lundi 24 décembre 2018

Au salon avec... Érika Soucy

Cette semaine, découvrez notre première de deux interviews du type Au salon avec...

Par Robert Boisclair
Twitter: @Rob_Boisclair et @Enfantsparadis

Les Enfants du paradis ne font pas relâche pendant les fêtes avec deux longues interviews en mode Au salon avec les 24 et 31 décembre. Deux émissions entièrement consacrées à des artistes de l'ombre.

  
Au salon avec... Érika Soucy

Cette semaine, la poétesse, auteure et comédienne québecoise, Érika Soucy. Une heure pour mieux la connaître mais surtout pour en apprendre plus sur son travail d'auteur et de l'adaptation de son roman Les murailles au théâtre. Une heure en agréable compagnie, le 24 décembre à 17h 30.

L'émission sera disponible en baladodiffusion dès 18h 30 le 24 décembre sur le site de CKRL 89,1 ainsi que sur iTunes.

Bon théâtre et bonne danse!

lundi 17 décembre 2018

Des chômeurs-danseurs et un bilan dansé

Cette semaine, une édition où l'on fait le bilan de la saison dansée et où les chômeurs-danseurs de Lady's Night viennent fêter leur 100e représentation à Québec.

Par Robert Boisclair
Twitter: @Rob_Boisclair et @Enfantsparadis

Les Enfants du paradis ne feront pas relâche pendant les fêtes avec deux longues interviews en mode Au salon avec les 24 et 31 décembre. Manquez pas ça! En attendant, voici le menu de l'édition de cette semaine.

Premier et deuxième bloc - 17h 30 et 17h 50

Les Enfants du paradis profitent du passage dans leur studio de Steve Huot, directeur artistique de La Rotonde et grand manitou du Groupe Danse Partout, et de Valérie Lambert, directrice de la Maison pour la danse, pour faire un bilan dansé de l'année qui s'achève.

Troisième bloc - vers 18h 10

Les chômeurs-danseurs de Lady's Night s'offrent Québec pour leur centième représentation. Sylvie Boucher sera en conversation téléphonique pour nous en parler.

Lady's Night - Last Call!
Salle Albert-Rousseau
Les 17 et 18 décembre
En savoir plus

Bon théâtre et bonne danse!
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dimanche 16 décembre 2018

Les contes à passer le temps: pur bonheur!

Une huitième édition déjà. Toujours des contes. Mais cette année une nouveauté, les contes se parent de musique. Le temps s'arrête pendant presque trois heures qui passent trop vite. Du pur bonheur au coeur du quartier fondateur de Québec!

Une critique de Robert Boisclair
Twitter: @Rob_Boisclair et @Enfantsparadis


Synopsis (tiré du site web du théâtre)
Ils sont six à écrire ou à raconter Québec, des auteurs et des acteurs, des vieux et des jeunes, des gars et des filles, des timides et des téméraires. On leur a divisé Québec en cinq parts, comme un gâteau. Chacun d’eux a dévoré son quartier pour mieux le raconter. Ensemble, ils composent une fresque diversifiée et colorée, quelque chose qui, pour nous, ressemble à Québec. Mais Québec vue de l’intérieur, dans son quotidien, sa petite histoire, ses petites histoires.

De grandes histoires
Dans le synopsis, on parle de petites histoires. En fait, ce sont de grandes histoires issues de moments intimes ou rêvés du quotidien. De chaque histoire de résidents de Québec, il y a un potentiel d'une grande histoire, d'une belle histoire. Québec, la ville, est splendide, merveilleuse, mirifique. Ses citoyens également. Il y a du fantastique dans chacun des rêves, mésaventures, désirs ou espoirs de ses résidents. C'est le magnifique cadeau qu'offre à chaque année Les contes à passer le temps. 

Cette fois-ci, Maxime Robin et son extraordinaire bande d'auteurs et de comédiens se sont surpassés. C'est la plus belle des éditions. Et je les ai toutes vues, sauf celle de l'année dernière qui proposait les meilleurs moments des six premiers opus. Que du bonheur!

Beaucoup de rires. Et de l'émotion en chute de chacun des contes. Le merveilleux du quotidien qui éclate dans une mer de sensations vives. Il y a, sans doute, un peu de Fred Pellerin là-dessous, puisque certains contes ont été rédigés à l'occasion d'une résidence à Saint-Élie-de-Caxton. Mais pas seulement, car il y a du talent à la pelle dans cette production.
 
