dimanche 31 mars 2024

À chacun son (ou sa) critique! | Opinion

 Chaque pièce de théâtre, chaque spectacle de danse ou de cirque a son public, son spectateur. Il importe donc que ceux qui fréquentent les critiques trouvent chaussures à leurs pieds.

Un billet de Robert Boisclair
Twitter: @Rob_Boisclair et @Enfantsparadis


S'il y a autant de spectateurs que d'œuvres offertes, il faut bien qu'il y ait autant de critiques que de spectacles. Soyons honnêtes deux minutes, soyez rassurés je le suis toujours, les critiques, mêmes s'ils veulent être les plus impartiaux et ouverts possibles, apprécient plus tel ou tel spectacle, tel ou tel genre ou tel ou tel artiste. Et ça finit toujours par transparaître dans la critique.

Pour bien choisir son critique et trouver celui qui vous éclairera le mieux, il faut donc les fréquenter tous. Oui, oui, les fréquenter. Les lire religieusement. Observer leurs préférences et leurs goûts. Ce qu'ils remarquent ou pas. Découvrir les styles et les goûts, prononcés ou pas, amers ou doux. Afin de trouver celui qui a les mêmes goûts théâtraux et dansés que les vôtres. Celui (ou celle) qui saura vous diriger vers les spectacles qui vous branchent et... que vous risquez d'aimer. Car après tout, vous voulez avoir du plaisir au théâtre ou dans les salles de spectacles, non?


Un seul! Vraiment?
Peut-être pas en effet. En trouver un également qui déteste systématiquement ce que vous appréciez. Pourquoi? Afin de savoir ce qui pourrait moins vous plaire et ainsi avoir une opinion mieux éclairée sur le spectacle.

Ou un autre qui aime ce que vous aimez mais qui remarque d'autres aspects du spectacle que le premier ne remarque pas. Il vous offrira ainsi une autre vision de ce spectacle, quelque chose que vous n'auriez pas vous-même remarqué et qui jette un éclairage différent.

Ce qui est important dans tout ça, c'est de trouver celui ou celle qui vous permettra de découvrir des spectacles qui vous branchent. La vie est si courte qu'il faut 
bien en profiter lors d'un spectacle de danse, de cirque ou de théâtre! Et si le critique choisi ne vous amène pas à un spectacle que vous adorerez et bien... changez de critique!

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jeudi 28 mars 2024

Un Carrefour qui s'annonce mémorable | Actualité

 Venez découvrir la magnifique programmation de l'édition 2024 du Carrefour international de théâtre de Québec.

Un billet de Robert Boisclair
Twitter: @Rob_Boisclair et @Enfantsparadis

Prophétique. Crédit photo: Werner Strouven

Un Carrefour mémorable
Le Carrefour avait dévoilé un premier spectacle à la fin février, La traversée du siècle d’Alice Ronfard, dont les billets se sont envolés en moins de 24h après la mise en vente. Les spectateurs ne resteront toutefois pas sur leur faim, puisque les neuf autres spectacles présentés promettent de régaler tous les publics.

La programmation qui se tiendra du 23 mai au 8 juin propose un spectacle italo-belge, une co-production Québec-Melbourne, une création ottavienne et trois spectacles français qui regroupent des créateurs et interprètes originaires de l’Iran et de la Côte d’Ivoire. Il s’agit d’une programmation guidée par la quête d’identité.

À nos yeux, c’est exactement ce que doit être le théâtre et ce festival, nous espérons, cette année plus que jamais, faire du Carrefour international de théâtre le lieu qui nous rassemble, peu importe «Là d’où l’on vient». 
Le comité de programmation 

Ça fourmille également du côté d’Où tu vas quand tu dors en marchant… ?, qui souffle cette année ses 15 bougies. Une nouvelle création est en préparation dans de tout nouveaux lieux, avec de nouveaux concepteurs. Le dévoilement aura lieu le 24 avril prochain.

L’APRÈS-MIDI TOMBE QUAND TES BISCUITS SE RUINENT
Création Eline Guélat et Vincent Jutras
Production La Croustade
23 au 26 mai · Salle Multi, Coopérative Méduse · À partir de 5 ans · Sans parole

Et si on explorait les tâches de notre quotidien d’adulte avec le ludisme d’un enfant? Le duo circassien casse-cou de Montréal, La Croustade, entraîne son public dans un laisser-aller surprenant. En mettant en scène des tableaux tantôt comiques, tantôt émouvants, le spectacle met en relation et en opposition âme d’enfant et âme d’adulte de façon totalement décomplexée. À travers des numéros variés de danse, cirque et théâtre, cette œuvre pour toute la famille nous rappelle que lorsque nous préservons notre capacité à jouer et à nous émerveiller, nous cultivons un bonheur qui traverse tous les âges de la vie.

Crédit photo: Thibault Carron

PROPHÉTIQUE (ON EST DÉJÀ NÉ.ES)
Création Nadia Beugré
Production Libr’Arts / Virginie Dupray
24 au 25 mai · Théâtre La Bordée · À partir de 16 ans · En français

«On est déjà né.es». Ce sont les mots percutants des interprètes de Prophétique. Cette œuvre collective dirigée par Nadia Beugré et créée à Abidjan, en Côte d’Ivoire, questionne l’identité de genre et offre une vitrine unique sur cette réalité sociétale peu médiatisée. À mi-chemin entre l’exploration du mouvement, le théâtre, les danses déchaînées et l’activisme LGBTQI+, les interprètes partagent leurs propres histoires dans une performance qui s’ajuste en fonction de l’accueil du public. Coiffeur.ses de jour, ielles enflamment les pistes de danse la nuit, vivant en pleine affirmation dans une société qui voudrait invisibiliser celle.eux qu’on appelle « les folles ».

