samedi 11 août 2018

Samedi des programmations: Périscope

Dès le 11 septembre, la programmation 18-19 s'élancera avec douze productions ainsi que le Festival du Jamais Lu Québec. Ils prendront d’assaut les espaces revalorisés du Périscope pour y faire vivre toute l’audace, l’expérimentation et la liberté du théâtre de création d’ici et d’ailleurs.

Un billet de Robert Boisclair (inspiré et tiré du communiqué de presse et du site du théâtre)

Crédit photo: Nicola-Frank Vachon
Après la découverte d’un problème structural qui aura prolongé les travaux de près de 9 mois,
nous sommes fin prêts à recevoir artisans et spectateurs en nos murs rénovés.
En plus du changement du parement extérieur, de l'aménagement du stationnement,
des travaux d'isolation, d'insonorisation et de mise aux normes, tous les espaces ont été améliorés.
Notre année [nomade] 2017-2018 n'a pas manqué de nous mettre au défi,
mais nous aura aussi confirmé l'attachement des spectateurs envers le Périscope.
C'est donc avec beaucoup d'enthousiasme et de fierté
que nous annonçons la réouverture officielle du Périscope.
Marie-Ève Dumont, directrice générale
Mari-Hélène Gendreau, coordonnatrice artistique
à l'occasion du lancement de saison en juin dernier

CHAPITRES DE LA CHUTE - SAGA DES LEHMAN BROTHERS
Du 11 au 29 septembre 2018
Portrait-Robot

Après le succès de Vertiges (2010), Olivier Lépine investit le Périscope avec une nouvelle proposition ambitieuse : Chapitres de la chute – Saga des Lehman Brothers, œuvre colossale de Stefano Massini. 

Dans cette pièce-fleuve en trois parties, on parle de la petite histoire qui nourrit la grande, de la famille Lehman qui révolutionne les États-Unis sur une période de 150 ans - de la naissance du capitalisme jusqu’au crash boursier de 2008. Soulignant le dixième anniversaire de cette crise financière, ce spectacle retrace les origines d’un système pour en raviver l’essence humaine. Une leçon d’histoire captivante, une expérience théâtrale d’exception.

Septembre 2008. La banque d’investissement Lehman Brothers, quatrième plus importante institution financière des États-Unis, s’écroule avec violence, entraînant le monde entier dans sa chute. C’est la fin d’un empire.

Septembre 1844. Heyum Lehman, un jeune Juif de Bavière, débarque en Amérique parmi des milliers d’autres immigrants. À son arrivée, les douaniers le rebaptisent Henry. Un nouveau nom, un nouveau chapitre. Avec ses deux frères, il monte un petit magasin de tissus en Alabama. C’est le début de l’histoire. Une histoire d’Hommes.


MANIFESTE DE LA JEUNE-FILLE
Du 9 au 20 octobre 2018
Texte d'Olivier Choinière
L'ACTIVITÉ et Espace Go

Toujours désireuse de déjouer les attentes du public en renouvelant la forme théâtrale, la compagnie L’ACTIVITÉ place à nouveau le spectateur au cœur même de la représentation. Cette fois-ci, l’auteur et metteur en scène Olivier Choinière dresse le constat de l’envahissement du spectaculaire dans nos vies en pointant du doigt, avec intelligence et ruse, tous les clichés sociaux.

Crédit photo: Caroline Laberge
Manifeste de la Jeune-Fille a pour point de départ les magazines féminins qui exposent un modèle de consommateur idéal : la Jeune-Fille. Elle n’a ni sexe ni âge, mais représente plutôt la figure de proue du capitalisme. Prenant la forme d’une parade de mode, la pièce confronte le public aux monstres de superficialité de la société d’aujourd’hui. Devant ce miroir, le spectateur choisira-t-il de se reconnaître ou de refuser ce portrait?

Sept Jeunes-Filles, interprétées distinctement par sept acteurs et actrices, paradent en toute légèreté, clamant leur fierté d’être à la fois présentoirs et marchandises. Amoureuses de leur reflet, elles déclarent la guerre à la Vieillesse, sans se douter que cette croisade entraînera leur propre décomposition.

Crédit photo: Caroline Laberge
LE BAPTÊME DE LA PETITE
Du 23 octobre au 10 novembre 2018
La Compagnie dramatique du Québec et Les gens d’en bas
Un texte d'Isabelle Hubert

Crédit photo: Suzane O'Neill
Après des passages remarqués avec À tu et à toi (2007) et Laurier-Station, 1000 répliques pour dire je t’aime (2011), le Périscope se réjouit de retrouver la Compagnie dramatique du Québec avec Le baptême de la petite. En coproduction avec Les gens d’en bas, cette comédie grinçante expose des enjeux moraux importants. Signé par Isabelle Hubert, grande dialoguiste, ce texte questionne la légitimité du patrimoine et des traditions religieuses dans notre société québécoise, symbolisée par la maison familiale traditionnelle. Mise en scène par Jean-Sébastien Ouellette, la pièce témoigne de l’arrivée d’une culture étrangère dans notre société et de l’inquiétude de ce changement qui fragiliserait nos racines.