La ville se raconte
La ville se raconte au coeur de ses racines profondes: Saint-Sauveur, Saint-Roch, Limoilou, Montcalm, Saint-Jean-Baptiste et le Vieux-Québec. C'est d'ailleurs le conte du Vieux-Québec, racontée de magistrale façon par Jacques Leblanc, qui ouvre le bal. Maxime Robin et Sophie Thibeault où Scrooge alias Van Horne verra des fantômes le hanter... à moins que ce ne soit qu'un songe, en sont les auteurs.

Cette histoire qui enrobe les cinq autres en ouverture et en déliement du spectacle envoûte. Un Jacques Leblanc au sommet de son art nous transporte dans l'univers fascinant du Château Frontenac. Vous ne verrez plus le Château et Samuel de Champlain de la même façon. Il fallait voir aussi le reste de la distribution observer, admirer même je crois, la prestation de Jacques Leblanc. Magnifique à tous points de vue.

Les contes à passer le temps profite de l'occasion pour déboulonner quelques mythes. Outre la découverte d'un Champlain disons un peu particulier, la Nativité s'offre des airs de Kool and the gang et de Madonna, le Père Noël utilise un langage pas très catholique et les courtiers d'assurances ne sont pas ceux que l'on croit.

Une édition chantée qui séduit
Grande innovation cette année, l'ajout de chants de Noël et de grands et petits succès musicaux. Les voix magnifiques de Valérie Laroche et de Sarah Villeneuve-Desjardins sont accompagnés de celles des autres comédiens. Un sextuor qui s'éxécute à merveille à chacun des contes.

Il faut souligner la splendide interprétation du grand succès de Martine St-Clair, Ce soir l'amour est dans tes yeux, par Valérie Laroche. Une interprétation tout en douceur. Un moment d'une très grande tendresse. Les couples dans la salle se rapprochent. Les larmes montent aux yeux.

Si vous suivez le lien de notre interview avec Maxime Robin et la quasi-distribution ci-bas, vous découvrirez le chant d'ouverture et de fermeture du spectacle. Ver d'oreille garanti!

Une superbe distribution
De Jacques Leblanc à Sarah Villeneuve-Desjardins en passant par Marc-Antoine Marceau, la distribution brille de mille feux!. Outre la superbe performance de Jacques Leblanc, Israël Gamache, immensément drôle en courtier d'assurances, Valérie Laroche, exaltée en Québécoise pure laine pas raciste, et Linda Laplante, sublime organisatrice en chef d'une comédie musicale chrétienne où le héros principal n'est peut-être pas celui que l'on pense, se démarquent particulièrement. Sarah Villeneuve-Desjardins, en globe-trotteuse qui fait du surplace, et Marc-Antoine Marceau, en amoureux transi, offrent également de belles performances.

Brillamment dialogué et joué, ce spectacle de près de trois heures, une des plus longues éditions des Contes à passer le temps, passe trop vite. Le bonheur est total et le spectateur aimerait que l'expérience se poursuive. Courez vous faire conter Québec dans le décor enchanteur du Petit-Champlain, vous ne le regretterez pas.

Allez-y surtout si vous aimez: les moments magiques, rires de bon coeur, être touché, Québec.

À Premier acte jusqu'au 30 décembre. Avec Israël Gamache, Linda Laplante, Valérie Laroche, Jacques Leblanc, Marc-Antoine Marceau et Sarah Villeneuve-Desjardins. Des textes de Joëlle Bond, Jean-Michel Girouard, Sophie Grenier-Héroux, Isabelle Hubert, Marc-Antoine Marceau, Maxime Robin et Sophie Thibeault. Une mise en scène de Maxime Robin.

Vous voulez en savoir plus sur le spectacle? Écoutez notre interview avec Maxime Robin et la quasi-distribution ici (au tout début de l'émission du 10 décembre).

Bon théâtre et bonne danse!
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vendredi 14 décembre 2018

Beu-Bye 2018: esprit festif!

Le Théâtre du temps qui s'arrête propose, pour une cinquième année, sa revue des événements marquants de l'année entièrement produite à Québec. Venez découvrir cette tradition du temps des fêtes.

Une critique de Robert Boisclair
Twitter: @Rob_Boisclair et @Enfantsparadis


Synopsis (tiré du site web du théâtre)
Pour cette édition anniversaire, qui souligne les 5 ans du Beu-Bye, toute l’équipe s’est réunie pour vous présenter une revue de l’année haute en couleur et drôle à souhait. À travers des sketchs déjantés, des numéros chantés et des chorégraphies endiablées, venez dire Beu-Bye à 2018 de la meilleure façon qui soit. La traditionnelle revue de l’année de Québec, c’est à La Bordée que ça se passe!