Crédit photo: Dajana Lothert

DURANT DES ANNÉES
Création Louis-Philippe Roy & Pierre Antoine Lafon Simard
Production Théâtre du Trillium & Théâtre Catapulte
25 au 26 mai · Théâtre Le Diamant · À partir de 13 ans · En français

Dimanche 19 septembre 1999, on retrouve le corps sans vie d’Éric Leduc, 15 ans, sur l’île de St-Floribert-de-Lièges, en Outaouais. Vingt ans plus tard, Mélanie Breton, montréalaise native de l’île, vient déterrer secrets, douleurs et peines pour en faire sa propre série audio documentaire. Avec une scénographie interactive conçue par intelligence artificielle, ce balado-théâtre de type true crime joue sur les codes du récit policier traditionnel et questionne l’éthique journalistique. Les compagnies ottaviennes Catapulte et Trillium nous transportent dans un monde où l’on doute de tout et de tous.


AGAMEMNON IN THE RING
Création Hilaire St-Laurent
Production Créations Unuknu
28 au 29 mai · Salle Octave-Crémazie, Grand Théâtre de Québec · À partir de 14 ans · En français

Nous sommes en l’an moins mille quatre-vingt, lors de la célèbre guerre de Troie…- Rivières. Un exubérant gala de lutte s’amorce où Agamemnon tente de regagner la ceinture de la Légion Nationale. Hilaire St-Laurent présente ici son adaptation du fameux mythe grec, mêlant alexandrins et québécismes, chansons dignes d’un opéra rock et combats scéniques chorégraphiés au quart de tour. Le public est encouragé à faire du bruit et crier pour son lutteur préféré, que ce soit Achille, Eugénie, Ménélas ou même le trio des vilains trifluviens. Il s’agit bien d’une tragédie grecque, où on aura peine à reprendre son souffle entre deux fous rires.
 
Crédit photo: Najim Chaoui

L.U.C.A.
Création Hervé Guerrisi & Gregory Carnoli
Production L’Ancre Théâtre Royal & Compagnie Eranova
29 mai au 1er juin · Salle Multi, Coopérative Méduse · À partir de 14 ans · En français

L.U.C.A. (Last Universal Common Ancestor): c’est le petit nom sympathique donné à LA cellule à l’origine de tous les êtres vivants; humains, animaux et végétaux. Également, LA réponse qu’offrent les concepteurs et interprètes de ce théâtre-documentaire à la fameuse question “Tu viens d’où?”. Le duo italo-belge, Grégory Carnoli et Hervé Guerrisi, s’adresse directement à son public avec chimie, humour, sensibilité et authenticité. Ils dévoilent progressivement arbres généalogiques, recherches sur la génétique et de réels témoignages familiaux. Cette discussion d’actualité nous force à questionner notre relation au soi, mais surtout, notre relation à l’Autre.

Crédit photo: Leslie Artamonow 

LA TENDRESSE
Création Julie Berès
Production Les Cambrioleurs
2 au 4 juin · Théâtre La Bordée · À partir de 15 ans · En français

Comment faire pour questionner sa masculinité et la construction du patriarcat dans une société où l’accès à sa propre sensibilité est tabou? Julie Berès met en scène 8 jeunes hommes, issus de classes sociales, de religions et même de pratiques artistiques différentes. Avec humour et réjouissance, ils se questionnent, se percutent et s’ouvrent les uns aux autres dans une longue conversation fluide et informelle, parsemée de danses et d’interludes musicaux. La compagnie française Les Cambrioleurs ose à nouveau se plonger dans des sujets d’actualité avec audace et humanité. La Tendresse n’est pas un spectacle militant mais plutôt une question lancée au public, en toute tendresse.

Crédit photo: Loïc Léglise

LIGNE DE NUIT
Création Roslyn Oades, Bob Scott & Maureen Roberge
Coproduction Megafun Party Lted & le Carrefour international de théâtre de Québec
5 au 8 juin · Théâtre Périscope · À partir de 15 ans · En français

Ligne de nuit est une expérience audio immersive conçue à partir de quelque trois cents messages anonymes, laissés sur une boîte vocale, par des gens de la ville de Québec, entre minuit et 6 heures du matin. Les concepteurs australiens, en collaboration avec le Carrefour international de théâtre, ont adapté leur spectacle spécifiquement pour le festival. Il s’agira d’une première mondiale en français, une fenêtre sur l’intimité des oiseaux de nuit, insomniaques, rêveurs et cœurs nocturnes, des confidences et des confessions en tous genres, lancées dans nos oreilles comme autant de bouteilles à la mer.

Crédit photo: Sarah Walker

LES FORTERESSES
Création Gurshad Shaheman
Production Ligne d’Ombre & Rencontres à l’échelle
6 au 8 juin · Théâtre Le Diamant · À partir de 15 ans · En français

Trois femmes, nées en Iran au début des années 1960, trois étudiantes universitaires qui sont soudainement aux prises avec la révolution islamique de 1979, trois témoignages de résilience et d’espoir. Gurshad Shaheman rend honneur à sa mère et à ses deux tantes dans un voyage à travers 50 ans d’histoire, de douleurs et de bonheurs. Mêlant récit familial et fresque politique iranienne, l’auteur convie les spectateurs sur scène, aux côtés des interprètes et des réels membres de sa famille. En sirotant un thé en leur compagnie, on nous offre une fenêtre sur leur culture, un pan déterminant de l’histoire du Moyen-Orient et surtout, un accès privilégié aux voix de ces femmes trop souvent réprimées.
 
