10 novembre 2013

Danse: Trois questions à... Mario Veillette

Trois questions à... est une série qui permet de découvrir, en trois questions, des artistes et des artisans du théâtre et de la danse qui aiment leur métier et le pratique au quotidien.

Par Robert Boisclair

Mario Veillette possède une formation universitaire en psychologie, en danse et en éducation, ainsi qu'une maîtrise en danse de l'UQAM.  Sa pratique professionnelle métisse l'improvisation, la danse butô et différentes méthodes d'éducation somatique.  À l'occasion de la présentation de Bach: le mal nécessaire présenté par la rotonde à la salle Multi de Méduse les 28, 29 et 30 novembre, Les Enfants du paradis lui posent trois questions.

1) Les Enfants du paradis: Pourquoi un spectacle de danse inspiré de la musique de Bach ?

Mario Veillette: Parce que cette musique m’aide à réfléchir et à organiser les pensées dans ma tête. Souvent, quand j’ai un travail intellectuel à faire, ou que je veux simplement me donner de la place pour laisser vagabonder mes pensées, j’aime mettre du Bach en musique de fond. Et comme Bach a composé une œuvre immense, il y en a pour toutes les occasions et toutes les températures.

J’avais déjà quelques musiques préférées chez ce compositeur mais, un jour, je me suis lancé dans la tâche un peu folle d’écouter toute la musique de Bach (qui tient dans un coffret de 157 disques). Ça m’a pris environ neuf mois à passer à travers et c’est là qu’un premier choix s’est imposé. C’est là que le travail de création a commencé.

Une première sélection m’a permis de limiter le choix à une trentaine de musique. Une fois en studio, j’ai cherché comment mettre en mouvement et comment utiliser les musiques que j’avais gardées. Comme je voulais traiter de plusieurs aspects de la vie au XXIe siècle, les chorégraphies que j’ai créées avec les interprètes sont très variées, à l’image des musiques de Bach. Finalement, je n’en utilise qu’une petite dizaine (enregistrements classiques) et j’ai demandé au compositeur Érick D’Orion d’en «trafiquer» quelques autres.

2) Les Enfants du paradis: Quel(s) type(s) de mouvements vous inspirai(en)t la musique de Bach ?

Mario Veillette: Les mouvements que j’ai retenus pour composer ma chorégraphie sont très variés. Ils vont de mouvements proches du ballet classique jusqu’à des courses folles et désorganisées, en passant par des gestes très retenus et comme coulés dans le béton.  Ils sont aussi parfois mouvements du visage qui ressemblent à des grimaces ou même gestes sportifs, comme des entrainements de boxe.

Parfois, ils voyagent très rapidement dans l’espace, parfois ils sont très lents. Mais comme un des thèmes de la chorégraphie est la course du XXIe siècle dans laquelle nous sommes tous embarqués bien malgré nous, il y a beaucoup de courses durant le spectacle.

3) Les Enfants du paradis: Le résultat obtenu est-il celui que vous espériez au tout début de la préparation de ce spectacle ?

Mario Veillette: La recherche avec les danseurs a commencé en août 2011 et s’est ensuite continuée sur plusieurs blocs intensifs de travail, de durées variables, répartis selon les saisons et selon la disponibilité des participants. Le résultat obtenu en bout de ligne me surprend par la richesse des propositions. Grâce à la générosité et à la créativité des interprètes, j’ai pu créer 5 ou 6 ambiances très différentes les unes des autres et les différentes sections arrivent à se répondre et à s’enrichir mutuellement.

C’est beaucoup plus que ce que j’avais comme « flash de départ » et c’est tant mieux car, comme j’ai appris et comme je le dis à mes étudiants, un résultat qui ressemble absolument à son projet de départ est une perte de temps et signe qu’on n’a pas été attentif aux accidents de parcours et aux hasards qui se sont présentés à nous.

Bon théâtre et bonne danse !

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