Théâtre musical
Le spectacle, scindé en deux parties, est inégal. Certains sketches frappent forts, celui de la CAQ avec son savoureux I will CAQ you sur les airs du succès I will rock you entre autres, alors que d'autres se terminent abruptement ou encore se dénouent avec un punch qui tombe à plat. La première partie se termine sur un superbe hommage chanté aux disparus de l'année. L'ajout de surtitres aiderait grandement à les reconnaître.

Au personnage fétiche de Régis Labeaume et au retour de Justin Trudeau, en voyage en Inde, s'ajoutent cette année les Catherine Dorion, qui tombe la tuque, Sol Zanetti, Manon Massé, Gilles Lehouiller, Hubert Lenoir, accompagné de son célèbre trophée et Jean-François Gosselin, pour ne nommer que ceux-là.

Les numéros chantés sont ceux qui séduisent le plus malgré un niveau de décibels trop élevé de la musique qui enterre à plusieurs reprises les répliques des comédiens. L'ajout d'un mini-orchestre en surplomb de la scène est une excellente idée. Les intermèdes musicaux permettant des changements de décor et de costumes sans que cela affecte le rythme et l'esprit festif.
 
Une distribution solide
Une solide distribution qui ne bénéficie pas toujours de forts textes. Il y manque ce petit je-ne-sais-quoi pour faire d'idées souvent brillantes, des sketches qui punchent à tous coups.  Malgré ces petits pépins dans le texte, l'énergie est au rendez-vous et les comédiens se donnent à fond. L'ambiance est festive et la fête bat son plein tout au long du spectacle.

Joëlle Bourdon et Monika Pilon se démarquent. Cette dernière, savoureuse Céline Dion en pré-ouverture du spectacle, est formidable. Joëlle Bourdon, femme à la voix magnifique, et Monika Pilon, véritable virtuose du son, offrent de superbes interprétations chantées. On en redemande, encore et encore!

Malgré quelques inégalités le spectacle vaut le déplacement. Une belle occasion de se dérider un peu et de faire le deuil d'une année mouvementée et surprenante.

Allez-y surtout si vous aimez: le théâtre musical, les revues de l'année décapantes, les chorégraphies endiablées.

À La Bordée jusqu'au 29 décembre. Avec Joëlle Bourdon, Jean-Philippe Côté, Philippe Durocher, Nicolas Létourneau, Monika Pilon et Nicola-Frank Vachon. Une script-édition et une mise en scène de Lucien Ratio.

Vous voulez en savoir plus sur le spectacle? Écoutez notre interview avec Philippe Durocher et Nicolas Létourneau ici (vers la quarantième minute de l'émission du 3 décembre).

Bon théâtre et bonne danse!

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mardi 11 décembre 2018

Lauréat des Prix de la critique (section Québec) - Saison 17-18

L'association québécoise des critiques de théâtre (AQCT) vient tout juste de remettre devant public, lors d'un 5 à 8 à la Maison de la littérature, ses Prix de la critique pour la saison 17-18 à Québec. Voici la liste des lauréats.
 
Un billet de Robert Boisclair (largement inspiré du communiqué)
 
L'orchestre d'hommes-orchestres, Prix spécial Québec pour son travail exceptionnel.
Dans la catégorie « Meilleur spectacle jeunesse »
L’HÔPITAL DES POUPÉES, texte Isabelle Hubert; mise en scène Jean-Philippe Joubert; une production Nuages en pantalon.

Pièce sur la quête de sens, sur la maturité, sur l’art du raisonnement et de la critique, sur l’ouverture vers l’autre et la force de grandir, L’Hôpital des poupées de la compagnie Nuages en pantalon a su poser de grandes questions tout en dépeignant avec ludisme ce qui se passe dans la tête et dans la vie d’une enfant. Une jeune fille qui, après avoir malencontreusement brisé sa poupée, s’interroge sur la vérité et la provenance des idées. À l’écriture, le trio composé de Claudia Gendreau, Jean-Philippe Joubert et Isabelle Hubert a su faire sien les propos du roman philosophique du même titre de l’autrice américaine Ann Margaret Sharp. Audacieuse, pertinente, la pièce se veut sereine, lumineuse, imaginative et fantaisiste, et ce, grâce au décor fragmenté et coloré conçu par Alain Gagné, à la musique de Nicolas Jobin et au superbe jeu de Mélissa Merlo et Nicolas Drolet.
Les autres finalistes étaient :
LES MATINÉES BERÇANTES, idéation Josiane Bernier, Audrey Marchand et Laurence P Lafaille; écriture scénique Josiane Bernier et Audrey Marchand; une production Les Incomplètes;
RIPOPÉE, idée originale, direction artistique et mise en scène Christine Rossignol; une production L’Aubergine.