Crédit photo: Suzane O'Neill
Le baptême de la petite, c’est d’abord l’histoire d’Antoine et de Maude, un couple forcé de se tourner vers l’adoption internationale à cause de problèmes de fertilité. C’est aussi l’histoire de Marie-Ève, la sœur d’Antoine avec lequel elle entretient une relation tendue, et de Rémi, son tout nouveau chum, viril pour les uns et douchebag pour les autres. Rassemblés autour d’un souper à la veille du voyage en Chine des parents adoptifs, des divergences majeures de points de vue surgissent lorsque la question du baptême est soulevée.

Crédit photo: Suzane O'Neill
BABY-SITTER
Du 13 au 24 novembre 2018
Théâtre Catfight
Texte de Catherine Léger

Habituée à donner une place particulière aux personnages féminins nouveaux et dérangeants, la compagnie Théâtre Catfight propose ici une comédie grinçante qui plonge le public au cœur d’une réflexion sur le féminisme et la misogynie latente.

Crédit photo: Véronique Boncompagni
À une époque où l’égalité entre les sexes est sur toutes les lèvres, où chacun cherche à prendre sa place, homme ou femme, comment le couple réussira-t-il à trouver son équilibre? Quelle est la place des hommes dans le mouvement féministe et dans les débats qu’il provoque? Mais surtout, comment survivre à ces débats sans se perdre soi-même?

Crédit photo: Véronique Boncompagni
Cédric perd son emploi suite à une blague sexiste devenue virale sur Internet. Épaulé par son frère, un journaliste vedette qui dénonce fortement la misogynie, Cédric entame l’écriture de Sexist Story, un livre-témoignage pour purger son propre machisme. Nadine, copine dudit misogyne, exaspérée par l’introspection de son chum, se tournera plutôt vers la baby-sitter aux jeux thérapeutiques... étonnants.

Crédit photo: Véronique Boncompagni
M.I.L.F.
Du 27 novembre au 1er décembre 2018
Théâtre du Trillium
Texte de Marjolaine Beauchamp

Crédit photo: Marianne Duval
Premier spectacle signé par Pierre Antoine Lafon Simard à titre de directeur artistique du Théâtre du Trillium, M.I.L.F. aborde avec audace le tabou entourant la relation entre la maternité et la sexualité. Au centre de cet acronyme provocant du monde de la pornographie, Mothers I’d Like to Fuck, l’auteure Marjolaine Beauchamp en fait ressortir le I, ce je qui observe, ce je qui désire et ce je qui souffre. Une création avant-gardiste qui confronte l’objectification de la condition de mère.

Crédit photo: Marianne Duval
Trois femmes, trois mères, trois sexualités. Dans un texte poétique, acide et engagé, la pièce exprime le cri paradoxal du plaisir et de la blessure, de l’orgasme et de la naissance. Dans un univers esthétique guidé par le voyeurisme de la pornographie sur Internet, ces femmes sont mises à nu et affirment librement leurs vérités. Sans fil narratif, le public observe ces protagonistes dans leurs évolutions, leurs échecs, leurs réussites et leurs actes d’émancipation.

Crédit photo: Marianne Duval
JAMAIS LU QUÉBEC
Du 6 au 8 décembre 2018

Crédit photo: Llamayon
Chaque année, le Jamais Lu Québec offre un accès brut aux paroles contemporaines, un portrait poétique de notre époque, un engagement à faire vivre la puissance fédératrice des mots. Pour sa huitième édition, le festival revient prendre d’assaut le Périscope, avec le plus neuf, le plus palpitant et le plus urgent de la dramaturgie de Québec.

Crédit photo: Llamayon
Pendant trois jours, la salle de spectacle devient le QG du Jamais Lu Québec. Au moyen de la fiction, les auteurs allument des feux inspirants, rassembleurs et absolument énergisants qui suscitent la fête tous les soirs! Venez célébrer une fois de plus le formidable acte de résistance et d’humilité qu’est le geste d’écrire!

Crédit photo: Llamayon
LASCAUX
Du 15 janvier au 2 février 2019
Théâtre Pupulus Mordicus et Théâtre Bouches Décousues
Texte de Jasmine Dubé

Avec Lascaux, le Théâtre Pupulus Mordicus et le Théâtre Bouches Décousues plongent le spectateur dans un tourbillon d’émotions. Dans cet univers qui recoupe des thématiques universelles, une attention particulière est portée aux mythes sacrés, fondateurs et spirituels qui nous maintiennent en communauté. Planté dans un décor évocateur, le spectacle se situe hors du temps et porte sur la naissance du monde et sur ce que l’Homme en a fait. Dans cette production où se fusionnent le jeu d’acteur, le théâtre d’ombres et la marionnette, Jasmine Dubé et Pierre Robitaille nous entraînent aux origines de l’art et de l’humanité.

Fuyant un danger, Madeleine tombe dans une caverne occupée par Dordogne, une mystérieuse tortue, métaphore de la Terre. Cherchant à en sortir, elle découvre qu’elle est enceinte et elle accou- chera d’un enfant, Lascaux. Avec urgence, elle lui transmettra ses connaissances et lui confiera la mission de travailler à la reconstruction d’un monde meilleur. Lascaux trouvera-t-il une issue? Une libération? Une seconde naissance? Tous les espoirs sont permis...

