25 février 2015

Julie - Tragédie canine: ton moqueur

Malgré un titre qui parle de tragédie, ce Julie - Tragédie canine est bel et bien une comédie. Le ton est moqueur même dans le titre, signe que le talent n'attend pas le nombre d'années d'expérience. 

Une critique de Robert Boisclair


Deux jeunes amies, Laurence et Jade, parties faire des emplettes à New York reviennent à la maison. À son retour, Laurence constate que Julie, le chien du couple qu'elle forme avec Guillaume, a disparu. La perte de ce chien qu'elle considère son bébé fait éclater son couple. Guillaume se réfugie chez Jade et Jean-François. L'arrivée inopinée de Guillaume est un drame pour ce couple qui espérait se refaire financièrement avec la vente d'une maison que Jade, agente immobilière de son métier, devait vendre à Laurence et Guillaume. Deux couples en crise aux prises avec une situation qui semble inextricable est la prémisse de base de cette agréable comédie.

Sur les chapeaux de roues
Cette comédie débute avec une engueulade de première entre Guillaume et Laurence. Le ton est immédiatement donné. Courtes scènes, débit rapide et énergie débordante s'invitent et seront présents tout au long de ce spectacle d'environ une heure cinquante.

Le metteur en scène, Jean-Philippe Joubert, parle de ce spectacle comme d'un «show de jeunes». Il y a effectivement, dans ce spectacle, une énergie de jeunes adultes. Débordante est le mot juste. Peut-être un peu juvénile par moments. Les jeunes adultes s'y retrouveront parfaitement, c'était le cas hier soir, les autres y retrouveront cet esprit insouciant qui les habitait autrefois.

Quelques longueurs
Si les scènes sont courtes et assez punchées, les intermèdes vidéos ralentissent passablement le rythme. De plus, ils n'apportent que très peu à l'intrigue principale. À l'exception, peut-être, d'un élément de jeu, une interprétation en réel qui s'insère dans le déroulement de la vidéo, certes intéressant mais un peu plaqué. Les retirer du spectacle permettrait de gagner en rythme et en intérêt de la part du spectateur.

Une mise en scène dynamique
La scénographie simple, que quelques panneaux amovibles que les comédiens déplacent eux-mêmes, un divan et un écran pour les projections, et efficace permet de passer rapidement d'une scène à l'autre. Une belle idée pour assurer un rythme rapide à cette comédie qui roule à une vitesse folle.

La mise en scène de Jean-Philippe Joubert est dynamique, rythmée et la direction des comédiens est excellente. Peu de faux-pas pour cette bande de jeunes diplômés du Conservatoire. Petit bémol alors que certaines répliques se chevauchent, c'est sûrement voulu, mais le spectateur y perd beaucoup. Quelques gags sont inaudibles gâchant le plaisir des spectateurs.

Les comédiennes Pascale Renaud-Hébert et Mary-Lee Picknell sont particulièrement efficaces. Mary-Lee Picknell interprètent merveilleusement bien une Jade, à la fois arriviste, égoïste, totalement imbue d'elle-même et au bord de l'hystérie à la seule idée de perdre la vente de la maison à ses amis. Pascale Renaud-Hébert est excellente dans le rôle de Laurence, une jeune femme un peu matante qui perd toute logique lorsque Julie disparaît. Un beau duo de comédiennes.

À découvrir
Une comédie légère qui offre du bon temps au spectateur: du rythme, de la belle énergie et du rire. Que demander de plus en cette période de grand froid!

À Premier acte jusqu'au 14 mars. Avec Samuel Corbeil, Nicolas Drolet, Mary-Lee Picknell et Pascale Renaud-Hébert. Un texte de Samuel Corbeil et Pascale Renaud-Hébert. Une mise en scène de Jean-Philippe Joubert.

Bon théâtre et bonne danse !

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