Dans la catégorie « Hors Québec »
COLD BLOOD, une production associée Théâtre de Namur; coproduction Charleroi Danses, la Fondation Mons 2015, KVS, Les Théâtres de la Ville de Luxembourg, le Printemps des comédiens, Torino Danza, Canadian Stage Toronto, Théâtre de Carouge, Théâtre des Célestins, présenté au Carrefour de théâtre de Québec.


Ce spectacle fabuleux aspire le public dans l’univers magique du cinéma. Virtuoses de la scène, les comédiens-manipulateurs mettent en branle une machinerie en miniature, dévoilant trucs et astuces cinématographiques que des caméras captent et projettent sur grand écran. Ainsi, le spectateur assiste à la première d’un film et voit simultanément les dessous de la production. Remarquable jeu de perception, précision de la mise en scène, attendrissante complicité entre les acteurs et le dispositif, angles de vue entrelacés, Cold Blood, sur fond musical de grands succès, nous rend complice de la fabrication du rêve.

Les autres finalistes étaient :
LA NUIT DES TAUPES, une coproduction Nanterre-Amandiers, centre dramatique national, steirischer herbst, Kunstenfestivaldesarts, Théâtre Vidy – Lausanne, La filature – Scène nationale, Künstlerhaus Mousonturm, Théâtre national de Bordeaux Aquitaine, Kaaïtheater, Centre d’art Le Parvis, présenté au Carrefour international de théâtre de Québec;
OBLIVION, une coproduction CAMPO, HAU, Göteborgs Dans & Teater Festival, Noorderzon et Kunstenfestivaldesarts, présentée au Carrefour international de théâtre de Québec.
Dans la catégorie « Meilleure mise en scène » 
ALEXANDRE FECTEAU pour Amadeus; une production du Trident.

En continuité avec son travail antérieur, Alexandre Fecteau a cherché à rapprocher le drame viennois de notre époque et de son public afin, comme il l’affirme, de « soulever de nouvelles questions » : voltige réussie entre tradition et modernité. Au-delà de la rivalité entre Mozart et Salieri et de la soif de rédemption de chacun, le spectateur saisit les pans de vie à l’origine de la composition des œuvres musicales majeures de Mozart ainsi que le destin cruel de tous les artistes.

Les autres finalistes étaient :
MARIE-JOSÉE BASTIEN pour Closer – Tout contre toi; une production du Théâtre Niveau Parking;
MARIE-JOSÉE BASTIEN pour Incendies; une production du Trident;
L’ORCHESTRE D’HOMMES-ORCHESTRES pour Tomates; une production L’orchestre d’hommes-orchestres.

Dans la catégorie « Meilleur texte original »
P.O.R.N. PORTRAIT OF RESTLESS NARCISSISM, de Christian Lapointe et Nadia Ross, une coproduction Carte Blanche et STO Union.
Le texte de Lapointe et Ross porte sur l’obsession des désirs que même le monde virtuel ne peut assouvir. Cette plongée dans le deep Web nous entraîne dans les abysses les plus sombres d’une humanité en quête de bonheur. Le jeu du désir et des promesses non tenues devient une tragédie où les humains s’abîment dans une solitude infinie. Ce texte percutant construit à partir des codes du Web et d’une syntaxe elliptique souligne l’impossible communication, tous les mots dépossédés de leur sens.
Les autres finalistes étaient :
HYPO, texte de Nicola-Frank Vachon; mise en scène Maryse Lapierre; une production Les Hébertistes;
MADE IN BEAUTIFUL (LA BELLE PROVINCE), un texte d’Olivier Arteau ainsi que d’Ariel Charest, David Bouchard, Frédérique Bradet, Gabriel Cloutier Tremblay, Jonathan Gagnon, Léa Aubin, Lucie M. Constantineau, Marc-Antoine Marceau, Marie-Josée Bastien, Nathalie Séguin et Vincent Roy; mise en scène Olivier Arteau; une production du Théâtre Kata.
Dans la catégorie « Meilleure scénographie »
KEVEN DUBOIS ET MARIANNE LEBEL pour Hypo; une production Les Hébertistes.