Crédit photo: Rolline Laporte
LA PORTE DU NON-RETOUR
Du 5 au 12 février 2019
HÔTEL-MOTEL, en coproduction avec le Festival TransAmériques et en coprésentation avec le Mois Multi.
Texte de Philippe Ducros

Une des portes
Crédit photo: Philippe Ducros 
Plusieurs se souviendront du passage saisissant en nos murs du créateur Philippe Ducros avec son spectacle L’affiche (2013). Cette fois, il partage son vécu dans un déambulatoire théâtral et photographique, La porte du non-retour, en coprésentation avec le Mois Multi.

Une cinquantaine de photos. Un audioguide. Le spectateur enfile le casque d’écoute. Commence alors le théâtre : un monologue intérieur, un voyage au cœur des exodes d’hier et d’aujourd’hui... Comme décor à ces migrations, l’Afrique. Celle des négriers, des réfugiés, des exodes urbains, des déplacés de guerre et de la misère. Autant de départs forcés, de retailles de guerre, d’esclavagisme moderne et ancien sur ces territoires de l’Afrique de l’Ouest, de l’Éthiopie, et surtout de la République Démocratique du Congo.

Après la prière
Crédit photo: Philippe Ducros 
Et finalement, une dernière migration, celle de l’auteur Philippe Ducros en ces terres d’abandon. Un parcours initiatique entre théâtre, photo et récit sur la part en nous qui se métamorphose au contact de ces désolations et de ceux qui les vivent. Un parcours qui célèbrera la vie qui bat à travers l’horreur dont l’Homme est capable.

Pic assiettes
Crédit photo: Philippe Ducros 
ASTRONETTES, LA LONGUE MARCHE VERS LES ÉTOILES
Du 12 février au 2 mars 2019
Théâtre Niveau Parking
Texte de Marie-Josée Bastien et Caroline B. Boudreau

Image tirée du laboratoire
Crédit photo: Claude Breton-Potvin
L’hiver dernier, le Théâtre Niveau Parking portait un regard cru et poignant sur les rapports humains avec le séduisant Closer – Tout contre toi. Cette saison-ci, la compagnie fait voyager le public à travers le temps et l’espace dans un univers de science-fiction captivant. Mis en scène par la directrice artistique Marie-Josée Bastien, et l’instigatrice de ce projet Caroline B. Boudreau, ce récit d’anticipation entraîne le spectateur dans l’exploration spatiale et dans la découverte des prouesses trop souvent méconnues des pionnières de ce domaine.

2035. La première mission de colonisation sur Mars s’envole avec, à son bord, un équipage composé exclusivement de femmes. S’inspirant de l’histoire réelle des premières astronautes, Astronettes, la longue marche vers les étoiles raconte l’expédition de ce contingent féminin, leurs rivalités et leurs amitiés, leurs épreuves et leurs victoires. Au fil de leur aventure, nos conquérantes retracent et s’inspirent du parcours de quelques-unes des grandes exploratrices apparues dans la première moitié du XIXe siècle. Alliant images et vidéos d’archives, des capsules documentaires nous feront découvrir ces icônes de l’Histoire. En écho à la quête de nos héroïnes futuristes, les femmes du passé s’adressent à celles du futur.

Image tirée du laboratoire
Crédit photo: Claude Breton-Potvin
MARIA ET LES VIES RÊVÉES
Du 12 au 30 mars 2019
Théâtre Sortie de Secours et Ubus Théâtre
Texte de Philippe Soldevila

Après le vibrant succès de ses créations de fiction biographique, dont L’incroyable légèreté de Luc L. présentée la saison dernière, l’auteur et metteur en scène Philippe Soldevila poursuit ses réflexions sur la frontière étroite qui existe entre réalité et fiction. Avec Maria et les vies rêvées, le créateur se joint à Agnès Zacharie, directrice artistique d’Ubus Théâtre qui nous offrait Le Piano à Voile en 2017, pour approfondir à nouveau les notions souvent indissociables de personne et de personnage. Tous deux nés de parents immigrants, les collaborateurs s’intéressent ici aux enjeux reliés à la rencontre des cultures, au parcours de ceux qui espèrent trouver un monde meilleur... ailleurs.

Dans une forme éclatée, le spectacle raconte avec tendresse et chaleur les histoires de Maria, une femme de théâtre d’origine brésilienne. De Montréal à Québec, puis de São Paolo à Rio de Janeiro, elle entreprendra un périple essoufflant, tentant désespérément de démêler ses demi-vérités de ses demi-mensonges. Maria réussira-t-elle enfin, après 12 années d’attente, à obtenir son premier contrat sur une scène québécoise?


LES MURAILLES
Du 9 au 20 avril 2019
La Messe Basse
Texte d'Erika Soucy

Auteure à succès, poète et comédienne, Erika Soucy adapte pour la première fois au théâtre son roman Les murailles, accompagnée à la mise en scène par son complice Maxime Carbonneau. Entre pèlerinage personnel et documentaire, l’héroïne plonge le public dans le monde rude et méconnu des chantiers du Nord qui ont pourtant forgé l’identité québécoise.

