malheureux. Ils ne forment une famille heureuse que de façade. Ils sont comme un volcan tranquille où la lave bout sous une surface calme. Le volcan pourrait exploser à tous moments et cracher sa lave. 

Pascale Renaud-Hébert a frappé juste. Elle a dépeint une famille comme il y en a tant. Elles sont parfois bien cachées mais elles sont là. Nous en croisons à chaque jour. À chaque heure de la journée. Qui ose le dire? Personne ou presque mais elles sont bien là. Hope Town c'est une sorte de gros malaise qui se dévoile. C'est réconfortant de voir une jeune auteure mettre au jour un questionnement aussi tabou.
En répétition
Crédit photo: Nicola Frank-Vachon
Le volcan tranquille dont je parlais tout à l'heure éclate tout de même à quelques occasions. Certains soubresauts sont forts émouvants. Je pense à cette scène où le père, touchant Jean-Sébastien Ouellette, éclate et demande à son fils, excellent Olivier Arteau tout en retenu, s'il est responsable de cette absence de cinq ans. Un des beaux moments de la pièce.

Les malaises de la famille sont bien suggérés par la mise en scène de Marie-Hélène Gendreau. La nourriture occupe une place importante dans la pièce. L'histoire débute dans un Subway où la bouffe est omniprésente mais où personne ne mange. Les émotions sortent, elles s'expriment. Il n'y a aucune raison de compenser en mangeant. Au domicile familial, le malaise est palpable alors les protagonistes mangent. Ils compensent en écrasant les émotions avec la nourriture.

Autre signe de malaises, les comédiens ne s'assoient presque jamais. Ils ont besoin de bouger. De se déplacer. Ils ne peuvent s'asseoir car l'émotion les étouffe. Le volcan pourrait éclater d'un instant à l'autre. Le mal-être traverse la pièce de part en part.

La scénographie toute simple et faite de parties de décor mobile permet des transformations rapides. Ce décor épurée dépeint également le faux-semblant qui habite la famille. Tout s'imbrique magnifiquement dans cette pièce.

Allez-y surtout si vous aimez: la belle plume de Pascale Renaud-Hébert, découvrir la famille d'un autre oeil, les mises en scène de Marie-Hélène Gendreau.

Jusqu'au 23 novembre à La Bordée. Avec Olivier Arteau, Nancy Bernier, Jean-Michel Déry, Jean-Sébastien Ouellette et Pascale-Renaud Hébert. Un texte de Pascale Renaud-Hébert. Une mise en scène de Marie-Hélène Gendreau.

Vous voulez en apprendre plus? Écoutez notre interview avec Pascale Renaud-Hébert au tout début de l'émission du 14 octobre.

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lundi 28 octobre 2019

Fragilité, bonheur à saveur scientifique et naissance

L'émission de ce soir s'offre en bonheur, en jujubes qui se sacrifient pour la science et en naissance aux airs de renaissance.

Par Robert Boisclair
Twitter: @Rob_Boisclair et @Enfantsparadis

Premier bloc - 17h 30
Crédit photo: David Cannon
La chorégraphe Karine Ledoyen sera en conversation téléphonique pour nous entretenir de sa plus récente création, un spectacle festif autour de la fragilité du métier de danseur.

De la glorieuse fragilité
La Rotonde
Du 30 octobre au 1er novembre

Deuxième bloc - vers 17h 50

Le comédien Jonathan Gagnon ainsi que la coconceptrice et co-idéatrice Marie-Hélène Lalande occuperont les sièges des invités pour nous faire découvrir un spectacle scientifique aux allures festives.

Les idées lumière
Gros Becs
Du 29 octobre au 13 novembre
En savoir plus

Troisième bloc - vers 18h 10
Crédit photo: David Mendoza Hélaine
Olivier Oudart sera en studio pour nous offrir son commentaire critique d'Amour Amour en représentation pour encore une semaine.


Amour Amour
Premier acte

Bon théâtre et bonne danse!
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jeudi 24 octobre 2019

Amour Amour: histoire de corps

Dans un univers aseptisé et dénué de codes, cinq nouveau-nés évoluent dans un monde qu'ils apprennent à connaître. Une écriture de plateau à la fois intéressante et déconcertante.