Crédit photo: Agnès Mellon

MADEMOISELLE AGNÈS
Création Théâtre Point d’Orgue, du texte de Rebekka Kricheldorf
Production Théâtre du Rideau Vert
7 au 8 juin · Théâtre La Bordée · À partir de 15 ans · En français

Agnès est pu capable. Pu capable des couples. Pu capable des célibataires. Pu capable des fumeurs. Pu capable des anciens fumeurs. Pu capable des gens. Même pu capable de son fils. Tout le monde ment. Tout le monde est faux. Ses amis l’appellent la «terroriste de la vertu». Elle rejette le monde et le monde la rejette. Sauf Sasha. Son bel amant qui ne fait jamais un pas de travers. Le Théâtre Point d’Orgue réalise avec brio l’adaptation théâtrale de la version moderne du Misanthrope de Molière par Rebekka Kricheldorf. Une comédie irrévérencieuse portée par une Sylvie Drapeau au sommet de son art.

Pour en savoir plus ou acheter son billet, c'est ici.

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mercredi 27 mars 2024

Drôle et touchante | Actualité

 Et puis par la fenêtre, nous pourrons voir les champs est un spectacle qui parle d'amour. L'amour de la famille imparfaite, l'amour de sa blonde ou de son chum, l'amour de la terre aussi. Une pièce à découvrir jusqu'au 6 avril.

Un billet de Robert Boisclair
Twitter: @Rob_Boisclair et @Enfantsparadis


Un succès du Théâtre du Bic arrive à La Bordée
La Bordée propose une pièce qualifiée de «drôle et touchante» (Radio-Canada, 2 juillet 2023) à son public. Après son passage couronné de succès au Théâtre du Bic, le spectacle au nom improbable, Et puis par la fenêtre, nous pourrons voir les champs, tient l'affiche du théâtre de la rue St-Joseph jusqu'au 6 avril.

Et puis par la fenêtre, nous pourrons voir les champs marque le dernier choix d’Eudore à la direction artistique du Théâtre du Bic et mon tout premier. C’est un choix commun duquel je suis très fière. Nous avons été unanimement séduit et séduite par la parole franche, assumée, drôle et poignante de Stéphanie Labbé. Même ses scènes sans mots contiennent toute la vie. Elle est une Tchekhovienne contemporaine. Ses personnages ont des pensées libres et affirmées. On va rire et être émus ensemble. Toute l’équipe a si hâte de pouvoir vivre cette histoire de transmission intergénérationnelle avec le public de Québec. On vous convie à une fête qui se prolongera par divers sujets d’échanges, des pistes de réflexions vibrantes, après la représentation au bar du Théâtre et dans vos maisonnées!
Marie-Hélène Gendreau, directrice artistique du Théâtre du Bic

Sous la direction artistique de Marie-Hélène Gendreau, avec le texte de Stéphanie Labbé et la mise en scène de Gabrielle Lessard, Et puis par la fenêtre, nous pourrons voir les champs raconte l’histoire d’une famille qui jase, qui s’engueule, qui s’aime à la folie: une famille normale, quoi!


L’histoire se passe en région. On y parle de ferme, de champs, d’agneaux, de relève, de la ville. Et de départs. On y parle d’un père qui ne peut plus, et d’un fils qui devait. Une pièce tendre qui raconte la vie qui change sans qu’on l’ait vu venir.

T’avais plein d’idées… tu voulais changer les choses… t’avais des conversations qui duraient des heures avec p’pa pis m’man sur la ferme… tu… c’était le rêve de papa! C’était le rêve de papa, pis là, on va se débarrasser de son rêve comme on va se débarrasser de lui. Ça peut pas être juste ça. C’est trop déprimant si c’est juste ça!
Extrait de la pièce

La pièce met en vedette Henri Chassé, Marie-Hélène Gendreau, Nicolas Gendron, Stéphanie Labbé, Michel-Maxime Legault ainsi que Danielle Proulx.

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mardi 26 mars 2024

Danser au son de la radio | Actualité

 Danser au son de la radio parlée, est-ce possible? Pour le savoir, il faut se pointer le nez, et les pieds, au spectacle Beside de Marie Béland à la Maison pour la danse.

Un billet de Robert Boisclair
Twitter: @Rob_Boisclair et @Enfantsparadis


Une étonnante performance dansée exploitant la radio en direct
BESIDE de Marie Béland est un spectacle hors normes dans lequel la chorégraphe montréalaise invite à percevoir autrement le déferlement d’informations qui est le lot de notre quotidien.

Fausses nouvelles (fake news), construction de la vérité: de quelle manière le corps contribue-t-il à donner de la crédibilité aux discours dominants? En empruntant les mots et les mouvements des médias locaux, les interprètes de BESIDE revêtent l’identité de l’ensemble des médias de masse. Une occasion d’examiner comment dansent les radios de Québec.

Casques d’écoute vissés aux oreilles, un trio d’interprètes est le seul à entendre la diffusion en direct de stations radio de la ville où la pièce est présentée. Pour communiquer ensemble ou avec le public, Rachel Harris, Sylvain Lafortune et Bernard Martin n’ont d’autres choix que de répéter les informations diffusées ou de reproduire une série de gestes tirée de nos émissions d’affaires publiques. Dépossédés de leurs corps et de leurs mots, ils tentent d’habiter côte à côte (« beside ») et de construire cette crédibilité nécessaire pour transmettre un peu de vérité là où tout est faux.

Comment nos mouvements contribuent-ils à légitimer nos propos? Tiraillée entre ce qui est dit et ce qui est fait, la performance divertit autant qu’elle stimule la pensée critique.

Beside tiendra l'affiche de la programmation de La Rotonde à la Maison pour la danse du 3 au 6 avril.


Une occasion d'expérimenter le processus derrière la performance
Pour vivre une expérience 360, deux activités en parallèle du spectacle sont offertes: l'installation RADIOMATON, une installation permettant de se mettre à la place des interprètes, ainsi qu'un atelier grand public avec Rachel Harris.