Les murailles, c’est l’histoire d’Erika, une jeune poète ayant grandi sur la Côte-Nord où les hommes vivent au rythme du fly in fly out, système de travail leur permettant de revenir à la maison uniquement le temps des vacances. C’est au cœur du campement des murailles, érigé près de Romaine 2, que se rend la narratrice pour découvrir le quotidien des hommes qu’elle aime, particulièrement celui de son père, et comprendre enfin les raisons qui les poussent à délaisser leur foyer au profit de la vie de chantier. Parmi eux, Erika avance, ouverte et curieuse, dans cet univers nordique et surprenant d’humanité.



FOREMAN
Du 16 avril au 4 mai 2019
Mon père est mort
Texte de Charles Fournier

Image tirée du laboratoire
Crédit photo: Atwood
Des chantiers de construction à la scène théâtrale, le comédien et auteur Charles Fournier lève le voile sur le malaise identitaire de l’homme actuel : un sujet riche, complexe et délicat. Ayant connu un vif succès lors d’une résidence en 2016 au Périscope, Foreman met à l’épreuve les bases de la masculinité pour mieux en abattre les limites et en faire surgir la vulnérabilité. Ce manifeste de l’homme du 21e siècle est un véritable happening pluridisciplinaire qui parle ouvertement à la gent masculine de toutes les générations et aux femmes qui les aiment.

Image tirée du laboratoire
Crédit photo: Atwood
Une gang de gars, amis mais complètement différents, que l’habitude tient ensemble, se retrouve pour une soirée dans le shack. Entre règlements de compte, débordements virils, confidences et niaiseries, cette histoire aborde avec humour et profondeur la difficulté à s’exprimer, les rapports de force inévitables dans un groupe d’hommes et la beauté de la fraternité. Performance exigeante sur fond de scies sauteuses et du Lac des cygnes, le résultat du mariage de Hulk et Taylor Swift, ce spectacle est le croisement entre un concours d’hommes forts et une longue lettre d’amour.

Image tirée du laboratoire
Crédit photo: Atwood
ENTRE AUTRES
Du 30 avril au 11 mai 2019
Collectif Nous sommes ici et Collectif Wolfe
Texte d'Alexandre Fecteau avec la collaboration des comédiens

Le collectif Nous sommes ici revient au Périscope en vous offrant une fois de plus un théâtre documentaire percutant avec Entre autres. Après Changing Room (2013), Le NoShow (2015) et Hôtel-Dieu (2018), la compagnie met cette fois-ci en lumière les citoyens de la ville de Québec pour questionner la dissonance des points de vue dans la société d’aujourd’hui, et surtout en saisir l’origine. Née du désir de trouver la part d’humanité qui nous rassemble, cette création nous invite à comprendre ceux auxquels on ne peut s’identifier.

D’abord créée lors d’un exercice pédagogique avec les finissant(e)s du Conservatoire d’art dramatique de Québec, l’auteur et metteur en scène Alexandre Fecteau donne une deuxième vie à cette production en souhaitant réapprofondir le potentiel artistique et citoyen de la démarche. Fraîchement diplômés, ces jeunes artistes dans la vingtaine, âge de fougue, de découvertes, de choix identitaires et d’appartenance, engageront un dialogue auprès de divers individus dans le but de déceler leurs véritables croyances, bien souvent cachées derrière des propos inconscients. Devant l’inconfortable réalité de ces convictions dérangeantes, comment expliquer ce qui motive de telles opinions?


Pour en savoir plus sur la programmation de cette nouvelle saison de théâtre au Périscope, veuillez consulter leur site web.

Bon théâtre et bonne danse!

mercredi 8 août 2018

Six spectacles bonheur!

À l'aube d'une nouvelle saison automne/hiver/printemps en danse et théâtre, remettez-vous des mauvaises nouvelles théâtrales de l'été avec notre fournée de spectacles bonheur. Un oasis de paix pour vous remettre sur le piton, comme on dit!

Un billet de Robert Boisclair


Voici six spectacles qui vous permettront de retrouver le sourire le temps d'un spectacle. Six occasions pour tous d'oublier l'esprit morose qui habite les amateurs de théâtre et de danse depuis quelques semaines déjà!

JAMAIS LU QUÉBEC
Du 6 au 8 décembre 2018
Théâtre - Périscope

Crédit photo: Llamayon


Année après année, le Périscope invite le public de Québec à découvrir dans le bonheur de nouveaux textes et à célébrer le théâtre à l'occasion d'un happening festif quotidien. Une magnifique occasion de célébrer le théâtre dans la bonne humeur!

Synopsis détaillé sur le site du Périscope.





CONVERSATIONS AVEC MON PÉNIS
Du 27 novembre au 6 décembre 2018
Théâtre - Premier acte

Crédit photo: Andrée-Anne Brunet




Ce succès de l'an dernier dans le même théâtre revient pour une nouvelle saison. Une désopilante comédie qui vous fera découvrir la vie secrète, pas si secrète tout de même, d'un pénis.

Un récit comique et philosophique qui surprend. Une comédie absurde qui fera rire même les bien-pensants. Vous aurez beaucoup, beaucoup de plaisir à découvrir l'univers intime et drôlissime de cet organe bien masculin.

