18 septembre 2015

Le Dieu du carnage: règlement de comptes jouissif!

Le Trident ouvre sa saison avec une pièce jubilatoire. Une comédie contemporaine à quatre comédiens où les règlements de compte et les rires fusent!

Une critique de Robert Boisclair

Crédit photo: Stéphane Bourgeois

Un quincaillier en gros et son épouse, auteure d'un livre sur le Darfour (Jonathan Gagnon et Véronika Makdissi-Warren), et un avocat d'affaires collé en permanence, ou presque, à son téléphone intelligent et sa tendre moitié, conseillère en gestion du patrimoine (Hugues Frenette et Marie-Josée Bastien) tentent de régler à l'amiable une altercation entre les enfants des deux couples. Une rencontre qui s'envenimera rapidement.

Joute verbale
Le spectacle débute par le vide, par un calme assez étonnant. Tout est douceur et civilité. Entre gens de bonne volonté, tout va s'arranger. Organisé en une série de rounds vifs à géométrie variable (couple/couple, femmes/hommes, etc.), le spectateur assiste à une prise de becs qui se transforme rapidement en un carnage sur canapé. La discussion dérape rapidement et les coups fusent de partout.

Yasmina Reza, l'auteur, évoque avec férocité et tendresse les paradoxes de l'humain. Responsabilité parentale, politesse, égoïsme et générosité passent à la moulinette Reza. Les grandes déclarations, comme les petites d'ailleurs, s'effondrent à la moindre anicroche. La joute verbale qui se déroule sur scène est jubilatoire. 

Cinglante comédie!
La mise en scène et le texte de Yasmina Reza font de ce spectacle une rafraîchissante et cinglante comédie. Michel Nadeau, le metteur en scène, et Jean-François Nadeau, le scénographe, ont réalisé un superbe décor pour occuper la vaste scène du Trident. Un espace scénique fort bien exploité pour un spectacle qui se joue habituellement dans de plus petites salles. L'idée de ce large mur à colonnades en fond de scène, sorte de prémonition aux dérapages par vague, est une très bonne idée.

Les comédiens sont à leur meilleur. Un quatuor de choc qui frappe dans le mille à chaque coup. Le ton est juste. Les répliques claquent comme des fouets. Le jeu est précis. Marie-Josée Bastien est délicieuse et drôle. La scène des tulipes ainsi que ses moments avec un seau (oui, oui, un seau!) sont hilarantes.

À voir!
Cette comédie hilarante qui pose un regard féroce sur la nature humaine est à voir pour sa mise en scène dynamique et des comédiens au summum de leur art.

Au Trident jusqu'au 10 octobre. Avec Marie-Josée Bastien, Hugues Frenette, Jonathan Gagnon et Véronika Makdissi-Warren. Une mise en scène de Michel Nadeau. Un texte de Yasmina Reza.

Bon théâtre et bonne danse !

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