8 novembre 2013

Critique: L'Absence de guerre

L'Absence de guerre est une pièce qui parle de l'urgence de s'occuper de la chose politique et d'en faire un outil qui servira le citoyen et pas les envies dévorantes de pouvoir de nos politiciens.  Une pièce trépidante et humaine.

Par Robert Boisclair

Nous sommes en Grande-Bretagne aujourd'hui.  Au sein de l'opposition officielle, les troupes sont joyeuses.  La stratégie électorale bat son plein.  Les élections électorales sont déclenchées et l'effervescence gagne les troupes.  Mais, il y a cette interview avec le journaliste Linus Frank qui tourne au cauchemar.  Toute l'équipe de campagne entre en état de crise.  Les situations frisent le chaos, chacun y va de sa stratégie ou résiste à celle proposée par le parti.  La partie n'est pas gagnée, loin de là et la défaite, peut-être, pas très loin.

L'Absence de guerre revient sur nos scènes après un franc succès lors de la saison 2011-2012.  La production, version 2013-2014, s'annonce comme un autre succès.  La pièce n'a rien perdu de sa pertinence.  Elle est, sans doute, encore plus pertinente avec les nombreuses crises qui secouent les politiques québécoise et canadienne par les temps qui courent.

Le spectacle n'a rien perdu de sa promiscuité avec le spectateur que permettait la salle de Premier acte en 2011-2012.  Au Trident, la disposition des sièges a été changée pour une version en bifrontale.  Chaque spectateur se retrouve très près des comédiens.  La metteure en scène Édith Patenaude a également fait le choix d'amener ses comédiens dans la salle pour certaines scènes, poussant l'audace jusqu'à les amener à s'adresser directement à certains spectateurs.  Ce fut mon cas.  Cela donne littéralement l'impression d'être partie prenante du spectacle.

La mise en scène dynamique entraîne le spectateur dans les coulisses d'un parti politique.  Les discussions sont vives, l'impression de fébrilité est constamment présente par un va-et-vient rythmé au quart de tour et les discussions qui s'enchevêtrent sur une scène tout en largeur amenant les comédiens à se déplacer de long en large.  Tous les rôles sont tenus avec brio.  Les comédiens s'y investissent à fond.

Si la pièce est trépidante, elle n'en est pas moins très humaine.  Pour Georges, le chef de l'oppositon, mais aussi pour tous les autres membres de l'équipe électorale du parti. Le doute, les interrogations, les questionnements, les peurs, les espoirs du chef et de l'équipe sont là.  Dans chaque phrase.  Chaque mot.  Chaque scène.  La complexité de l'humain nous est livrée sur un plateau d'argent.  Quels merveilleux moments ! 

Le spectacle d'un peu plus de deux heures passe vite, très vite.  Ne vous laissez pas rebuter par le fait que l'on y parle de politique.  On y parle bien plus d'humanité, d'espoirs et de rêves.  Ne boudez pas votre plaisir et courez voir L'Absence de guerre.

Au Trident jusqu'au 30 novembre.  Avec Marc Auger, Normand Bissonnette, Vincent Champoux, Jean-Michel Déry, Gabriel Fournier, Laurie-Ève Gagnon, Israël Gamache, Marie-Hélène Lalande, Joanie Lehoux, Jean-René Moisan, Jessica Ruel-Thériault, André Samson, Alexandrine Warren et Jack Robitaille.  Un texte de David Hare.  Une mise en scène d'Édith Patenaude. 

Aucun commentaire:

Publier un commentaire