Synopsis détaillé sur le site de Premier acte.
Notre critique de l'édition 17-18.





JE ME SOULÈVE
Du 23 avril au 18 mai 2019
Théâtre - Le Trident

Crédit photo: Stéphane Bourgeois

...nous sommes le monde mais nous le savons pas...
Marie-Andrée Gill, Frayer

Vous avez adoré la fougue et le bonheur intrinsèque d'Attentat présenté il y a un an au Périscope? Vous adorerez Je me soulève. Vingt acteurs, un essaim d'enfants et de la poésie s'offrent pour changer le monde dans cette suite d'Attentat mais à plus grand déploiement. De l'espoir et du bonheur en perspective!

Synopsis détaillé sur le site du Trident.



ROTTERDAM
Du 15 janvier au 9 février 2019
Théâtre - La Bordée


– C’est vraiment ce que tu veux faire? Tu veux devenir un homme?
– Non, Alice… je veux seulement arrêter d’essayer d’être une femme. 

La Bordée ouvre sa deuxième moitié de saison avec une comédie douce-amère. Un succès partout où elle est passée, Rotterdam, questionne l'identité de genre. Notre identité profonde se confond-elle avec notre sexe? Une question de l'heure s'il en est une. Une brillante analyse sur l'amour et la sexualité.

Synopsis détaillé sur le site de La Bordée.


L'ÉCOLE BUISSONNIÈRE
Du 25 au 30 octobre 2018
Danse et théâtre jeune public - La Rotonde et Les Gros Becs

Crédit photo: Sylvie Mousseau
La saison de La Rotonde n'étant pas encore officiellement lancée, il est difficile de trouver un spectacle bonheur pour le public adulte parmi les quelques titres annoncés. Allons-y donc avec un spectacle de danse pour jeune public.

Une journée hors les murs de l'école en danses, chansons et poésie. Un spectacle vivifiant où l'imaginaire est roi. Une occasion unique de retrouver l'enfant qui dort en chaque adulte. Du bonheur à s'offrir une fois pas saison.

Synopsis détaillé sur le site de La Rotonde.


ESPIÈGLERIE
Du 6 au 17 décembre 2018
Théâtre jeune public - Les Gros Becs

Juste avant les fêtes, Les Gros Becs offrent un spectacle jouant sur la bouffonnerie et l'amitié. Espièglerie, c'est la rencontre surprenante entre une tubiste, auteure et interprète d'une trame sonore surprenante et amusante et d'un clown, jongleur et acrobate qui sème le chaos partout où il passe. Du bonheur à l'état pur!

Synopsis détaillé sur le site des Gros Becs.


Bon théâtre et bonne danse !

samedi 4 août 2018

Samedi des programmations: Premier acte

Comme à chaque année, la programmation de la saison 18-19 de Premier acte propose un regard unique et différent de notre monde en constante évolution.

Un billet de Robert Boisclair (inspiré et tiré du communiqué de presse et du site du théâtre)

Crédit photo: Cath Langlois
Cris du cœur, tendresse, rires francs, détresse et espoir composent l’ADN de la prochaine saison. Il y aura bien entendu des actrices et des acteurs, mais aussi des objets, des marionnettes, de la musique, du mouvement, et même à boire et à manger.

JUST IN
Du 11 au 22 septembre 2018
Le Collectif du temps qui s’arrête

Synopsis tiré du site du Zoofest où le spectacle a été présenté en juillet
Au lendemain d'une victoire politique importante, un homme reprend conscience nu au milieu d'une chambre inconnue. Réveillé par son attaché de presse qui a reçu une étrange vidéo compromettante, l'homme essaiera de reconstituer les événements de la veille dont il ne se souvient plus. Pourchassé par un monstre fabuleux, il devra faire vite s'il veut conserver son image de marque et entre deux égoportraits (selfies), apprendre les origines extraordinaires sur son existence.  Baigné par la musique envoûtante de Millimetrik, Just In est un solo politico-fantastique inspiré par la politique actuelle.

Monologue à l'action déconstruite, il puise son essence dans la mythologie afin de mettre en lumière une ascension au pouvoir arrangée de toute pièce et prévue à l'horaire depuis des siècles et des siècles. L'auteur se sert ici du fantastique pour poser plusieurs questions sur la responsabilité de l'électeur ainsi que son rapport à l'image. À travers un récit haletant où le surnaturel côtoie des lieux communs, le spectateur assistera à une métamorphose complète qui promet de ne laisser personne indifférent.

La troisième pièce de Lucien Ratio réunit une fois de plus l'auteur/interprète et le metteur en scène Jocelyn Pelletier à qui l'on doit entre autre Symbiose(s), La mélodie entre la vie et la mort et Entre vous et moi, il n’y a qu’un mur pour ne nommer que ceux-ci.

Se joignent à eux, Jean-François Labbé et Millimetrik pour compléter l'équipe, eux aussi collaborateurs de longue date.  Juste avant les élections de cette automne, Just In présente le côté obscur de la politique à travers un voyage étrange et surprenant dans le monde des Hannunakis et des théories reptiliennes. Inspiré de faits vécus et de personnages célèbres comme Justin Trudeau, Rob Ford, Donald Trump et même Maxime Bernier... la soirée promet d'être fascinante.