Du 29 mars au 6 avril 2024, l'équipe de Beside invite les spectateurs à se livrer au même défi sensoriel que les interprètes en faisant l’expérience de l’installation RADIOMATON, située dans la Maison pour la danse

Dans une cabine de type photomaton, chaque utilisateur doit répéter à voix haute les mots qu’il entend, tout en reprenant des gestes qui lui sont télésoufflés. Les performances filmées sont remixées dans un kaléidoscope vidéo où tous les sens s’entrecroisent.


Le vendredi 5 avril 2024 de 15 h 30 à 17 h 30, l'interprète Rachel Harris offre un atelier de mouvement gratuit, ouvert à tous. Débutant par un réchauffement dynamique, l'atelier Le Corps Parlant explore les prémisses de la pièce de Marie Béland: une gymnastique pour le corps et le cerveau!

Aucune expérience en danse n’est requise. Un téléphone intelligent et des écouteurs seront nécessaires pour profiter pleinement de l'atelier. Et c'est une activité gratuite!

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jeudi 21 mars 2024

Baume au cœur | Critique: 176 pas

 Obtenir une libération de ses craintes à petits pas. C'est ce que propose 176 pas qui tient l'affiche des Gros Becs jusqu'au 28 mars.

Une critique de Robert Boisclair
Twitter: @Rob_Boisclair et @Enfantsparadis

Crédit photo: Théâtre de l'Œil

La pièce en quelques mots
Octave adore la musique et joue merveilleusement bien du piano, mais se sent si paralysé par la peur de l’inconnu qu’il ne sort presque jamais du somptueux domaine où il vit avec sa mère et sa tante Simone. Pour Delphine, c’est tout l’inverse : elle nage, pêche, explore et travaille pour ses parents poissonniers, quand elle ne se chamaille pas joyeusement avec ses quatre frères. À ses yeux, la vie est une aventure perpétuelle… sauf à l’école! Un jour, le chemin de Delphine croise celui d’Octave, et une improbable amitié nait entre eux. Delphine est-elle aussi téméraire qu’elle en a l’air? Quelle fracture dans l’histoire d’Octave lui fait craindre à ce point le monde extérieur ? Sauront-ils s’aider l’un l’autre à vivre enfin librement?

Dans un texte de Fanny Britt et sur une trame sonore d’Ariane Moffatt, cette création marionnettique met de l’avant les peurs qui nous habitent et la beauté qui peut en ressortir lorsqu’on les affronte. Cette création permet d’aborder les différents visages de l’anxiété et célèbre, d’abord et avant tout, le pouvoir transformateur de l’amitié.

Crédit photo: Théâtre de l'Œil
 
Parler à l'enfant en soi
176 pas est un spectacle pour les 7 à 12 ans d'abord et avant tout. Mais peut-être pas tant que ça. Fanny Britt, l'auteure, aurait dit après un enchaînement du spectacle au sujet des adultes présents dans la salle: «On sentait qu’il y avait beaucoup d’émotions d’anciens enfants». Il y a, effectivement, quelque chose qui vient chercher les adultes autant que les enfants dans ce petit bijou qu'est 176 pas.

Le désir de vaincre ses peurs et l'anxiété qui habitent chacun de nous et empêchent d'avancer, de découvrir, de vivre véritablement. De créer disait Fanny Britt dans un article de La Presse. Je dirais d'apprendre, de se libérer des objets rassurants, le piano pour Octave, à la fois boulet et bouée, et le courage apparent de Delphine qui cache une crainte profonde de la lecture, un monde où les lettres s'échappent et se mélangent pour former un tout incohérent pour s'offrir à la vie et à la découverte. La pièce parle à cet enfant enfoui en chacun de nous, avec ses traumas refoulés et la crainte d'oser affronter ses peurs. Un pas après l'autre. À petits pas. En 176 pas... qui sait?

Crédit photo: Théâtre de l'Œil

Deux patates qui s'éclatent
Si l'apprentissage du courage se décline en 176 pas, le parcours est parsemé d'une magnifique trame musicale, merci Ariane Moffatt, qui habille d'une douce aura le spectacle du début à la fin. Le piano, pièce maîtresse et centrale du spectacle, est l'objet de toutes les transformations. Il est l'objet de toutes les découvertes, ou presque. S'il est l'ancre vitale pour Octave, il est aussi le lieu où les transformations s'opèrent. Où Octave et Delphine se découvrent. S'apprécient. Se supportent mutuellement. Apprennent à se connaître. Si le piano est un boulet, il peut aussi être une bouée de sauvetage tant pour Octave que pour Delphine.

À l'image du piano, l'amitié naissante entre Octave et Delphine vogue entre le boulet et la bouée. Parions que cette amitié sera une bouée salvatrice pour nos deux héros sympathiques.  Sans jouer au divulgâcheur, disons que tout ça se terminera à l'occasion d'une dénouement où deux patates s'éclatent. 

Crédit photo: Théâtre de l'Œil

Des spectateurs séduits
Le public des 7 à 12 ans présents lorsque j'ai assisté au spectacle a littéralement été séduit. Les applaudissements et les gloussements de joie fusèrent dès que les lumières se sont éteintes. Il faut dire que les rires furent présents à quelques reprises et que le niveau d'écoute était élevé. Signes que le spectacle captait l'attention et suscitait la curiosité de ce public parfois rebelle.

Des marionnettes parfois surprenantes alors que celles représentant les adultes étaient immenses, proposait un jolie coffret de couleurs mais aussi d'émotions. On s'attache très rapidement aux marionnettes d'Octave et Delphine qui dépeignent merveilleusement bien la fragilité qui habite les personnages. Petits personnages de bois, de papier, de tissu et de fil que l'on aiment dès le début. On voudrait les prendre dans nos bras pour les supporter et les aimer. D'ailleurs les marionnettes réussissent des acrobaties qui ont fait bien sourire les jeunes spectateurs. Et, peut-être un peu les plus vieux également.