Keven Dubois, Marianne Lebel et l’équipe de conception d’Hypo ont réussi avec ingéniosité et beaucoup de réalisme à recréer, dans la petite salle de Premier Acte, les paysages lunaires de l’Islande : des volcans, des geysers, des falaises, un orage, des vagues géantes et des ciels immenses. Les éclairages, les projections vidéo, les prises de vue en direct et les effets sonores faisant parfois vibrer les sièges donnait au public l’impression d’être dans ce « grand dehors ».
Les autres finalistes étaient :
MARIE-RENÉE BOURGET HARVEY pour Incendies, une production du Trident; 
MICHEL GAUTHIER pour Amadeus, une production du Trident;
L’ORCHESTRE D’HOMMES-ORCHESTRES, pour Tomates, une production de L’orchestre d’hommes-orchestres.

Dans la catégorie « Interprétation masculine »
JACQUES LEBLANC dans Amadeus, du Trident.


Avec le Salieri d’Amadeus, Jacques Leblanc s’est vu offrir un rôle qui a permis de mesurer l’ampleur de son talent. Séduisant dans ses interactions avec le public et capable de meubler seul une scène pourtant vaste, il nous a aspiré avec une aisance remarquable dans son récit. Déployant une vaste gamme d’émotions, du ressentiment profond à l’admiration sincère, toujours avec la même profondeur, le comédien s’est hissé à la hauteur du personnage de Peter Shaffer. Il a su en tirer une ambivalence profondément humaine, livrant une interprétation mémorable, et un Salieri imposant.
Les autres finalistes étaient :
JONATHAN GAGNON dans Extras et ordinaires, du Théâtre de passage;
PIERRE-OLIVIER GRONDIN dans Amadeus, du Trident.
Dans la catégorie « Interprétation féminine »
ARIANE BELLAVANCE-FAFARD, dans Une bête sur la lune; une production La Bordée.

De Seta, cette victime du génocide arménien d’Une bête sur la lune, Ariane Bellavance-Fafard livre un portrait en nuances, lequel oscille entre gratitude et réticence, fragilité et indocilité. La justesse de son interprétation suggère sans les imposer les souffrances liées au déracinement, et son jeu modulé avec les années qui passent restitue le patient murissement de son personnage, de la jeunesse à l’âge adulte. Au personnage de Richard Kalinoski, la comédienne a su insuffler une lumière vive, et une indéniable soif de liberté.
Les autres finalistes étaient :
FRÉDÉRIQUE BRADET, dans Lucky Lady; une production La Bordée;
MARIE-HÉLÈNE LALANDE, dans Titus; une production Les Écornifleuses;
JOANIE LEHOUX, dans Titus; une production Les Écornifleuses.
Dans la catégorie « Meilleur spectacle »
AMADEUS, mise en scène Alexandre Fecteau; texte Peter Shaffer; traduction Pol Quentin; direction musicale Anne-Marie Bernard; une production du Trident.
Le Théâtre du Trident a offert au public de Québec une production grandiose, un spectacle total intégrant d’une manière remarquable le théâtre, la danse, la musique et le chant. L’inventivité des différents créateurs (Michel Gauthier à la conception scénique, Anne-Marie Bernard à la direction musicale, Jean-François Labbé aux éclairages, Kate Lecours aux costumes) a permis de servir à merveille la vision d’Alexandre Fecteau et de proposer au public une expérience théâtrale à la fois divertissante et riche de réflexions.
Les autres finalistes étaient :
HÔTEL-DIEU, une production Nous sommes ici;
INCENDIES, une production du Trident;
TOMATES, une production de L’orchestre d’hommes orchestres.
 
Prix spécial
Un Prix spécial a également été remis cette année à L’ORCHESTRE D’HOMMES-ORCHESTRES pour son travail soutenu et exceptionnel depuis sa création en 2002.

Ce collectif à configuration variable ne cesse de patenter les formes inouïes d’un spectacle total, sorte d’opéra baroque en forme de dérèglement du rationnel. Chaque production de L’orchestre d’hommes-orchestres devient un événement, une expérience sensorielle et cérébrale qui échappe aux conventions usuelles des arts de la scène. [...] Entre musique, théâtre, structure polymorphe et multidisciplinaire, mixité des langages et interaction avec le public, L’orchestre d’hommes-orchestres construit avec humour et cynisme une nouvelle narrativité en miroir critique de la société actuelle.