CELLE QU'ON POINTE DU DOIGT
Du 2 au 20 octobre 2018
Texte de Marie-Pier Lagacé
Le Collectif du Trottoir

Elle est une femme ordinaire, sans histoire. Le genre de fille qui passe inaperçue toute sa vie. Mais, un jour, elle le rencontre. Le fucker qui va lui briser le coeur. Puis se crée en elle un vide abyssal. Celui que seul un enfant pourrait combler. Mais comment être une bonne mère si on n’a pas eu de modèle?

Je l’sais ben qu’à me regarder, de même, on pourrait pas le dire.
Ça ce lit pas toujours dans notre face.
J’pense pas qu’il existe de prédispositions à ça.
J’pense pas non plus qu’il y a un lien entre la laideur physique pis la laideur morale.
Remarque, je dis ça, mais… quand t’as été la dernière à piger dans le sac à faces,
ça se peut que tu sois prédisposée à avoir le goût de sauter un plomb.
Mais moi, je l’sais pas ce qui m’a pris. Je voulais que quelque chose me rentre dedans.
La vie, l’amour, un truck… J’aurais peut-être préféré que ce soit le truck.

Une femme ordinaire, voire quelconque, commet l’impensable. Des raisons de tuer, on en a tous. Comment et pourquoi une mère peut-elle en arriver à commettre l’impensable, l’irréparable?


RADI
Du 23 au 27 octobre 2018
Campe
Un texte de Geneviève Tremblay d’après la vie et l’œuvre d’Antonine Maillet
En collaboration avec Québec en toutes lettres.


Radi :
Si c’était à refaire, je serais née garçon.
J’aurais un bicycle à trois roues, un poney, un ballon rouge, des robes Shirley Temple…
pis je serais un garçon !

Radegonde :
Un garçon avec des robes Shirley Temple ? Tu veux vraiment toutte, toi !

Née au Nouveau-Brunswick dans un petit village francophone, Radi a 9 ans à l’aube de la Deuxième Guerre mondiale. C’est la période de sa vie où se forge son identité d’auteure, de femme libre et de francophone qui choisit de défendre ses racines.

Les marionnettes Horace et Robert
La jeune Radi côtoie Radegonde, son moi futur. Radegonde transmet ses expériences et ses conseils à une Radi fougueuse et têtue qui lui fait part de ses rêves, de ses envies, de ses colères. Toutes deux cherchent les réponses aux mêmes questions : d’où est-ce que je viens ? Où vais-je ? Comment faire pour ne pas être oublié en tant qu’être humain, en tant que peuple ?

Radi :
J’sus qui moi, papa?

Papa :
T’es encore Radi, pour autant que je sache.

Radi :
Mais… je suis ni Française, ni Anglaise, ni Québécoise ni rien entoutte.
Qui c’est que j’sus, d’abord?!

Papa :
T’es Acadienne, Radi.

Radi :
L’Acadie, c’est pas un vrai pays.

Papa :
Où t’as pris ça?

Radi :
C’est la maîtresse qui le dit!

Radi porte la parole d’Antonine Maillet, auteure de renommée internationale qui s’est battue, et se bat encore, pour la reconnaissance du français comme langue vivante partout au Canada. Une plongée ludique et sensible dans l’univers et la quête identitaire de la grande Antonine Maillet.


Antonine Maillet dans le décor de la pièce en compagnie d'une des créatrices
et des marionnettes Radi et Radegonde construites à son image.
LA FILLE QUI S'PROMÈNE AVEC UNE HACE
Du 6 au 24 novembre 2018
KILL TA PEUR
Texte de Léa Aubin et Gabriel Cloutier Tremblay

Le village de Malenfants, c’est une cour d’école à l’asphalte fissuré et gorgé d’herbes longues, la station d'essence à l’allure abandonnée, le pit de sable à Potvin, la cour à scrap, la « quincaillerie-pharmacie-dépanneur » familiale et la mythique station radar.

C’est une petite communauté qui nourrit ses croyances et ses certitudes et qui, surtout, se méfie de l’inconnu ; où des jeunes ne sont voués qu’à devenir comme leurs parents, sans se poser de questions. Cindy-Lou, dite la « Squaw », nourrit les mythes les plus glauques du village. C’est pourtant celle qui refuse cet avenir prédéfini : finir comme sa mère, disparue et ignorée.

Crédit photo: David Mendoza Hélaine
Aux lendemains des événements du 11 septembre 2001, elle verra dans la possibilité de s’enrôler une porte de sortie à cette paralysie, à cette ignorance entretenue par tous. La fille qui s'promène avec une hace, c’est celle qui ramassera ce qu’il lui reste de courage et d’espoir et fera tout ce qu’elle peut pour crisser son camp. Une fable rurale, une comédie tragique qui dépeint une jeunesse en mal d’espoir et en manque de repères.