Une critique de Robert Boisclair
Twitter: @Rob_Boisclair et @Enfantsparadis
Crédit photo: David Mendoza Hélaine
Synopsis (tiré du dossier de présentation de la pièce)
Un groupe d’individus se réveille dans un lieu aseptisé après avoir perdu toutes traces du passé, tous souvenirs et toutes facultés de communication. Puis, une lumière colorée et une voix surgissent : « Il est maintenant possible de recommencer à zéro. Tout a été effacé avec succès. Il est temps de réapprendre à être bien avec soi, pour mieux vivre ensemble. »

La compagnie Kill ta peur s’intéresse ici, pour sa deuxième création, aux pulsions humaines; celles qui sont conditionnées par l’environnement et celles qui sont intrinsèques. Quelle place prend la partie instinctive, individuelle et « originale » qui perdure en nous, malgré le milieu dans lequel nous évoluons? Est-il possible pour des individus dénués de tous référents sociaux de s’organiser de manière organique? Sans intervention nécessitant une certaine forme de rigidité et de cruauté? Peut-on annihiler les mémoires corporelle et intellectuelle d’un humain? L’instinct demeure-t-il plus fort que les tentatives d’influence et de manipulation? Prend-il toute la place ?

Grâce à Amour Amour, le tout nouveau programme de Renaissance, les participants accéderont enfin à une forme de renouveau. Si tout se passe comme prévu, elles et ils deviendront la Femme et l’Homme de demain ; plus performants, plus spécialisés, plus harmonieux. À moins qu’il n’y ait révolte…
Crédit photo: David Mendoza Hélaine
Déconcertante (re)naissance
Si le questionnement de base, mieux comprendre les comportements sociaux et les codifications sociales qui nous conditionnent, la démarche est quelque peu déconcertante. Cette histoire de corps, le texte est peu présent voire inexistant pendant de longs moments, dure environ deux heures et, ma foi, est quelque peu longue. Il y aurait intérêt à resserrer le tout. Et à le rendre plus digestible.

En interview aux Enfants du paradis, Gabriel Cloutier Tremblay, l'auteur et metteur en scène, mentionnait qu'il ne renouvelait pas les questionnements sur le sujet. S'il invite le spectateur dans un univers aseptisé où tout est à découvrir et propose une naissance, ou renaissance on ne sait trop, l'auteur et metteur en scène aurait pu nous amener ailleurs visuellement ou narrativement puisque les interrogations ne sont pas nouvelles.  Or, ce n'est pas le cas. Le spectacle s'avère donc long. Notre intérêt s'émousse au fil du temps et on quitte la salle en restant sur son appétit.

Gabriel Cloutier Tremblay aurait sans doute eu intérêt à s'attacher à un metteur en scène. Cela lui aurait donné une autre vision, une inventivité différente. Amour Amour est un spectacle en mouvance qui gagnera à être peaufiné. 
Crédit photo: David Mendoza Hélaine
Histoire de corps
Puisqu'il n'y a pas ou peu de texte, l'écriture du spectacle passe par le plateau et donc par les corps. Cette écriture est fort intéressante et bien rendue. Elle passe par les expressions faciales et corporelles. Gabriel Cloutier Tremblay et Ariane Voineau ont réussi un beau travail à cet égard.

Les corps parlent. Ils sont l'élément déclencheur et les réponses aux questionnements que pose une voix robotisée. Ils explorent avec leur sens, nous font découvrir les objets de notre quotidien, qui apparaissent discrètement par on ne sait qui, dans des utilisations parfois inusitées mais qui toujours amènent un questionnement sur les codes qui gèrent notre quotidien sans que l'on ne s'en rende toujours compte. Manipulation et conditionnement sont amenés subtilement. Même si, parfois, l'effet désiré est trop subtil.

Un spectacle pour le curieux ou les adeptes du théâtre expérimental qui n'est pas dénué d'intérêt. Espérons une version 2.0 qui amènera plus de spectateurs à ce spectacle, car le questionnement de base est plus qu'intéressant.

Allez-y surtout si vous aimez: le théâtre de type expérimental, être déconcerté, les questionnements autour du conditionnement sociétal.

Jusqu'au 2 novembre à Premier acte. Avec Lé Aubin, Claude Breton-Potvin, Ariel Charest, Catherine Côté, Miguel Fontaine et Sarah Villeneuve-Desjardins. Un texte et une mise en scène de Gabriel Cloutier Tremblay.