Les Prix de la critique remis par l’AQCT
Les Prix de la critique sont remis annuellement depuis 1985 par l’intermédiaire d’un vote des membres de l’Association québécoise des critiques de théâtre suivi d’une discussion. L’AQCT compte une trentaine de membres œuvrant dans une dizaine de médias à Montréal et à Québec.

Bon théâtre et bonne danse!

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lundi 10 décembre 2018

Contes, vitrine artistique et électroménagers... tout ça dans un seul programme!

Éclectique et éclaté seront Les Enfants du paradis ce soir avec une programmation qui vous en fera voir de toutes les couleurs!

Par Robert Boisclair
Twitter: @Rob_Boisclair et @Enfantsparadis

Premier bloc - 17h 30

La quasi-distribution des Contes à passer le temps nouvelle mouture sera dans notre studio pour nous en dévoiler les secrets. Venez écouter Maxime Robin, Linda Laplante, Sarah Villeneuve-Desjardins, Valérie Laroche, Marc-Antoine Marceau et Israël Gamache, une rencontre qui promet!

Les contes à passer le temps
Premier acte hors les murs (Maison Chevalier)
Du 14 au 30 décembre
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Deuxième bloc - vers 17h 50

Julie-Anne Richard, la directrice générale de Rideau sera en conversation téléphonique pour nous parler de l'événement et de ses volets théâtre grand public, danse et théâtre jeune public.

Rideau
Partout en ville
Du 17 au 21 février 2019

Troisième bloc - vers 18h 10

Carol Cassistat, metteur en scène de la pièce Élektro qui tiendra l'affiche au cours de l'été prochain à LaScène Lebourgneuf sera en studio pour nous en parler.

Élektro
La Fenière, compagnie théâtrale à LaScène Lebourgneuf
Du 25 juillet au 24 août 2019
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lundi 3 décembre 2018

Revue de l'année, textes inédits et commentaire critique

Ce soir l'humour sera à l'honneur avec deux spectacles qui font rire et un événement passablement déjanté. Venez nous écoutez pour en savoir plus. Dès 17h 30 à l'antenne de CKRL 89,1.

Par Robert Boisclair
Twitter: @Rob_Boisclair et @Enfantsparadis

Premier bloc - 17h 30

Marianne Marceau, la directrice artistique du Jamais lu Québec, sera dans notre studio pour nous dévoiler les secrets de l'édition 2018.

Jamais lu Québec
Périscope
Du 6 au 8 décembre
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Deuxième bloc - vers 17h 50

Camille Proust nous offrira son commentaire critique d'une comédie dramatique qui détruit des arguments fallacieux sur la laïcité et la religion.

Comment je suis devenu musulman
La Bordée
Jusqu'au 8 décembre

Troisième bloc - vers 18h 10

Philippe Durocher, comédien et coauteur, et Nicolas Létourneau, comédien, nous donneront les détails de l'édition 2018 qui souffle cinq bougies. Une comédie incontournable du temps des fêtes à Québec.

Beu-bye 2018
La Bordée
Du  14 au 29 décembre
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jeudi 29 novembre 2018

Solo 70: la trace du temps

Solo 70, c'est le dernier tour de piste dansé de Paul-André Fortier. Un faux solo en forme de clash des générations et d'ode au corps vieillissant.

Une critique de Robert Boisclair
Twitter: @Rob_Boisclair et @Enfantsparadis

Crédit photo: Sandrick Mathurin
Synopsis (tiré du site web du théâtre)
Parce que le monde change. Et pour répondre, il faut parler, bouger, chanter, se débattre, suer. Danser, évidemment. Encore danser. Toujours déjà. Comme si c’était la première fois. Comme si c’était la dernière fois.

40 ans de carrière plus tard, Paul-André Fortier s’offre, pour ses 70 ans, un faux solo. Entouré de talentueux collaborateurs (Étienne Lepage, Étienne Pilon, Jackie Gallant, Marc Séguin), Fortier propose une sérieuse leçon d’audace.