Crédit photo: David Mendoza Hélaine
Avec La fille qui s’promène avec une hache, la compagnie de théâtre KILL TA PEUR aborde cette réflexion en présentant une fiction à la langue mordante, pleine d’humour, où la candeur flirte avec la cruauté et où l’étrange et le tragique se mélangent. Un texte porté par des personnages ludiques, sincères et qui, malgré eux, sont les produits dérivés d’une micro-société isolée, protectionniste, et où l’éducation se fait rare. Leurs imaginaires naïfs et passionnels alimentent la cruauté dont ils peuvent faire preuve entre eux, et aussi envers eux-mêmes. La fille qui s’promène avec une hache parle de ces jeunes qui manquent tellement de vision et de ressources qu’ils sont à peine conscients de leur potentiel : mettre en relief la fougue et les possibles ambitions de nos jeunes trop souvent négligés est une belle et grande motivation pour nous.

Crédit photo: David Mendoza Hélaine
CONVERSATIONS AVEC MON PÉNIS
Du 27 novembre au 6 décembre 2018
Théâtre Bistouri
De retour entre les murs de Premier Acte

Crédit photo: Andrée-Anne Brunet
À différentes étapes de sa vie, Tom doit négocier avec une partie de lui-même : son pénis. Une comédie quasi philosophique. Un voyage entre le coeur, la raison et l'organe. Une grande histoire d'amitié. L’improbable conversation, à divers moments de sa vie, d’un homme avec son « organe »!

À la suite de la découverte coup de coeur de la création originale dans un petit théâtre néozélandais, la compagnie a procédé à l'adaptation québécoise de Conversations avec mon Pénis, qui a été considérée comme un incontournable du Zoofest en 2016. La pièce a ensuite connu un franc succès lors de la saison 2017-2018 du Théâtre Premier Acte avec une série de représentations et de supplémentaires à guichets fermés. Ludique et profondément humaine, cette pièce ne devrait laisser personne indifférent.
Crédit photo: Andrée-Anne Brunet
LES CONTES À PASSER LE TEMPS
Du 14 au 30 décembre 2018
La Vierge folle
En collaboration avec le Centre de valorisation du patrimoine vivant
Présenté hors les murs à la Maison Chevalier, 50, rue du Marché-Champlain

La qualité de cette production a été reconnu par l'Association québécoise des critiques de théâtre qui lui a remis son Prix spécial - Québec de la saison 16-17 pour son excellence et son originalité.


Ils sont six à écrire ou à raconter Québec, des auteurs et des acteurs, des vieux et des jeunes, des gars et des filles, des timides et des téméraires. On leur a divisé Québec en cinq parts, comme un gâteau. Chacun d’eux a dévoré son quartier pour mieux le raconter. Ensemble, ils composent une fresque diversifiée et colorée, quelque chose qui, pour nous, ressemble à Québec. Mais Québec vue de l’intérieur, dans son quotidien, sa petite histoire, ses petites histoires.



Que ce soit votre huitième ou votre première fois, venez vous réchauffer le coeur dans les voûtes de la Maison Chevalier pour Les Contes à passer le temps… et vous servir dans l'irrésistible comptoir à desserts! Un rendez-vous annuel avec ces merveilleux contes théâtraux, inspirés à la fois de notre ville et du temps des fêtes.



BEEF
Du 22 janvier au 9 février
La Brute qui pleure

Dans un village rural fictif à la population homogène, où les préjugés font loi et où il fait bon vivre pour les radios poubelles, Michel, le fleuriste local, n’est pas considéré comme un homme. Il ne va pas dans les arénas hurler des obscénités aux arbitres. Il ne passe pas ses journées au gym à regarder dans un miroir ses muscles enflés. Il n'est pas alcoolique. Il n'est pas misogyne. Il n'aime pas la viande.

Il réussira néanmoins à séduire Manon, la barmaid, une femme très prisée au village. Elle l’aime parce qu’il est sensible, il l’aime parce qu’elle est forte. Malheureusement pour Michel, l’entourage de sa bien-aimée – sa mère qui chasse le rhinocéros, le policier mégalomane et le voisin mésadapté – ne cesse de lui rappeler son manque de virilité. Si bien que Michel finira par tout faire pour devenir l’homme qu’on veut qu’il soit.

Avec Beef, l'auteur Dayne Simard propose un récit comico-tragique où les personnages colorés vont jusqu’à des extrémités ridicules et accablantes pour défendre leurs préconceptions genrées. Une comédie de mœurs qui, sans gants blancs, varlope joyeusement les stéréotypes masculins!



BLACKBIRD
Du 12 au 23 février 2019
L’Apex

C’est arrivé il y a quinze ans. Ils ne se sont pas revus depuis. Il a fait six ans de prison, a changé d’identité, a reconstruit sa vie. Elle est restée confinée au quartier où ça s’est passé. Jusqu’à ce qu’elle tombe par hasard sur sa photo dans un dépliant. Un cliché qui la replonge dans les méandres de l’histoire nébuleuse et irrésolue qu’ils ont vécue.

Il y a quinze ans, Una et Ray se sont aimés. Mais entre une jeune fille de 12 ans et un homme d’une quarantaine d’années, peut-on parler d’amour?

Pour élucider cet épisode qui a fait voler son existence en éclats, Una va à la rencontre de Ray. Elle le surprend à son lieu de travail, un entrepôt, où prend place un huis clos qui résonne comme quinze années de silence, d’incompréhension, de doute. 