176 pas est un petit baume au cœur. Un immense sparadrap sur nos blessures d'enfant. Une immense lueur d'espoir pour des jeunes de 7 à 12 ans qui ont à affronter la vie et certaines peurs qu'ils imaginent insurmontables mais qui, au final, ne le sont pas si on décide de les affronter un pas à la fois. 

Allez-y, ou amenez-y votre enfant, surtout si vous aimez: les histoires qui finissent bien, retourner en enfance, offrir un espoir à votre enfant. 

Jusqu'au 28 mars aux Gros Becs. Avec Pierre-Louis Renaud, Audrey Perreault, Olena Khomyakova et Martin Vaillancourt. Une texte de Fanny Britt. Une mise en scène de Marie-Josée Bastien et Simon Boudreault.

Crédit photo: Théâtre de l'Œil

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mercredi 13 mars 2024

Entrer dans la lumière | Critique: Tsunami

 Oubliez les vagues envahissantes et destructrices, Tsunami est un spectacle à la fois lumineux et touchant. De l'émotion rassurante autour d'un sujet déchirant.

Une critique de Robert Boisclair
Twitter: @Rob_Boisclair et @Enfantsparadis

Crédit photo: Mathieu Léger

La pièce en quelques mots
Élodie a 15 ans et, comme il arrive parfois aux jeunes de son âge, ses parents lui tapent royalement sur les nerfs…

Sa mère, reine de la bonne humeur et des chants de Noël, est une Acadienne de la Nouvelle-Écosse. Son père, champion des phrases courtes et amateur de papier journal, est un anglophone du Manitoba. Pour concilier ses deux cultures, Élodie est devenue une adolescente bilingue à Moncton, au Nouveau-Brunswick.

Ce soir-là au souper, quelque chose n’est pas comme d’habitude… Au lieu d’un repas préparé avec amour, ses parents ont une bouleversante nouvelle à lui annoncer.

Disparaître, c'est exister autrement
Apprendre la perte d'un être cher, ici la mère, c'est une épreuve douloureuse pour quiconque vit une telle situation. Encore plus quand on a 15 ans. C'est lors d'un souper, banal comme chaque jour, qu'Élodie (Florence Brunet) apprend la nouvelle fatidique. Sa mère est cancéreuse et ne pourra espérer vivre plus d'un an de plus. 

L'auteure invite le spectateur dans le monde chamboulé de cette jeune femme qui voit son monde disparaître. Peut-être se transformer? Ou encore exister autrement? Car c'est bien de cela dont il est question. Le deuil, la perte et la disparition sont des événements qui se transforment autrement. L'être aimé et chéri disparaît mais sa présence est toujours là. Dans le souvenir des moments chéris. Des instants de grâce vécus. S'il y a un message dans ce spectacle, c'est que le tsunami de la perte appréhendée permet d'entrer dans une nouvelle lumière. Une nouvelle forme d'amour et de présence. Cela est magnifiquement réussi par l'auteure et le trio de comédiens. 

Si le dénouement n'a rien de spectaculaire ou de totalement inattendu, superbe entrée dans la lumière d'Élodie, il frappe juste et fort. Il conclut sur une note d'espoir et de bonheur le départ de la mère. Un moment touchant parmi d'autres dans ce spectacle lumineux.

Crédit photo: Mathieu Léger

Profitons du temps qui passe
Si ce titre dépeint de belle façon la morale que l'on pourrait tirer de ce spectacle, il dépeint également la façon de le recevoir. Profitons du temps passé à regarder et écouter ce spectacle. La mise en scène de Philippe Soldevila épouse le dynamisme et la fougue qui habite les adolescents d'aujourd'hui. La vie, malgré la douleur d'un deuil annoncé, est vivante, agréable malgré les difficultés et, surtout, empreinte d'un immense désir de vivre le moment présent. 

Dans un décor aux allures de capharnaüm, la vitalité transcende chaque scène. La vie, malgré le deuil, prend toute la place. Élodie à le goût de vivre et elle s'accroche à tout ce qui lui permet d'exister et de vivre, le meilleur comme le pire, avec ou sans sa mère. Une épreuve qui la fait grandir car, après tout, «sortir, c'est entrer quelque part», comme le disent si bien les personnages de Tsunami.

Du rythme... et de l'émotion
Au-delà de la grande sensibilité du texte et de la passion toute juvénile d'Élodie, la pièce offre un rythme qui tient en haleine tout au long de la pièce. Les petits subterfuges pour passer d'un moment à l'autre sont absolument délicieux. Un claquement de doigt ici, un personnage qui se fige ou s'insère l'espace d'un moment dans une scène et l'utilisation judicieuse de l'espace et de rares objets de décor font de ce spectacle un feu roulant qui captive. Il est bien difficile de quitter des yeux le spectacle. L'action et l'émotion happent littéralement le spectateur. Les spectateurs présents lors de la représentation scolaire à laquelle j'ai assisté en sont le preuve vivante. L'écoute était grande et les silences présents du début à la fin de ce spectacle pour un public adolescent. 

Chapeau au trio de comédiens, tous très bons, mais une mention particulière à Florence Brunet qui tient le spectacle à bout de bras, se retourne sur un dix cents et passe d'une émotion à une autre en un clin d'œil. Une superbe performance sans faux pas pour un personnage qui demande une bonne dose d'énergie.

Un spectacle à voir, que vous ayez 15 ans ou 99 ans. Vous ne le regretterez pas et vous en ressortirez le cœur heureux.

Allez-y surtout si vous aimez: les histoires qui finissent bien, les spectacles énergiques et touchants. 

