28 janvier 2015

St-Agapit 1920: fugacité d'impresions

Premier acte présente jusqu'au 7 février une production où la fugacité et le temps qui passe s'étirent doucement dans une production aux accents dansés et théâtraux.

Une critique de Robert Boisclair


Hommage à Jeanne-Darc Normand, grand-mère du metteur en scène Olivier Normand, le spectacle débute par la lecture d'une lettre que le metteur en scène aurait aimé lire à sa grand-mère. Moment fort touchant du spectacle. Il cache la lettre dans le décor dans l'espoir qu'elle trouve la lettre. Il l'accompagne d'une photo de la jeune Jeanne-D'arc.

Flashback en 1920, du moins on le suppose. Jeanne-D'arc retrouve ses deux amis de l'époque. S'enchaîne alors, une série de vignettes. Moments fugaces du quotidien de jeunes filles discrètes. Retour à notre époque. Jeanne-D'arc qui n'a plus toute sa tête est en résidence. Bientôt le dernier départ pour Jeanne-D'arc et le dénouement du spectacle.

Merveilleux hommage
Il s'agit d'un bel hommage à la grand-mère d'Olivier Normand mais également à tous nos ancêtres qui par la force de leur caractère, leur travail acharné ont fait de nous ce que nous sommes aujourd'hui. Ils ont bâti, forgé un univers rempli de petits bonheurs quotidiens, de petites joies en agréable compagnie. Tout au long du spectacle, j'ai pensé à Laura, ma propre grand-mère. C'est une des qualités de ce spectacle. Raviver le souvenir de nos ancêtres, de ceux qui ont compté pour nous.

Ce spectacle caresse les plus petits détails de la vie discrète et simple de Jeanne-D'arc. Cet arrêt sur les plus petits détails est enveloppé d'une douce musique. L'enchainement des vignettes se fait naturellement malgré l'absence de liens évident entre celles-ci, si ce n'est qu'ils composent de paisibles moments de la vie de ces jeunes filles. Tout se fait en silence. Ou presque. La vie toute simple. Sans artifice. Plusieurs moments proposent une belle poésie. Dans le geste. De par son ambiance feutrée. Doucereuse. Grâce à ses doux moments dansés.

Danse ou théâtre?
Avec deux danseuses et une comédienne dans un même spectacle, la question se pose. Cette comédienne qui se prend pour une danseuse et ces danseuses qui se prennent pour des comédiennes se débrouillent fort bien dans ce spectacle hybride. Danse ou théâtre? Ni l'un, ni l'autre. Un spectacle tout en mouvements. En gestes doucement posés.

Les plus beaux moments sont ceux qui sont dansés. Poétiques. Empreints d'amour et de douceur. La danse a cette capacité merveilleuse de faire passer une émotion instantanément dans un simple geste. Un mouvement. Instants de pur bonheur.

Fugacité d'impressions
Un spectacle composé d'impressions fugaces. Qui passent vite. Comme le temps qui passe et qui nous rattrape sans qu'on n'y prenne gare. Olivier Normand se questionnait sur le temps qui passe. C'est ce que le spectacle propose. Une incursion dans le temps qui fuit. Qui nous glisse entre les doigts. On a vingt ans et déjà c'est le début de la fin. Le temps nous rattrapera et nous amènera au bout de la route.

N'oublions pas les doux moments qui nous habitent à chaque heure de la journée car au crépuscule de la vie, ce sont ceux-là dont nous nous souviendrons et que nous chérirons. C'est le message que véhicule ce spectacle. Un message d'espoir. À saisir sans retenue.

Douce pause
Ce spectacle est une douce pause dans notre monde individualiste et qui roule à vitesse grand V. À voir pour sa poésie, pour sa douceur et pour le beau coup de chapeau offert à nos grand-mères et grand-pères. Je pense à toi Laura. Je t'aime.

En représentation à Premier acte jusqu'au 7 février. Avec Olivier Normand, Claudiane Ruelland, Mélanie Therrien et Ariane Voineau. Une mise en scène et une idéation d'Olivier Normand.

Apprenez en plus sur ce spectacle en écoutant notre interview avec Olivier Normand et Mélanie Therrien (au tout début de l'émission du 19 janvier).

Bon théâtre et bonne danse !

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