Je pensais que ce serait plus difficile de te regarder. De parler.
J’ai failli repartir.
Mais non. C’est facile.
Et je t’aurais reconnu n’importe où. Même dos à toi.
J’ai vu tes yeux avant même que je dise mon nom.
Je t’ai vu.

Le doute. Nous le portons tous. Collectivement, nous questionnons plus que jamais les limites de la légitimité sexuelle. Avec ce premier spectacle à la langue acérée et chirurgicale, L’Apex effectue une prise de parole nécessaire sur un sujet actuel et brûlant.

Pour les acteurs comme pour les spectateurs, Blackbird est un marathon couru comme un sprint. C’est essoufflant. Remuant. Vivant. Un texte d’une force rare, un affrontement bouleversant, implacable autopsie d’une relation amoureuse entre un homme mûr et une adolescente.


UNTOUCHED LAND ALIAS TOI PIS TA SOLITUDE EN SACHET DÉSHYDRATÉ
Du 12 au 23 mars 2019
Les Bambines

Tu voudrais que le territoire te prenne en cuillère la nuit
le plus beau french boréal
t’attendre sur une île au milieu du fleuve
avoir la liberté d’inventer,
de pousser en sauvage
t’agrandir le regard dans ce qui ne t’appartiendra jamais.

I guess I need to go to that place
where nowhere becomes somewhere
becomes someone.

Quelque part sur la Côte-Nord, là où la route s’arrête, il y a une île qui accueille des âmes de passage pour qu’elles reprennent des forces dans le ventre de la nature. Une femme débarque sur ce bout de terre aride et se bute au campement d’une autre solitude échouée. Dans la cohabitation et l’exil, elles doivent affronter chez l’autre ce qu’elles enfouissent en elles-mêmes. À l’orée de l’hiver, elles s’abandonnent à une intimité de survivance.

En alliant le théâtre, la musique, le cirque et la poésie, Untouched Land alias toi pis ta solitude en sachet déshydraté crée un espace de réflexion sensorielle sur notre rapport au territoire, au temps, à soi et à autrui.


EMBARGO
Du 2 au 13 avril 2019
Collectif Cognac

Un salon. Le Gars. La Fille. Ils n’ont pas de nom, n’en ont pas besoin. C’est jour de fête chez La Fille, pour l’anniversaire de sa soeur. Le Gars se présente, cadeau en main. Ça fait pourtant des mois qu’ils ne se sont pas vus. Des mois qu’ils ne sont plus ensemble.

Commence la joute. Si La Fille prend plaisir à l’ignorer, Le Gars, de son côté, ne s’en ira que lorsqu’il aura obtenu leur réconciliation. Et s’il réussit? S’il gagne? Il faudra que La Fille gagne aussi. Qu’elle y gagne quelque chose.

Avec la violence vicieuse des ego blessés, dans un salon qui, de plus en plus, prend les traits inquiétants d’une prison, Embargo questionne la place que prend l’orgueil dans les relations humaines et s'interroge sur la possibilité de le confondre avec l’amour.

Le Gars. La Fille. Ces bêtes qu’on regarde au zoo, la face collée contre la vitre. Qui est le prédateur, qui est la proie? On ne sait pas. Un huis clos et une joute verbale où relation amoureuse et orgueil posent la question : jusqu’où peut-on aller au nom de l’amour?


RASHOMON
Du 14 avril au 7 mai 2019
La Trâlée
La pièce sera présentée au restaurant La Cuisine, 205, St-Vallier Est

L’homme naît en pleurant ; quand il meurt, c’est assez, il meurt.
Akira Kurosawa

Le collectif de La Trâlée vous invite à la table de l’une des plus grandes tragédies du vingtième siècle de la culture nippone. Adaptation des nouvelles de Ryûnosuke Akutagawa et du film d’Akira Kurosawa, Rashomon propose une rencontre inédite entre meurtre, amours déchirés et théâtre d'objets. Ici, les baguettes, les services à thé et les bouteilles de saké se meuvent, lentement d’abord, puis de plus en plus franchement pour donner vie aux personnages de l’histoire.

Un bûcheron, un moine et un vagabond se réfugient sous les décombres de la gigantesque porte Rashô de la ville de Kyôto. Ils discutent du procès auquel ils viennent d’assister. On y accuse le bandit Tajomaru du meurtre crapuleux d’un samouraï et du viol de sa femme. Nous entendrons alors, tour à tour, les récits des personnages entourant cette affaire. À notre époque d’opiniâtreté et d'affrontements constants où chacun oppose le reste du monde à sa version des faits, ce récit nous rappelle que la réalité nous échappe bien souvent. Lorsque le vice et la volonté de survivre coûte que coûte prennent place, comment dénouer le fil fort ténu de la vérité ?

Né à la suite d’un événement Carte blanche en collaboration avec le Théâtre Niveau Parking, ce spectacle de La Trâlée nous rappelle que, même avec les objets les plus banals des tiroirs de cuisine, le théâtre peut nous faire vivre les plus grandes tragédies.


Pour en savoir plus sur la programmation de cette nouvelle saison de théâtre à Premier acte, veuillez consulter leur site web.

Bon théâtre et bonne danse!