Jusqu'au 16 mars aux Gros Becs. Avec Ludger Beaulieu, Florence Brunet et Karène Chiasson. Une texte de Mélanie Léger. Une mise en scène de Philippe Soldevila.

Crédit photo: Mathieu Léger

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L'erreur culturelle | Opinion

Hier, c'était jour de budget à Québec et ce n'est pas du tout réjouissant pour la culture. Une belle erreur culturelle pour le gouvernement en place.

Un billet de Robert Boisclair
Twitter: @Rob_Boisclair et @Enfantsparadis


Pas d’argent neuf pour la culture
Avec le déficit annoncé hier par le ministre des Finances du Québec, la culture se retrouve en situation délicate et difficile. Le petit cochon a été cassé et il est maintenant vide pour un bon bout de temps pour la culture.

Selon Léa Harvey du Soleil, le budget du ministère de la Culture et des Communications sera de 895 millions de dollars. Une baisse de 20,6 millions comparativement à l’an passé.

Le futur s’annonce donc difficile pour les entreprises culturelles qui peinent à se relever des effets désastreux de la pandémie. Aucune mesure pour rétablir une forme d’équilibre n’est en vue. Encore une fois, ce gouvernement n’a pas de plan pour rétablir l’équilibre et, pour supporter les autres secteurs, puisque la santé et l’éducation sont les grands gagnants de ce budget, par un plan clair à moyen ou long terme.

L’erreur culturelle
La culture est l’expression de qui nous sommes comme peuple et société, il est plus que nécessaire qu'un plan clair soit mis de l’avant par le ministre et ce dans les plus brefs délais, comme le souligne régulièrement Les Enfants du Paradis depuis déjà deux ans.

Monsieur le ministre agissez avant qu'un autre désastre à la Juste pour rire se pointe le nez, chez les grands joueurs culturels comme les petits. Les petits événements, les artistes et les petites salles sont le poumon culturel de plusieurs régions et leurs disparitions seraient dramatiques.

Monsieur le ministre évitons de faire une erreur culturelle en laissant tomber les ambassadeurs de notre société, le reflet d’un peuple distinct, qui font rayonner non seulement la culture mais la langue québécoise. Vous vous inquiétez pour la langue alors occupez-vous de la culture.

La situation chez Juste pour rire est un signe clair que ça ne va pas bien dans le domaine culturel. Et les gouvernements se sont fermés les yeux. Depuis plusieurs années déjà, les difficultés sont présentes et évidentes et les milieux culturels sonnent l'alarme depuis longtemps déjà auprès des gouvernements.

Monsieur le ministre, agissez avant qu'il ne soit trop tard!

Les Enfants du paradis est un blogue qui s'intéresse au théâtre, à la danse et au cirque de Québec. Vous y trouverez des critiques, des informations concernant les lancements de programmation ainsi que des nouvelles d'actualité. Un blogue à consulter régulièrement.

Bon théâtre, bonne danse et bon cirque!
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vendredi 8 mars 2024

Des humains et un pont | Actualité

La Rotonde et Le Diamant proposent un spectacle poignant sur l'effondrement du Pont de Québec en 1907.

Un billet de Robert Boisclair
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Un spectacle multidisciplinaire
La Rotonde et Le Diamant s’unissent pour présenter Danseurs du ciel, un spectacle de danse multidisciplinaire qui explore d’un point de vue autochtone l’impact de l’effondrement du Pont de Québec de 1907. Après avoir captivé les publics partout au pays, de Vancouver à Halifax, l’équipe du spectacle pose ses valises pour deux soirs au Diamant, les 21 et 22 mars 2024.

À la fin de l’été 1907, alors que les travaux de construction du pont de Québec progressent, le pont s’effondre, tuant 33 ouvriers, travailleurs du fer de la petite communauté mohawk de Kahnawake. Les retombées se font sentir dans le monde entier. L’arrière-grand-père de la chorégraphe Barbara Kaneratonni Diabo, Louis D’Ailleboust, était l’un des hommes qui ont péri dans cette tragédie.

Crédit photo: Brian Medina/flucktheatre

Danseurs du ciel témoigne non seulement de la catastrophe, mais illustre également la contribution du peuple mohawk à la société, la force de ses femmes et la résilience de la communauté. Sur scène, la chorégraphe s’entoure de sept interprètes de Nations et d’horizons divers pour livrer une performance poignante. Grâce à l’intégration de la danse, des projections vidéo, du théâtre, d’une scénographie sophistiquée et d’un mélange de musique contemporaine et traditionnelle, Danseurs du ciel donne un visage humain à une histoire qui représente bon nombre des luttes que les peuples autochtones ont dû surmonter.

Atelier grand public
En complément au spectacle, la chorégraphe et interprète Barbara Kaneratonni Diabo offre un atelier de danse gratuit et ouvert à tous le vendredi 22 mars 2024, de 10h30 à 12h à la Maison pour la danse. Les personnes intéressées peuvent s'informer et s'inscrire en écrivant à: mediation@larotonde.qc.ca.

Pour en savoir plus ou acheter son billet, c'est ici.

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mercredi 6 mars 2024

Juste pas drôle | Opinion

Juste pour rire, entreprise culturelle dans un domaine réputé populaire et rentable, qui se protège de ses créanciers, c’est juste pas drôle et inquiétant.

Un billet de Robert Boisclair
Twitter: @Rob_Boisclair et @Enfantsparadis


Un moteur et un phare s’éteint… temporairement!
Juste pour rire, un festival et une entreprise culturelle d’envergure, vient de mettre un genou à terre en se protégeant de ses créanciers. Si une entreprise de cette taille a des difficultés, je doute fort, et les échos vont dans ce sens, que les autres entreprises culturelles et les artistes partout au Québec ne soient pas également menacés.