Dans un carré délimité, l’interprète parcourt - presque en glissant - la surface blanche contrastée de son corps vêtu de noir, traçant des lignes de force. Dans une esthétique formelle où la sobriété règne, comédien et musicienne se livrent à une mise en danger ludique. Le septuagénaire accepte volontiers l’inconfortable posture. Danse. Persiste. Ni adieu ni rétrospective, Solo 70 s’impose comme une synthèse de son travail par autant de révolutions que de minutie. C’est un corps souverain, élevé, que Fortier donne à voir.

Voici un homme qui a dansé, et qui danse toujours.
Un corps qui a vécu et qui persiste, une esthétique formelle,
une aura presque mythologique,
une expérience qu’on ne saurait lui enlever sans lui arracher la peau.
Étienne Lepage au sujet de Paul-André Fortier, extrait tiré de Danse-Gros plan

Solitaire mais pas totalement
Dans un carré blanc bien délimité, le danseur parcourt minutieusement l'espace. Le pas est méthodique. Glissant et clapotant à quelques occasions. Traçant des motifs dans son carré. C'est le silence sur scène et dans la salle. Musicienne et comédien en retrait se taisent. Les épaules du danseur, toujours solitaire dans son carré, s'agitent. Gracieuses. Comédien et musicienne entrent dans la danse. Lui en slammant. Elle en interprétant un rock de plus en plus puissant. Le danseur solitaire n'est plus seul. Le solo n'est plus un solo mais un trio. En forme de clash des générations. Le pas du danseur est doux, le slam du comédien est vif, le rock de la musicienne est vigoureux et musclé.

Crédit photo: Xavier Curnillon
Contraste d'univers. Clash de générations. Surtout une forme d'ode au corps. Ce corps vieillissant aux gestes bien sages, calculés, mesurés, s'opposent à des corps qui ne demandent qu'à bouger. Corps jeunes. Athlétiques. Dans le mouvement. En bout de course, le corps vieillissant est plus endurant. Il s'impose malgré les soubresauts des jeunes corps qui le bousculent. Il est imperturbable. Au final, il est toujours seul en scène. Le comédien et la musicienne ayant battus en retraite et quitter la scène. Le danseur continue à tracer des motifs dans son carré. Il finira par quitter. Doucement.

Tout ça donne l'impression d'une performance plutôt sage. Pas vraiment. Le comédien prononce des mots terribles, le danseur montre ses fesses et son corps vieillissant, la musicienne intervient bruyamment pendant la marche solitaire du danseur. Le danseur réquisitionne la guitare de la musicienne, vole les micros et les bouteilles d'eau. Le trio n'est pas sage du tout.  

Une belle complicité
Si le trio offre une belle complicité, le tout semble passablement dissocié. Peu de cohérence entre les éléments et entre les deux parties du spectacle. La première partie en mode grande solitude s'étire un peu trop. C'est quelque peu répétitif. Le lien avec la deuxième partie, plus tonitruante, est ténu.

Seul liant, ce fameux clash des générations et cette ode au corps. En forme de mise à nu. Le danseur, tout de noir vêtu au début, se déshabille progressivement. Pas complètement. Jusqu'au raz des fesses. Il y a tout de même dans cette mise à nu et ce clash, une forme de victoire du corps vieillissant sur le jeune corps. Il est roublard ce Fortier. En livrant ainsi son corps vieillissant qui triomphe de jeunes corps, il offre une certaine promesse d'un corps éternellement jeune.

Crédit photo: Sandrick Mathurin
Allez-y surtout si vous aimez: les spectacles audacieux, voir une dernière fois Paul-André Fortier danser, des corps atypiques en danse, les rencontres de générations.

À La Rotonde pour un dernier soir (30 novembre). Avec Paul-André Fortier, Étienne Pilon et Jackie Gallant. Un texte d'Étienne Lepage. Une mise en scène de Paul-André Fortier et Étienne Lepage. Une chorégraphie de Paul-André Fortier.

Vous voulez en savoir plus sur le spectacle? Écoutez notre interview avec Paul-André Fortier ici (au tout début de l'émission du 26 novembre.

Bon théâtre et bonne danse!

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mercredi 28 novembre 2018

Comment je suis devenu musulman: joyeuse culture

Une mise en scène alerte et énergique, des clichés qui se font déconstruire et une tonne de rires font de Comment je suis devenu musulman un spectacle dont on ressort le coeur léger. Du théâtre bonbon, véritable baume sur nos plaies encore béantes lorsqu'il est question de laïcité. Du feel-good théâtre, désolé pour l'anglicisme, comme dirait Manuel Tadros.