Vous voulez en apprendre plus? Écoutez notre interview avec Gabriel Cloutier Tremblay et Ariane Voineau au tout début de l'émission du 21 octobre.

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lundi 21 octobre 2019

Peur, horreur et thriller

Tout un programme aux Enfants du paradis de ce soir. La peur intérieure, celle qui nous confine chez-soi, l'horreur et un bal électro au théâtre ainsi qu'un thriller policier d'Agatha Christie s'offrent en une heure tout en émotions!

Par Robert Boisclair
Twitter: @Rob_Boisclair et @Enfantsparadis

Premier bloc - 17h 30

L'auteur, metteur en scène et sécnographe Gabriel Cloutier Tremblay ainsi que la coconceptrice Ariane Voineau seront en studio pour nous dévoiler les secrets d'Amour Amour.

Amour Amour
Premier acte
Du 22 octobre au 2 novembre

Deuxième bloc - vers 17h 50

Jean-Denis Beaudoin auteur, comédien et directeur artistique de Dévoré(s), théâtre de l'horreur qui offrira en prime le soir de l'Halloween un bal masqué électo après la représentation théâtrale, nous entretiendra de ce spectacle.

Dévoré(s)
Périscope
Du 29 octobre au 16 novembre
En savoir plus

Troisième bloc - vers 18h 10

Le comédien et metteur en scène Dominic Paul-Hus sera en conversation téléphonique pour nous faire découvrir un thriller policier d'Agatha Christie qui tiendra l'affiche du Musée de la civilisation.

Un meurtre est annoncé
Musée de la civilisation
Du 23 au 26 octobre

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lundi 14 octobre 2019

Variété au menu

La variété des sujets sera au menu des Enfants du paradis ce soir dans une édition où les théâtres adulte et jeune public se côtoieront. 

Par Robert Boisclair
Twitter: @Rob_Boisclair et @Enfantsparadis

Premier bloc - 17h 30
En répétion
Crédit photo: Nicola-Frank Vachon
La metteuse en scène Marie-Hélène Gendreau ainsi que l'auteure qui est également comédienne Pascale Renaud-Hébert, seront en studio pour nous dévoiler les secrets de Hope Town.
Hope Town
La Bordée (Québec) et La Licorne (Montréal)
Du 29 octobre au 23 novembre (Québec) et du 25 février au 7 mars (Montréal)

Deuxième bloc - vers 17h 50
Crédit photo: Marie-Andrée Lemire
Camille Proust sera en studio pour nous offrir son commentaire critique de Je cherche une maison qui vous ressemble.

Je cherche une maison qui vous ressemble
Périscope
Jusqu'au 19 octobre
En savoir plus

Troisième bloc - vers 18h 10

La comédienne Pascale Pelletier Legros et la co-idéatrice et cometteuse en scène Audrey Marchand seront en studio pour nous faire découvrir cette toute nouvelle création jeune public.

Depuis la grève
Gros Becs
Du 16 au 20 octobre et du 8 au 10 mai

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mercredi 9 octobre 2019

Singeries: planète hybride

Les danseuses chorégraphes ainsi que l'équipe technique qui supporte les artistes, proposent une surprenante et agréable planète hybride. Un délectable moment en agréable compagnie.

Une critique de Robert Boisclair
Twitter: @Rob_Boisclair et @Enfantsparadis
Crédit photo: Svetla Atanasova
Synopsis (tiré du site web de La Rotonde)
Sur scène, deux amies se singent : elles s’imitent et se moquent l’une de l’autre dans une rencontre compulsivement renouvelée. Au centre d’une fresque vidéographique, leurs gestes se dédoublent, se livrent au grotesque et volent en éclats.

La technologie vient pirater les corps en scène : l’échantillonnage sonore, de même que des procédés de mapping et de glitching vidéo, accentuent les simulacres. Singeries est une performance à la fois désopilante et touchante qui amalgame librement la littérature, le cinéma, l’improvisation, la danse, le lipsync. Entourées de chevronnés collaborateurs, les interprètes et chorégraphes livrent une proposition inventive, foisonnante et soigneusement dirigée.