La situation chez Juste pour rire est un signe clair que ça ne va pas bien dans le domaine culturel. Et les gouvernements se sont fermés les yeux. Depuis plusieurs années déjà, les difficultés sont présentes et évidentes et les milieux culturels sonnent l'alarme depuis longtemps déjà auprès des gouvernements.

Les marchés ont changé avec la présence importante des plateformes web qui offrent des produits culturels de plus en plus nombreux. Mais ce n'est pas le seul changement, les budgets gouvernementaux en culture sont déficients ou mal répartis, des spectacles gratuits pullulent un peu partout et les spectateurs qui ne sont pas au rendez-vous depuis plusieurs années amplifient les difficultés du monde culturel. 

Ce qui fait le plus mal, c'est l’absence de réflexions, de visions de la part de nos gouvernements. Le gouvernement québécois au premier chef. Lui qui se vante d’être le garde-fou des valeurs, de la langue et de la culture québécoise n’agit pas à la hauteur de ses ambitions et, surtout, de ses promesses.

Un plan et ça presse
Il y a déjà 2 ans, Les Enfants du Paradis plaidaient en faveur d’un plan pour soutenir la culture québécoise et soulignaient l'urgence de bouger en matière culturelle. Le gouvernement caquiste sans véritable gouvernail doit, et ça presse, réfléchir sérieusement à la culture et à son avenir. Un plan pour soutenir le travail des artisans et des ambassadeurs de nos valeurs et de notre culture québécoise.

Québec et Ottawa doivent cesser de faire les choses en vase clos et, au moins pour ce dossier, travailler ensemble pour assurer la survivance de la culture. Notre culture et notre fierté. Messieurs les ministres agissez sans tarder!

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mardi 5 mars 2024

Dodo, Denise et Gustave reprennent du service! | Actualité

  Vous étiez fan de la télésérie Moi... et l'autre et Dodo, Denise, Gustave et M. Lavigueur vous manquent? Vous pourrez les retrouvez sur scène cet été et cet automne.

Un billet de Robert Boisclair
Twitter: @Rob_Boisclair et @Enfantsparadis


Le retour d'une émission culte
ComediHa! et Productions Martin Leclerc annoncent le retour de Moi... et l'autre, émission culte des années 1960 qui revivra sur scène au Théâtre du Vieux-Terrebonne dès le 27 juin, à Québec les 25 et 26 octobre 2024 à la Salle Albert-Rousseau et à Trois-Rivières le 28 septembre 2024 à la Salle J.-Antonio Thompson.

Juliette Gosselin (Dominique) et Alexa-Jeanne Dubé (Denise) incarneront le célèbre duo formé à l’époque par Dominique Michel et Denise Filiatrault. La chimie qui existe entre les deux comédiennes promet des moments hilarants entre la petite brune sympathique et la grande blonde téméraire. Henri Chassé interprétera le gérant de l’immeuble, Monsieur Lavigueur, et Marc St-Martin, le concierge Gustave, deux personnages inoubliables de la série originale.

Trois nouveaux personnages s’ajouteront dans la nouvelle intrigue: Sandrine Bisson incarnera Mrs Clark, la voisine anglophone, alors que Joëlle Paré-Beaulieu sera Johanne Hébert, amie des filles et barmaid. Enfin, David Corriveau deviendra Hébert Léotard, un chanteur français à succès.

Moi... et l'autre sera, dit-on, plus de 50 ans plus tard fidèle au ton de la création originale. Sans doute des retrouvailles drôles et touchantes.

La pièce en quelques mots
L’histoire se déroule durant l’Expo 67. Dans un climat d’effervescence, la vie des deux amies est bouleversée par l’arrivée dans leur immeuble de la très conservatrice Mrs Clark, qui n’apprécie guère le côté déluré des jeunes femmes prêtes à tout pour arriver à leurs fins, ainsi que d’un chanteur de charme français, Hébert Léotard, qui organise un concours de talents qui assurerait au gagnant un voyage à Paris… avec lui !

Dominique et Denise se disputent bien sûr l’attention du bellâtre, utilisant manigances et stratégies de séduction, et elles pratiquent chansons et steppettes pour remporter le grand prix du concours. Entre la recherche de l’amour et l’attrait de la gloire, Dominique et Denise réussiront-elles à garder leur amitié intacte?

Pour en savoir plus ou acheter son billet, c'est ici.

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vendredi 1 mars 2024

Cris et chuchotements | Critique: Apologia

Un conflit de générations, mais un spectacle qui est bien plus que ça, tient l'affiche de La Bordée et met en vedette l'excellente Marie-Ginette Guay.

Une critique de Robert Boisclair
Twitter: @Rob_Boisclair et @Enfantsparadis

Crédit photo: Nicola-Frank Vachon

Le spectacle en quelques mots
Kristin Miller a 70 ans. C’est son anniversaire. Elle est une éminente historienne de l’art. Quand elle était jeune, c’était une passionaria qui était de tous les combats, qui est montée sur les barricades parisiennes de Mai 68 avec les étudiants de sa génération. Plus tard, elle a suivi sa vocation en s’installant à Florence, avec ses jeunes enfants, pour y faire ses recherches sur le peintre Giotto. Son anniversaire devrait être un moment de célébration mais, lorsque ses deux fils livrent leur version du passé, Kristin doit faire face aux conséquences de son engagement.

Au crépuscule de sa vie
Les bilans, alors que la vie est sur son déclin, ne sont pas toujours faciles. Le passé pour lequel on travaille et pour lequel on s’est battu, s’effrite. Le monde change et ceux qui nous succèdent prennent la place avec de nouvelles valeurs. Valeurs que l’on ne comprend guère et qui remettent en question nos combats d’hier.