Une critique de Robert Boisclair
Twitter: @Rob_Boisclair et @Enfantsparadis

Crédit photo: Patrick Lamarche
Synopsis (tiré du site web du théâtre)
C’est l’histoire d’un mariage des cultures, dans tous les sens du terme. Jean-François et Mariam attendent un bébé. Ils sont tous les deux Québécois. Lui, catholique non pratiquant et athée. Elle, musulmane non pratiquante, d’origine marocaine. Apprenant cette nouvelle, les parents de la jeune femme désirent que les amoureux se marient sur-le-champ. Le jeune homme acceptera-t-il de se convertir à l’islam? De renier le fait qu’il ne croit en rien? Lui qui vient d’apprendre que les jours de sa mère sont comptés.
Adam
Hey, je m’en fous tellement. Ça serait plus simple pour tout le monde, non?
‘Ga si vous êtes contents, m’a porter des babouches pis dire Allah
une fois de temps en temps, anyway, ça va rien changer à ma vie.

Jean-Pierre 
Quand est-ce qu’on parle de d’ça, de nos religions?
Quand est-ce qu’on voit du monde prier ou pas prier?
Jamais. Je sais même pas en quoi vous croyez
pis on se connaît depuis un méchant boutte. 
Extrait de Comment je suis devenu musulman

Joyeuse culture
Simon Boudreault propose une charmante et agréable rencontre culturelle et religieuse. La culture est joyeuse et ne se prend pas au sérieux. La religion surtout. Les clichés sont passés à la varlopeuse. Les religions en prennent pour leur rhume d'une drôlissime manière. Le ton badin n'enlève rien au sérieux de la chose. Au final, chacun fait des concessions et l'on constate, qu'au fond, nous sommes tous pareils. Les différences ne sont qu'apparences. L'islam et le catholicisme, c'est blanc bonnet, bonnet blanc. À moins que ce soit bonnet blanc, blanc bonnet!


Si la religion occupe une grande place, les valeurs culturelles s'y glissent abondamment. Chaque culture a ses éléments forts mais au bout du compte, c'est l'esprit de fête qui l'emporte. Et la fête est bien présente. Les courtes scènes s'enchaînent rapidement avec des changements instantanés et à vue du décor. De temps morts, il n'y a point. Tout roule dans une joyeuse calvacade. Le rythme est enlevé grâce à une mise en scène qui navigue habilement entre le burlesque et la comédie de situation.

Humour grinçant
La bonne humeur et la bonhommie, un peu légère occasionnellement, pullulent. Les scènes les plus drôles sont certainement celles du Frère André express et du Quiz religieux. Parions que vous ne trouverez pas toutes les bonnes réponses à ce moment drôle et un peu déprimant au jeu des comparaisons des religions.

Le spectacle d'un humour grinçant permet d'aborder les sujets les plus virulents sans attiser la colère des uns ou des autres. Au contraire, l'esprit bon enfant et festif permet de désamorcer les bombes et met de l'avant la franche et honnête discussion. Les idées reçues sont déconstruites et les clichés s'envolent en fumée. La futilité des arguments est mise à nu.

 
D'origines diverses
L'excellente équipe d'acteurs provenant de différentes communautés, dont l'éclatante découverte qu'est Sounia Balha, relève avec brio le pari de la comédie sur un sujet aussi polarisé. Outre Sounia Balha, Benoit Drouin-Germain est également une belle révélation. Les deux forment un magnifique et sympathique couple.

Non seulement les acteurs sont-ils d'origines diverses mais le public également. Il était agréable de voir un public toutes couleurs unies. Une rencontre des cultures et des religions à la fois sur la scène et dans la salle. L'image du Québec d'aujourd'hui, un Québec pluriel réuni pour rire ensemble. Les différences s'effacent. L'unicité sort de l'ombre. Un moment de pur grâce. Merci Simon Boudreault!


Allez-y surtout si vous aimez: le mariage des cultures, voir les clichés se faire déconstruire, les mises en scène énergique, l'autodérision, les apartés au théâtre.

À La Bordée jusqu'au 8 décembre. Avec Sounia Balha, Nabila Ben Youssef, Benoît Drouin-Germain, Michel Laperrière, Marie Michaud et Manuel Tadros. Un texte et une mise en scène de Simon Boudreault.

Vous voulez en savoir plus sur le spectacle? Écoutez notre interview avec Simon Boudreault ici (vers la vingtième minute de l'émission du 19 novembre).

Bon théâtre et bonne danse!

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