Singeries est le prolongement de notre amitié et notre amitié est ceci:
un rendez-vous ni réussi ni raté, mais sans cesse reconduit,
une rencontre ritournelle.
Nous sommes rivées l'une à l'autre parfois sans trop savoir pourquoi,
dans un dialogue incessant comme dans la lassitude à devoir dialoguer.
Nous prévoyons une reprise de cette pièce à tous les dix ans jusqu'à notre mort.
Priscilla Guy et Catherine Lavoie-Marcus

Planète hybride
Au centre d'un capharnaüm tout de blanc, Singeries proposent une chouette planète hybride. À la manière d'un film muet, les danseuses soufflent le chaud et le froid, offrent des moments tout en douceur et d'autres qui s'éclatent dans la folie. Chaque saynète, car c'est bien de cela qu'il s'agit, est totalement différente de la précédente. Est-ce de la danse? Sans doute pas complètement. Est-ce une installation vidéo? Sans doute un peu. Est-ce du théâtre? Probablement qu'il s'y pointe parfois. Singeries, c'est tout ça et plus encore. Ce n'est certainement pas un spectacle de danse au sens habituel du terme.

L'ordre et le désordre s'y côtoient du début à la fin. Rien n'est totalement ce qu'il semble être et les ruptures de tons sont nombreuses. Après une réception du public tout en douceur, les artistes explosent la scène dans une prestation vigoureuse et dynamique. Dans une même scène, il est même parfois difficile de savoir ce dont il s'agit. Dans la scène de lipsync par exemple, on se demande si c'est de cela qu'il s'agit ou si l'on ne nous offre pas plutôt du doublage ou une post-synchronisation. C'est tout ça dans un seul et même moment.

À la manière d'un film muet, Priscilla Guy et Catherine Lavoie-Marcus offrent une féerie remplie d'images fortes non pas au son d'une douce ou dynamique musique mais plutôt d'un envoûtant environnement sonore.
Crédit photo: Svetla Atanasova
Questionnements et intrigues
Singeries est construit à la manière d'un thriller ou d'un film noir. C'est onirique. Étrange. Intriguant. Et plein de questionnements. Rien n'est ce qu'il semble être véritablement. Un spectacle inventif et déstabilisant à la fois où des pistes sont ouvertes et, parfois, fermées, alors qu'à d'autres occasions elles demeurent ouvertes. Les questionnements ne sont pas tous répondus. Des intrigues sont proposées et laissées au bon vouloir de celui qui regarde. Il pourra en faire ce qu'il veut. Trouver sa propre réponse ou pas.

C'est un spectacle rempli de tellement d'éléments qui parfois se déroulent en même temps, on joue sur la fine ligne du cabotinage avec succès, que chaque représentation est totalement différente de celle de la veille. Un spectateur qui se présenterait deux soirs d'affilée ne verrait donc pas exactement la même représentation.

Singeries est un condensé de vie et un spectacle de sensations. Allez vivre l'émotion que proposent les deux artistes et vous risquez fort de ne pas le regretter.

Allez-y surtout si vous aimez: l'hybridation des genres, les spectacles qui surprennent, être agréablement déstabilisé, les divertissements à la fois touchant et drôle.

Jusqu'au 11 octobre à la Maison pour la danse dans le cadre de la saison de La Rotonde. Avec Priscilla Guy et Catherine Lavoie-Marcus. Une chorégraphie de Priscilla Guy et Catherine Lavoie-Marcus.

Vous voulez en apprendre plus? Écoutez notre interview avec Catherine Lavoie-Marcus au tout début de l'émission du 30 septembre.

Bon théâtre et bonne danse!
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lundi 7 octobre 2019

Deux icônes et une table ronde

Une émission bilan qui s'offre en prime un spectacle passion pour ce début de mois d'octobre.

Par Robert Boisclair
Twitter: @Rob_Boisclair et @Enfantsparadis

Premier bloc - 17h 30
Crédit photo: Marie-Andrée Lemire
L'auteure Marie-Christine Lê-Huu sera en studio pour nous parler d'un spectacle fait par des passionnés autour de la passion.

Je cherche une maison qui vous ressemble
Périscope
Du 8 au 19 octobre

Deuxième bloc et troisième bloc - vers 17h 50 et 18h 10

L'équipe sera en studio pour nous entretenir des spectacles marquants de septembre et des spectacles à voir en octobre.


Bon théâtre et bonne danse!
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