Nos idéaux ne sont pas ceux des nouvelles générations qui bâtissent sur les nôtres et qu’elles trouvent bien désuètes et passéistes. La liberté d’hier n’est pas celle d’aujourd’hui et nos échecs reviennent nous hanter. C’est ce qui arrive à Kristin, interprétée par Marie-Ginette Guay. Elle croit encore à ses idéaux et elle sait bien que le succès n’est pas au rendez-vous. Le pardon, car c’est bien de cela dont il s’agit dans cette pièce, n’est pas facile. Il faut reconnaître les échecs et appendre à se pardonner. Les autres ne peuvent le faire pour nous.

Amertume
Kristin est amère. Elle est une femme d’art et de combats. Mais rien de tout n’a de sens pour ses enfants et leur conjointe. Leur idéaux, leurs croyances sont ailleurs. Leur liberté n’est pas celle de la matriarche. Elle s’exprime différemment à travers une liberté personnelle, une libération des mini-esclavages que sont l’argent, la quête du succès et de la popularité, la recherche spirituelle. Kristin considère cela comme un constat d’échec alors que sa liberté signifie se libérer des chaînes de l’esclavage sous toutes ses formes, de liberté de groupes oppressés. Elle est amère. Tout ce pourquoi elle s’est battue semble s’étioler doucement, englouti dans un océan d’indifférence.

Cette amertume et cette désillusion, Marie-Ginette Guay l’incarne merveilleusement avec une interprétation forte. Son personnage est éloquent, passionné et dur.  Elle le sculpte bien, retient sa cruauté au moment propice pour la laisse exploser en un instant. La charge n’en est que plus efficace. Elle exprime l’intelligence de Kristin avec aisance et apporte de la puissance à chacune de ses scènes.

Une pièce imparfaite
Apologia est une pièce imparfaite. Le préambule est quelque peu long avant que le drame n’éclate. Les sujets évoqués tout au long du premier quart de la pièce laisse quelque peu perplexe. On se demande bien où l’auteur veut nous emmener. Mais c’est un passage obligé pour bien comprendre la question de fond. Ce pardon si difficile à accepter et à s’offrir.

Le dernier quart de la pièce, celui après l’entracte, laisse tomber le drame domestique et les cris pour entrer dans un merveilleux moment rempli de chuchotements et où les personnages s’ouvrent enfin sur les tragédies intimes qui les dévorent de l’intérieur. Le pardon n’est peut-être pas très loin. L'émotion est palpable.

Crédit photo: Nicola-Frank Vachon

Un spectacle pictural
L’expérience théâtrale et la découverte des souffrances des personnages passent tant par le texte et les performances des comédiens que par les œuvres d’art projetés en hauteur de l’arrière-scène. Elles sont somptueuses et annonciatrices des drames à venir et supportent certains moments charnières de la pièce. Un ajout qui est à la fois un clin d’œil à la carrière de Kristin mais également une invitation à la découverte des émotions que les œuvres véhiculent.

L'art pictural occupe également l'espace scénique alors qu'un masque, qui aura une signification bien particulière lors du dénouement, des photos ou des œuvres se retrouvent un peu partout dans la résidence de Kristin. L'art est donc très présent même si l'art oratoire auquel se livre les protagonistes ne fait pas toujours dans la dentelle alors que les envolées oscillent entre le discours intellectuel et celui du combat de ruelle.

En deux temps
L’expérience théâtrale est en deux temps. Une première partie qui place les éléments, certains cruciaux, pour une deuxième temps où l'émotion et les drames intimes occupent toute la place. C'est le moment tant attendu. Il offre un superbe dénouement tout en finesse et loin des éclats du repas de fête à mi-parcours du spectacle.

Marie-Ginette Guay est appuyée par une solide distribution. Annabelle Pelletier-Legros épate particulièrement dans la dernière portion où son personnage se vide le cœur dans une performance en finesse et aux émotions vives et à fleur de peau. Elle exprime merveilleusement bien son admiration d'une femme, Kristin, qui l'a terriblement blessée tout en exprimant un mal-être qui ne demandait qu'à sortir au grand jour depuis trop longtemps une catharsis salvatrice.

Le seul bémol à une distribution qui excelle, l'accent américain de la comédienne Rosalie Cournoyer. Elle se distingue avec une prestation fort juste mais elle utilise un accent qui n'apporte rien à la pièce sauf, peut-être, une difficile compréhension du texte. C'est un élément dérangeant qui amène le spectateur à décrocher un instant ou deux pour bien saisir la réplique. Cet accent n'est nullement justifié alors que les autres comédiens, personnifiant des personnages britanniques, parlent québécois. 

Enrichissement personnel
Au-delà des blessures familiales, Apologia dépeint un profond conflit de valeurs. Et l’un des éléments de cet important changement de valeurs, de priorités, pourrait-on dire, est l’enrichissement personnel qui occupe une place prépondérante dans la société d'aujourd'hui. L'enrichissement monétaire mais aussi spirituel et expérientiel. Ce conflit de valeurs se superpose au pardon dont je parlais plus haut. Et c'est, beaucoup, à cause de lui que le pardon doit se faire. Aux autres mais aussi à soi. Kristin, l'a peut-être compris, qui sait? Pour le savoir, il faut voir la pièce.
 
Allez-y surtout si vous aimezles comédies dramatiques, les dénouements qui surprennent, le talent de Marie-Ginette Guay, l'enrichissement personnel, les humains qui se rencontrent dans le dialogue, les cris et les chucotements.

Jusqu'au 23 mars à La BordéeAvec Rosalie Cournoyer, Marie-Ginette Guay, Simon Lepage, Marc-Antoine Marceau, Annabelle Pelletier-Legros et Réjean Vallée. Un texte de Alexi Kaye Campbell traduit par Angélique Patterson avec la participation de Jenny Montgomery. Une mise en scène de Michel Nadeau.

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